Que sont devenus les principaux acteurs des guerres dans l’ex-Yougoslavie?

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Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye en novembre 2017 lors de l’audience de jugement dans le procès de Ratko Mladic, surnommé le «boucher des Balkans». (AFP)

L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic comparaît de nouveau ce lundi à La Haye devant les juges internationaux, saisis en appel de sa condamnation à 40 ans de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais, que sont devenus les principaux acteurs des guerres dans l’ex-Yougoslavie?

Présidents, chefs de guerre, leaders politiques… Voici le sort des principaux protagonistes des conflits ayant déchiré l’ex-Yougoslavie dans les années 90.

– Radovan KARADZIC, 72 ans, ancien chef politique des Serbes de Bosnie. Condamné le 24 mars 2016, en première instance, à 40 ans de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Arrêté en 2008 après 13 ans de clandestinité, il est le plus haut responsable condamné par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). L’audience en appel se déroule devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du TPIY.

– Ratko MLADIC, 76 ans, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Condamné en novembre 2017 à perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, notamment pour son rôle dans le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica. Surnommé le « Boucher des Balkans », Ratko Mladic avait été arrêté en 2011 après 16 années de cavale. Il a fait appel de sa condamnation en mars.

– Biljana PLAVSIC 87 ans, vice-présidente puis présidente de la République des Serbes de Bosnie. La seule femme jugée devant le TPIY, qui l’a condamnée en 2003 à onze ans de prison pour crimes de guerre. Libérée en octobre 2009 au terme des deux tiers de sa peine.

– Vojislav SESELJ, 63 ans, leader ultranationaliste serbe. En mars 2016 à la surprise générale, il avait été acquitté par le TPIY de l’ensemble des accusations de nettoyage ethnique contre des Croates, des musulmans et d’autres non-Serbes. Le 11 avril 2018, en appel, il a été condamné à dix ans de prison pour crimes contre l’humanité et laissé libre, ayant déjà passé près de 12 ans en détention préventive entre février 2003 et novembre 2014.

– Ante GOTOVINA, 62 ans, ancien général croate. Condamné en première instance à 24 ans de prison par le TPIY pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, il a été acquitté en appel en 2012.

– Slobodan MILOSEVIC, président de la Serbie de 1990 à 2000. Décédé en 2006 à 64 ans dans le centre de détention du TPIY, où il était jugé pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

– Franjo TUDJMAN, président de la Croatie de 1990 à sa mort en 1999 (à 77 ans). Ce fervent nationaliste a mené son pays à l’indépendance en 1991, provoquant un conflit avec les Serbes de Croatie qui a fait environ 20.000 morts. Après son décès, le TPIY avait fait savoir qu’il aurait été inculpé de crimes de guerre s’il était resté en vie.

– Alija IZETBEGOVIC, premier président de la Bosnie et musulman. Il a mené le pays vers l’indépendance suivie d’un conflit sanglant (1992-95) entre les trois communautés dominantes (musulmans, Serbes et Croates) qui a fait 100.000 morts. Après son décès à 78 ans en 2003, le TPIY a annoncé qu’il avait fait l’objet d’une enquête pour crimes de guerre n’ayant pas abouti à une inculpation.

– Zeljko RAZNATOVIC, alias ARKAN. Chef du groupe paramilitaire serbe des « Tigres », inculpé en 1997 par le TPIY de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour des faits commis en 1995 à Sanski Most (Bosnie). L’acte d’accusation n’a été révélé qu’après sa mort. Abattu en janvier 2000 dans le hall de l’hôtel Intercontinental de Belgrade. Un assassinat toujours non élucidé.

– Slobodan PRALJAK. Lors du dernier jugement du TPIY, le 29 novembre 2017, le criminel de guerre croate de Bosnie, âgé de 72 ans, s’est suicidé en avalant du cyanure devant ses juges stupéfaits. Ils venaient de confirmer sa condamnation à 20 ans de prison pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis contre des musulmans bosniaques.

– Hashim THACI – Président du Kovoso depuis 2016, il fut chef politique de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu les forces serbes durant le conflit de 1998-99. Il a mené son pays à l’indépendance en 2008.

En 2015, le parlement du Kosovo a institué un tribunal spécial installé à La Haye pour juger les crimes de guerre commis par les membres de l’UCK.

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