Futur secrétaire d’État, Mike Pompeo promet d’être ferme face aux rivaux de Washington

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Mike Pompeo. (Archives/House of representatives)

Le futur secrétaire d’État américain Mike Pompeo a tenté jeudi, lors de son audition par le Congrès, de se défaire de l’étiquette de «faucon» tout en affichant sa fermeté face aux rivaux des États-Unis en pleine confrontation avec la Russie au sujet de la Syrie.

Directeur de la CIA depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2017, il a été nommé en mars chef de la diplomatie américaine par le président des États-Unis lorsqu’il a limogé Rex Tillerson, souvent vu comme plus modéré que le milliardaire républicain en politique étrangère.

S’il est confirmé par la commission des Affaires étrangères du Sénat – un obstacle que cet ex-élu républicain du Kansas devrait franchir sans trop de difficultés -, le chef espion qui a su gagner la confiance du président va se retrouver face à une série de crises et d’échéances très délicates.

Outre la Syrie et la Russie, Donald Trump doit décider d’ici mi-mai s’il «déchire» ou non l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 puis rencontrer d’ici début juin le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour un sommet historique dont Washington espère qu’il ouvre la voie à une «dénucléarisation» de Pyongyang.

Sur tous ces dossiers, Mike Pompeo, 54 ans, est décrit comme un dur, plus en phase avec le président que ne l’était le très effacé Tillerson. À la tête de l’agence de renseignement la plus connue au monde, il a plaidé pour une CIA «agressive, brutale, implacable et impitoyable», notamment face à l’Iran et à la Corée du Nord.

Dans son propos liminaire devant les sénateurs, il a assuré qu’il n’était ni le «faucon» ni le «va-t-en-guerre» souvent décrit dans la presse.

«La guerre est toujours et doit toujours être un dernier ressort», a ajouté cet ancien militaire. «Je préférerais atteindre les objectifs du président en politique étrangère par un effort diplomatique constant plutôt qu’en envoyant des jeunes gens à la guerre», a-t-il assuré.

«Erreurs du passé»

L’opposition démocrate devait questionner Mike Pompeo sur la politique étrangère de Donald Trump, décrite d’emblée par le sénateur Robert Menendez comme «guidée par les coups de tête et pas par une stratégie» et «qui a laissé l’Amérique isolée et seule».

Le républicain Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères, a aussi jugé que son rôle devait être d’encadrer le président, dont il a souvent critiqué l’attitude et les déclarations tonitruantes.

Dans des extraits de son discours distribués à la presse, le futur secrétaire d’État a détaillé sa vision sur les principaux dossiers qui l’attendent sur son futur bureau à Foggy Bottom, le tentaculaire ministère des Affaires étrangères au coeur de Washington.

Statement for the Record before the U.S. Senate Committee on Foreign Relations The Honorable Mike Pompeo April 12, 2018 >>

M. Pompeo qui, à la tête de la CIA, a évoqué une possible nouvelle cyberattaque russe sur les élections législatives de novembre aux États-Unis, après l’ingérence dans la présidentielle de 2016 dénoncée par le renseignement américain, estime que la Russie continue «d’agir de manière agressive».

Mais «la politique modérée» à l’égard de Moscou, «c’est fini», promet-il.

«Débarrasser le monde d’une Corée du Nord nucléaire» est «la mission diplomatique la plus importante pour le département d’État», affirme aussi le futur ministre, assurant s’être préparé au prochain sommet Kim-Trump pour «ne pas répéter les erreurs du passé».

Affichant sa fermeté face à «l’attitude dangereuse de l’Iran», ce critique de l’accord conclu par l’administration démocrate de Barack Obama pour éviter que Téhéran ne se dote de la bombe atomique fait de ce dossier une «priorité personnelle».

Il veut travailler avec les «partenaires» européens des États-Unis «pour voir s’il est encore possible d’améliorer» l’accord – faute de quoi M. Trump a promis un retrait américain et un retour des sanctions contre l’Iran.

Quant à la Chine, il appelle de ses voeux un partenariat «plus fructueux» alors que plane le spectre d’une guerre commerciale avec Pékin.

Mike Pompeo a enfin vanté les mérites des diplomates américains, là où Rex Tillerson était souvent accusé de manquer de considération à leur égard, et a promis de remplir les nombreux postes encore vacants au sommet du ministère.

Né en Californie, après avoir servi pendant cinq ans dans l’armée – mais jamais au combat -, Mike Pompeo a fondé une société d’ingénierie dans le Kansas avant de se lancer dans la politique en 2010.

Élu à la Chambre des représentants, c’est grâce à l’âpre combat mené par les républicains contre Hillary Clinton dans l’enquête sur l’attentat de Benghazi, qui a coûté la vie à l’ambassadeur des États-Unis en Libye en 2012, qu’il est passé de l’ombre à la lumière.

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