Kim Jong-un assiste à un concert d’artistes sud-coréens à Pyongyang

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Kim Jong-un et son épouse Ri Sol Ju. (Archives/AFP/KCNA)

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et son épouse ont assisté dimanche au premier concert d’artistes sud-coréens à Pyongyang en plus d’une décennie, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap citant le ministère de la Culture.

Le concert survient en pleine période de détente sur la péninsule après deux années de tensions dues aux essais nucléaires et balistiques de la Corée du Nord.

Cent-vingt Sud-Coréens, y compris des stars de la K-pop, représentant 11 groupes, des danseurs, des techniciens, sont arrivés samedi à Pyongyang.

Des artistes sud-coréens lors des répétitions du concert à Pyongyang le 1er avril 2018. (KOREA POOL/AFP)
Leur concert dimanche soir s’est déroulé dans le grand théâtre de Pyongyang Est, d’une capacité de 1500 places.

C’est la première fois qu’un dirigeant nord-coréen assiste à un concert d’artistes du Sud. La soeur de Kim Jong-un ainsi que Kim Yong Nam, le chef de l’État aux fonctions largement honorifiques, y ont également assisté.

Des athlètes sud-coréens ont pour leur part donné une démonstration de taekwondo devant 2300 personnes dimanche avant de retrouver des adeptes de ce sport en Corée du Nord lundi.

Mardi, les artistes sud-coréens se produiront ensemble avec des artistes nord-coréens au Gymnase de Ryugyong Jong Ju Yong qui peut accueillir 12 000 spectateurs.

Les jeux Olympiques d’hiver qui se sont déroulés en Corée du Sud ont été le catalyseur d’une détente extrêmement rapide entre le Nord et le Sud.

Kim Jong-un avait dépêché dans le Sud des athlètes, des meneuses de claque et sa soeur cadette.

Ont suivi des contacts diplomatiques tous azimuts, débouchant sur des propositions de sommets, entre les deux Corées, mais aussi entre Pyongyang et Washington.



Le sommet intercoréen entre Kim Jong-un et Moon Jae-in, le troisième du genre après ceux de 2000 et 2007, aura lieu le 27 avril à Panmunjom, dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule, là où avait été signé l’armistice du 27 juillet 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Aucune date n’a en revanche été fixée pour une rencontre entre le président américain Donald Trump et M. Kim, qui a fait ses débuts sur la scène diplomatique internationale la semaine dernière en rencontrant à Pékin le président chinois Xi Jinping.

Autre signe de détente, les exercices militaires annuels conjoints de la Corée du Sud et des États-Unis, qui ont débuté dimanche et qui chaque année irritent Pyongyang au plus haut point, ont été raccourcis d’un mois. Cette année, les deux alliés se sont abstenus de déployer des armes stratégiques tandis que Kim Jong-un a affirmé qu’il «comprenait» le besoin de Séoul et de Washington d’effectuer ces manoeuvres militaires.

Dimanche, le groupe le plus en vue à se produire devant le dirigeant nord-coréen est Red Velvet, girls band de la vague K-pop qui enchante l’Asie et au-delà. Red Velvet est connu pour des tubes comme «Ice Cream Cake», «Peek-A-Boo» et «Russian Roulette», mélange d’électro pop, de disco, de R&B et de guimauve.

La Corée du Nord est très isolée. L’accès à la culture en provenance de l’étranger y est sévèrement restreint, peines de prison à l’appui, mais la K-pop y est également populaire grâce aux clés USB importées illégalement de Chine.

Parmi les artistes sud-coréens qui se sont rendus en Corée du Nord figure aussi Cho Yong-pil, 68 ans, un chanteur qui s’était déjà produit à guichets fermés à Pyongyang en 2005.

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