Syrie: combats meurtriers entre le régime et une force soutenue par Washington

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Des combattants kurdo-arabes, regroupés au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), le 21 février 2017 en périphérie de la ville syrienne de Deir Ezzor (450 km de Damas). (AFP/Archives/DELIL SOULEIMAN)

Des combats meurtriers ont éclaté dimanche dans l’est de la Syrie entre une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et les forces de Bachar al-Assad, une confrontation rare malgré quelques incidents sanglants ces derniers mois.

Six combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde alliée des Etats-Unis, ont été tués dans ces affrontements dans la province de Deir Ezzor, frontalière de l’Irak, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les FDS ont confirmé dans un communiqué être visées par les forces gouvernementales syriennes tandis que l’agence de presse officielle syrienne Sana indiquait que le régime a repris « quatre villages ».

« C’est la première fois » que le régime lance une opération qui lui permet de reconquérir des territoires tenus par les FDS », a souligné le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Riche en pétrole, la province de Deir Ezzor était autrefois tenue par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais il a été chassé de la plupart des zones qu’il contrôlait à la suite d’offensives distinctes et concomitantes menées l’été dernier par les FDS et le pouvoir syrien.

L’armée syrienne soutenue par la Russie et les FDS appuyées par les Etats-Unis s’étaient fait la course pour contrôler les territoires de cette province.

Aujourd’hui, le régime tient la ville de Deir Ezzor, chef-lieu de la province, mais aussi toute la rive ouest de l’Euphrate, tandis que les FDS sont stationnées sur la rive orientale du fleuve.

« L’objectif du régime est de protéger la ville, en repoussant les combattants des FDS qui se trouvent sur la rive est en face de la cité », a dit à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Par le passé, plusieurs incidents meurtriers ont opposé les belligérants, même si une ligne dite de « déconfliction » avait été érigée pour éviter tout dérapage.

En février, une centaine de combattants prorégime avaient été tués dans des frappes de la coalition internationale à Deir Ezzor, Washington assurant que ces raids intervenaient après une offensive des forces loyalistes contre un QG des FDS.

En septembre 2017, les FDS avaient accusé la Russie d’avoir bombardé une de leurs positions tuant un de leurs combattants et en blessant d’autres.

A la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 et qui a fait plus de 350.000 morts, la communauté kurde, qui domine les FDS, a imposé une autonomie de facto sur les territoires sous son contrôle dans le nord du pays.

Mais le régime qui tient déjà plus de la moitié du territoire syrien grâce à l’appui militaire de Moscou, est déterminé à reconquérir l’intégralité du pays.

Dimanche, sur un autre front dans la périphérie sud de Damas, son aviation pilonnait le camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, mais aussi le quartier voisin de Hajar al-Aswad, tenus par l’EI, selon l’OSDH.

Cette opération intervient après la reconquête totale des territoires rebelles dans la Ghouta orientale, près de Damas, annoncée à la mi-avril, après des semaines de bombardements meurtriers et des accords d’évacuation imposés aux insurgés.

Des colonnes de fumée s’élevaient des abords de Yarmouk après des frappes aériennes, tandis que les tirs des francs-tireurs étaient entendus dans le secteur, a rapporté un correspondant de l’AFP qui participait à une visite de journalistes organisée par les autorités.

« L’opération ici est différente de celle de la Ghouta orientale », assure une source militaire. « Ici, les bâtiments sont collés les uns aux autres et les ruelles sont étroites, ce qui ne permet pas le passage des chars », poursuit-il.

Par ailleurs, un accord a été conclu entre le régime syrien et des rebelles pour leur évacuation de localités de la banlieue sud de Damas, adjacentes au camp de Yarmouk.

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