Mali: le Canada pourrait-il être entraîné dans des opérations antidjihadistes ?

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Le G5 Sahel, dont les membres sont le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie, le Niger et le Mali, a pour mission de combattre les djihadistes et les groupes criminels transfrontaliers dans une large zone de l’Afrique de l’Ouest au sud du désert du Sahara. (État major des Armées françaises)

La force opérationnelle aérienne forte de six hélicoptères accompagnés du personnel nécessaire auprès de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dont le Canada a annoncé le déploiement le mois dernier et qui doit servir simplement à déplacer des Casques bleus pourrait être appelée aussi, si on n’y prend pas garde, à participer à des opérations de contre-terrorisme.

La force opérationnelle aérienne canadienne annoncée comprendra, deux hélicoptères Chinook pour assurer une capacité urgente de transport et de logistique pour la MINUSMA, et quatre hélicoptères Griffon pour assurer une escorte et une protection armées. Les hélicoptères pourront également servir pour des évacuations médicales.

Le déploiement canadien se fait, certes, dans le cadre de la MINUSMA, mais, en décembre 2017, l’ONU a adopté une résolution autorisant les Casques bleus au Mali à apporter un soutien logistique et opérationnel à la force antidjihadiste naissante G5-Sahel, ce qui pourrait entraîner les Canadiens dans des opérations nettement plus risquées.

Le G5 Sahel, dont les membres sont le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie, le Niger et le Mali, a pour mission de combattre les djihadistes et les groupes criminels transfrontaliers dans une large zone de l’Afrique de l’Ouest au sud du désert du Sahara.

La force a été initiée par la France, qui mène également depuis août 2014 au Sahel et au Sahara l’Opération Barkhane qui vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel et qui succède à l’opération Serval menée au Mali de janvier 2013 à juillet 2014 et par laquelle par laquelle l’armée française, aidée des forces maliennes, a libéré le Nord du Mali dont s’était emparé les djihadistes.

Selon la résolution de l’ONU rédigée par la France, le soutien de la MINUSMA au G5-Sahel s’exercera dans les domaines de l’évacuation médicale, du ravitaillement en carburant, en eau et en rations alimentaires. Les Casques bleus pourront aussi mettre à disposition de la force G5-Sahel leurs unités d’ingénierie lors de l’établissement de camps de base des unités antidjihadistes.

En principe, toutefois, la contribution logistique et opérationnelle de l’ONU à la force transfrontalière G5-Sahel au Mali n’interviendra qu’à condition qu’elle ne porte pas préjudice à la mission des Casques bleus, une mission de paix dont les objectifs sont d’aider à l’application de l’accord de paix conclu avec des groupes armés du Nord, la stabilisation et le rétablissement de l’autorité du gouvernement de Bamako sur le nord et le centre du pays.

Ottawa, qui compte déployer son contingent de Casques bleus au Mali vers le mois d’août, indiquait fin mars le ministre de la Défense Harjit Jajjan, est actuellement à négocier les détails de sa participation avec l’ONU.

«Les détails entourant la contribution exacte des Forces armées canadiennes et comment la contribution des Forces armées canadiennes sera utilisée sont quelques-uns des nombreux éléments qui seront discutés au cours des négociations prochaines avec les Nations unies», a pour sa part indiqué la porte-parole de la Défense Jessica Lamirande, citée par La Presse Canadienne.

Pendant ce temps, l’opposition conservatrice à Ottawa s’est dit très inquiète: « Il y a juste tellement de trous et de questions sans réponses sur cette mission que nous sommes encore très inquiets», a déclaré le critique conservateur en matière de Défense James Bezan, dont le parti a réclame un débat et un vote sur la mission canadienne au Mali en Chambre.

«Les libéraux disent qu’il n’y aura pas nécessairement des bottes sur le terrain, mais qu’ils déplaceront des bottes sur le terrain pour entrer et sortir de la zone de conflit», a ajouté James Bezan.

Le gouvernement canadien n’a quant à lui fait aucune mention du G5 Sahel, de l’opération Brakhane ou des liens qu’il pourrait y avoir entre la MINUSMA et cette force transfrontalière lors de l’annonce de sa décision de déployer une force opérationnelle canadienne au Mali dans le cadre de la mission de l’ONU.

Mais il serait sans doute important que le ministère de la Défense précise le plus rapidement possible si le Canada pourrait être appelé, ou non, à porter assistance à cette force spéciale de lutte antidjihadiste en déplaçant les Casques bleus alors qu’une résolution autorise la Mission de l’ONU à apporter un soutien logistique et opérationnelle au G5-Sahel sur le terrain.



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