Réunion du Commonwealth et crise des Rohingyas: Canada et G.-B. demandent un soutien accru

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Des réfugiés rohingyas dans le camp de Kutupalong, le 4 décembre 2017 à Cox’s Bazar, au Bangladesh. (AFP/Archives/Ed JONES)

En marge de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, le secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, Boris Johnson, et la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont tenu une table ronde sur l’un des problèmes mondiaux les plus pressants: la crise des Rohingyas.

L’événement a donné l’occasion aux pays du Commonwealth de manifester leur solidarité au Bangladesh, qui accueille plus de 671 000 réfugiés Rohingyas qui ont fui le Myanmar depuis août 2017. Outre les deux ministres hôtes, les ministres des Affaires étrangères de l’Australie et du Bangladesh étaient également présents.

Le secrétaire aux Affaires étrangères, Boris Johnson, a déclaré :

«Le sort des Rohingyas ne sera pas oublié. En tant que membres du Commonwealth, nous devons veiller à ce qu’il y ait une réponse solide à la demande urgente d’aide humanitaire au Bangladesh. Des vies en dépendent.

«Le Royaume-Uni est fier d’être l’un des plus récents donateurs bilatéraux de la crise, avec 59 millions de livres sterling promis jusqu’à présent, mais parallèlement à notre contribution financière, il est juste que nous utilisions des événements comme le Sommet du Commonwealth pour nous assurer que l’on continue d’accorder de l’attention aux près de 1 million de réfugiés vivant au Bangladesh.

«Nous voulons que ces gens puissent rentrer chez eux. Mais comme l’a dit le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés [HCR], les conditions à Rakhine ne sont pas propices à des retours en toute sécurité. Les autorités du Myanmar doivent démontrer qu’elles prennent au sérieux la sécurité des Rohingyas. Une enquête indépendante crédible sur les atrocités signalées est une étape importante dans ce processus. »

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a ajouté:

«Nous sommes solidaires de nos partenaires du Commonwealth pour rappeler à la communauté internationale qu’il est urgent d’aider les Rohingyas tant au Myanmar qu’au Bangladesh. Nous félicitons le Bangladesh et les collectivités d’accueil d’avoir ouvert les bras aux centaines de milliers de Rohingyas en quête d’un refuge, et de leur avoir fourni une aide vitale. Le Bangladesh mérite toute notre gratitude et notre soutien continu.

«Le Canada continuera d’apporter une aide humanitaire qui tient compte des besoins particuliers des femmes et des hommes, aux populations vulnérables au Myanmar et au Bangladesh, en ajoutant aux 45,9 millions de dollars fournis depuis le début de 2017 et en maintenant son rôle de principal donateur en ce qui a trait à l’action humanitaire. Nous prendrons également un certain nombre de mesures immédiates pour donner suite au rapport final de l’envoyé spécial du Canada au Myanmar, l’honorable Bob Rae.

«La communauté internationale, y compris les États clés du Commonwealth, doivent unir leurs forces et réaffirmer leur soutien pour répondre aux besoins essentiels des personnes touchées par la crise. Nous devons aussi travailler de concert pour faire en sorte que les auteurs des actes de violence commis soient tenus responsables, pour coordonner nos efforts en vue de promouvoir la diversité, l’inclusion, la justice et l’équité pour tous, et pour soutenir tous les efforts déployés en vue de bâtir une paix durable et amener la réconciliation au Myanmar.»

Le groupe a discuté du rôle de l’ONU dans la résolution de la crise, notamment l’accès indispensable du HCR à l’État de Rakhine avant tout processus de retour et avant la prochaine visite du Conseil de sécurité de l’ONU dans la région. De l’avis général, tout retour doit être fait de façon sécuritaire, volontaire, durable et digne, et être surveillé par le HCR des deux côtés de la frontière. Les participants ont également discuté des façons d’amener les responsables à rendre des comptes et de la nécessité d’une enquête indépendante crédible sur les informations de plus en plus nombreuses faisant état d’atrocités.

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