Police militaire russe dans la Ghouta, bases syriennes évacuées, les Russes prêts à abattre tout missile

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Le général russe Viktor Posnikhir annonçant mercredi 11 avril 2018 le déploiement de la police militaire russe dans la Ghouta orientale.(Ministère russe de la Défense)

La situation dans la Ghouta orientale, enclave rebelle proche de Damas assiégée depuis des semaines par le régime syrien, est « totalement stabilisée », a annoncé mercredi le général russe Viktor Posnikhir, annonçant le déploiement de la police militaire russe.

« La situation dans la Ghouta orientale est totalement stabilisée », a-t-il déclaré lors d’un briefing de l’armée russe, précisant que « les forces armées russes achèvent leur opération humanitaire massive conjointement avec les forces gouvernementales syriennes » dans cette région qui a subi une offensive dévastatrice du régime de Bachar al-Assad.

Selon le général russe, les derniers combattants rebelles « quittent actuellement la ville de Douma ». « Il n’y a plus aucun tir ou affrontement depuis cinq jours dans la Ghouta orientale », a souligné M. Posnikhir.

« Une unité de police militaire russe sera déployée à partir de demain pour assurer la sécurité, maintenir l’ordre et organiser l’aide aux habitants locaux dans la ville de Douma », dernière poche rebelle située dans la Ghouta orientale, a-t-il ajouté.

Selon les Casques blancs syriens, les secouristes en zones rebelles, et l’ONG Syrian American Medical Society, des dizaines de personnes ont été tuées le 7 avril à Douma dans une attaque aux « gaz toxiques », imputée par les Occidentaux au régime de Bachar al-Assad, qui dément toute responsabilité.

Le président américain Donald Trump a averti mercredi de frappes imminentes en riposte à cette attaque présumée, tandis que la Russie, allié indéfectible de Damas, s’est dite prête à « abattre les missiles » américains.

La Russie, présente militairement en Syrie, est déterminée à « abattre » des missiles américains en cas de frappes contre ce pays du Proche-Orient, a averti l’ambassadeur russe au Liban, Alexander Zasypkin.

Après une attaque chimique présumée samedi dans une ville rebelle imputée au régime syrien, le président américain Donald Trump a averti de frappes contre la Syrie.

Dans un entretien accordé mardi soir à la chaîne télévisée du Hezbollah libanais, Al-Manar, l’ambassadeur russe a déclaré qu' »en cas de frappe américaine…les missiles seront abattus de même que les sources d’où ils ont été tirés ».

La Russie dispose de deux bases dans l’ouest de la Syrie, celle de Hmeimim où sont stationnés des avions de chasse et ses batteries antiaériennes, et celle de Tartous destinée aux forces navales mais qui dispose aussi de batteries de défense antiaérienne.
« Nous avons prévenu il y a quelques temps qu’il y aurait de telles provocations autour des armes chimiques et des préparatifs en vue de frappes militaires » en Syrie, a ajouté M. Zasypkin.

Dans un tweet mercredi matin, M. Trump s’en est pris à la Russie, soutien indéfectible du régime de Bachar al-Assad, accusé d’être responsable d’une attaque chimique à Douma, près de Damas, ayant fait plus de 40 morts et des centaines de blessés, selon une ONG et des secouristes.

« La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et ‘intelligents!’ Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela », a menacé Donald Trump.

Depuis le début de la crise, Moscou et le régime n’ont de cesse d’accuser Washington et les puissances occidentales de chercher un « prétexte » pour mener des frappes en Syrie et appelé à la tenue d’une enquête « impartiale ».

L’armée russe a une nouvelle fois accusé mercredi les Casques blancs d’avoir « mis en scène devant les caméras » l’attaque chimique présumée du 7 avril à Douma.

Selon M. Poznikhir, les experts et médecins russes ont visité les lieux de l’attaque présumée le 9 avril à Douma et n’ont trouvé « aucune substance toxique », ainsi qu’aucun blessé en visitant l’établissement médical « qui figure sur les images des Casques blancs ».

L’armée russe affirme également avoir découvert le 3 mars un « laboratoire souterrain de fabrication artisanale de substances toxiques » utilisé par les rebelles.

Guterres exhorte les 5 membres permanents de l’ONU à éviter une situation « hors contrôle »

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté pour sa part mercredi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité « à éviter une situation hors contrôle » en Syrie, dénonçant « l’impasse actuelle » après les attaques chimiques présumées dans ce pays.

« J’ai appelé les ambassadeurs des cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) pour réaffirmer ma grande inquiétude face à l’impasse actuelle et souligné la nécessité d’éviter une situation devenant hors contrôle », indique dans un communiqué le patron de l’ONU, alors que la menace d’une action occidentale en Syrie s’est encore renforcée.

Tout en exprimant « mon indignation » face aux informations relatives à la poursuite du recours aux armes chimiques en Syrie, « je regrette que le Conseil de sécurité jusqu’à présent ait été dans l’incapacité d’obtenir un accord sur ce sujet », souligne aussi Antonio Guterres.

« N’oublions pas, qu’au final, nos efforts visent à mettre un terme à la terrible souffrance du peuple syrien », affirme le secrétaire général.

Mardi, le Conseil de sécurité, profondément divisé, a échoué à adopter une résolution visant à créer ou soutenir une enquête sur l’emploi présumé d’armes chimiques samedi à Douma, près de Damas, en dépit de la mise au vote de trois textes par les Etats-Unis et la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté dit mercredi « espérer que le bon sens finira par l’emporter » dans les relations internationales, actuellement « de plus en plus chaotiques » dans un contexte de vives tensions avec les Occidentaux.

« L’état du monde ne peut que provoquer la préoccupation », a déclaré M. Poutine lors d’un discours devant des diplomates étrangers, retransmis à la télévision.

« La situation dans le monde devient de plus en plus chaotique. Néanmoins, nous espérons que le bon sens finira par l’emporter et que les relations internationales prendront une direction constructive, que le système mondial deviendra plus stable et prévisible », a-t-il poursuivi.

Ces propos interviennent dans un contexte de confrontation Est-Ouest renforcée ces dernières semaines par l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre, à l’origine d’une vague d’expulsions croisées de diplomates, et par l’attaque chimique présumée en Syrie, dont les Occidentaux accusent le régime de Bachar al-Assad, soutenu par Moscou.

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi dans un tweet que les relations entre les Etats-Unis et la Russie étaient « pires aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide ».

Pendant ce temps, le régime Assad évacue aéroports et bases militaires pour se mettre à couvert che

L’armée syrienne a évacué des aéroports et des bases militaires dans le pays, de même que les bâtiments du ministère de la Défense et de l’état-major à Damas, en prévision de possibles frappes américaines, a indiqué mercredi une ONG.

Le président américain Donald Trump a averti d’une riposte occidentale imminente à une attaque chimique présumée le 7 avril dans une ville rebelle près de Damas, imputée au régime syrien de Bachar al-Assad. Ce dernier et son allié russe ont démenti cette attaque.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), «depuis mardi soir, les forces du régime ont évacué des aéroports militaires comme T-4 [dans la province centrale de Homs], Doumeir et al-Sin [près de Damas], ainsi que des bases des unités d’élite de la Garde républicaine et de la 4e Division, dans les environs de la capitale syrienne».

«Les bâtiments abritant le ministère de la Défense et le QG de l’armée à Damas ont été évacués depuis deux jours», a déclaré à l’AFP, Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH qui s’appuie sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.

«Les avions ont quitté [les aéroports militaires]et certains ont été transférés vers la base aérienne russe de Hmeimim», dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-il ajouté.

Une source au sein des forces prorégime a indiqué à l’AFP que «l’armée syrienne avait pris des mesures de précaution principalement dans ses bases et aéroports». Selon elle, les Américains devraient informer les Russes avant toute frappe.

Dans un tweet matinal, M. Trump s’en est pris à la Russie, soutien indéfectible du régime Assad. «La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et «intelligents!» Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela».

Selon les Casques Blancs, ces secouristes qui opèrent en zones rebelles, plus de 40 personnes ont été tuées dans l’attaque aux «gaz toxiques» attribuée au régime et plusieurs centaines blessées. Il n’était pas possible de vérifier ces accusations de source indépendante.

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