Syrie: «Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente»

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Le Capitole américain, siège du Congrès (Photo: Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

L’opposition démocrate au Congrès des États-Unis a réagi samedi à l’annonce des frappes contre la Syrie en soulignant que toute action militaire ultérieure d’envergure nécessiterait une vision stratégique précise – et un vote du Congrès.

Le président Donald Trump a précisé que les «frappes de précision» pourraient se poursuivre «jusqu’à ce que le régime syrien arrête d’utiliser des agents chimiques interdits».

Mais la cheffe de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a appelé le président à présenter un plan détaillé devant le Congrès s’il veut étendre son action militaire.

«Une nuit de frappes aériennes ne peut se substituer à une stratégie cohérente», a commenté Mme Pelosi dans un communiqué.

Le président «doit venir devant le Congrès pour obtenir une nouvelle Autorisation d’employer la force militaire (AUMF), pour présenter un ensemble clair d’objectifs, et enfin faire en sorte que (le président russe Vladimir) Poutine ait à rendre des comptes pour le bain de sang qu’il a permis», a-t-elle ajouté.

Dans leurs opérations menées ces dernières années contre des groupes extrémistes, comme le groupe État islamique, y compris en Syrie, les forces armées américaines se sont appuyées sur une autorisation AUMF votée par le Congrès peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001.

Tout en reconnaissant que l’attaque chimique présumée attribuée au régime de Damas était une «abomination», certains élus démocrates, comme le sénateur Tim Kaine, considèrent que les frappes lancées dans la nuit de vendredi à samedi sont illégales.

«La dernière chose que le Congrès devrait faire est de donner un chèque en blanc à ce président pour guerroyer contre n’importe qui, n’importe quand. Nous devons mettre des limites claires avant qu’il ne commence une autre guerre», a dit M. Kaine, qui fut candidat à la vice-présidence des États-Unis en 2016, en «ticket» avec Hillary Clinton.

«Aujourd’hui, c’est une frappe contre la Syrie – qu’est-ce qui l’empêchera ensuite de bombarder l’Iran ou la Corée du Nord?», a-t-il ajouté.

À l’inverse, des élus républicains se sont félicités de la décision d’engager des frappes.

Cette opération est «nécessaire» car il s’agit d’un «combat entre le bien et le mal, un combat entre les États-Unis et la face sombre de l’humanité», a ainsi estimé le sénateur Cory Gardner.

Mais des républicains libertariens, comme le représentant Justin Amash, ont vivement critiqué la décision du président. Ces frappes sont «inconstitutionnelles, illégales et irresponsables», a jugé M. Amash.

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