Tensions Gaza-Israël: Nétanyahou est un «terroriste», lance Erdogan

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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, le 21 juin 2015 à Jérusalem. (Archives/Dan Balilty/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé dimanche Benyamin Nétanyahou d’être «un terroriste» après que le premier ministre israélien a rejeté les «leçons de morale» de la Turquie à propos des affrontements meurtriers qui ont eu lieu vendredi entre Gaza et Israël.

«Hé Nétanyahou ! Tu es un occupant ! Et c’est en tant qu’occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste», a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé devant ses partisans à Adana (sud de la Turquie).

«Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l’histoire et nous ne l’oublierons jamais», a-t-il poursuivi, ajoutant que «le peuple israélien est mal à l’aise avec ce que tu fais».

«Nous, nous ne sommes coupables d’aucun acte d’occupation», a-t-il également affirmé.

Vendredi, des dizaines de milliers de Palestiniens ont afflué vers la barrière entre Gaza et Israël au premier jour de «la marche du retour». Cette protestation, censée durer six semaines, vise à réclamer le droit au retour des Palestiniens qui, par centaines de milliers, ont été chassés de leurs terres ou ont fui pendant la guerre ayant suivi la création d’Israël en 1948.

Ce jour-là, au moins 16 Palestiniens qui s’étaient approchés de la clôture ont été tués par des tirs israéliens et plus de 1400 blessés, selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza.

Le président Erdogan a accusé samedi Israël d’avoir commis une «attaque inhumaine».

Mais M. Nétanyahou a réagi dimanche en affirmant sur son compte Twitter que «l’armée la plus éthique du monde n’a pas de leçons de morale à recevoir de la part de celui qui bombarde des civils sans discernement depuis des années».

Dans une allocation devant la foule avant son discours dimanche, M. Erdogan a également accusé Israël d’être «un État terroriste».

Fervent défenseur de la cause palestinienne, Ankara entretient des rapports délicats avec Israël, malgré un accord de normalisation des relations conclu en 2016, après plusieurs années de froid.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une «enquête indépendante» sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’État hébreu.



Israël rejette toute enquête indépendante sur les violences à Gaza

Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante après la mort vendredi de 16 Palestiniens tués par l’armée israélienne lors d’une manifestation organisée le long de la frontière entre Gaza et l’État hébreu.

L’usage de balles réelles par l’armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Vendredi a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014: 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé dans l’enclave.

Les Palestiniens accusent les soldats israéliens d’avoir tiré sur des manifestants qui ne représentaient aucun danger immédiat.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une «enquête indépendante» sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’État hébreu.

Les États-Unis ont en revanche bloqué samedi soir un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU appelant «toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire» et demandant une enquête sur les affrontements.

De son côté, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a qualifié d’«hypocrites» les appels à ouvrir une enquête.

«Il n’y aura pas de commission d’enquête», a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. «Il n’y aura rien de tel ici, nous ne coopérerons avec aucune commission d’enquête».

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a également rejeté toutes les critiques et affiché son soutien à l’armée, en félicitant ses soldats.

Israël défend son armée

L’armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants qui s’étaient approchés à quelques centaines de mètres de la clôture ultra-sécurisée.

Israël a défendu son armée qui, selon elle, a tiré contre ceux qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats, ou tentaient d’endommager la clôture et de s’infiltrer en Israël.

La branche armée du Hamas a déclaré que cinq des personnes tuées étaient des membres du mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.

L’armée israélienne a de son côté assuré samedi soir dans un communiqué que dix des Palestiniens tués avaient des «passés terroristes» au sein du Hamas et d’autres groupes.

Usage disproportionné ?

Des organisations de défense des droits de l’Homme se sont pour leur part interrogées sur la réaction disproportionnée des forces de sécurité israéliennes.

«Alors que certains manifestants palestiniens ont jeté des pierres et d’autres objets vers la barrière, il est difficile de croire qu’il s’agit d’une menace imminente pour la vie de soldats bien équipés et protégés par des tireurs d’élite, des tanks et des drones», affirme Amnesty dans un communiqué.

Des dizaines de milliers de Gazaouis ont pris part samedi aux funérailles des manifestants tués la veille, mais les manifestations le long de la barrière ont largement diminué.

Dimanche, seuls quelques dizaines de manifestants y sont retournés pour poursuivre la «marche du retour».

«J’ai quitté l’hôpital aujourd’hui et je suis revenu directement ici», a déclaré à l’AFP Hamada Zaza, 18 ans, la main bandée. Il assure avoir été blessé par balle vendredi.

Cette protestation intervient dans une période à risques, les États-Unis prévoyant d’inaugurer leur ambassade à Jérusalem, autour du 14 mai.

La reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël a ulcéré les Palestiniens, qui y voient la négation de leur revendication sur la partie orientale de la Ville sainte, annexée et occupée par Israël.

La désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, ajoute à la volatilité ambiante.

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