15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Visa le noir, tua le blanc

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Des membres de l’association des Vétérans UN-NATO Canada observent le déroulement du 70e anniversaire du jour-J au musée de l’aviation et de l’espace du Canada (anciennement le musée national de l’aviation) à Ottawa, Ontario le 6 juin 2014 (Sergent Dan Shouinard/Direction des affaires publiques de l’Armée)

Il y a quelques mois, j’ai appris ce qu’était une «plotte à tire», en référence à ces mesdames qui fréquentent un vétéran après l’autre et qui les recherchent, conscientes des «avantages» que procurent leur retraite militaire et leur statut de «blessé».

Elles apprécient particulièrement les titres cousus sur le devant d’une veste qui viennent avec l’appartenance à un club de moto. Leur caractéristique principale? Elles se tiennent dans les bars fréquentés par les proies qu’elles convoitent et plus la moto vaut chère, plus elles affichent un beau sens de l’écoute…jusqu’à ce qu’elles trouvent mieux ou qu’elle ait saigné le vétéran de son cash.

On a beau parler de tout ce que le SPT peut amener de «laid » dans une vie…mais que de choisir de faire vie commune avec un vétéran blessé par son service vient avec une forme de responsabilité -variable d’une personne à l’autre- qu’il faut reconnaître, accepter et qu’il faut être en mesure d’endosser.

Pourquoi? Parce que la blessure est réelle même si elle se situe entre les 2 oreilles.

Autrement dit, si le blessé doit se responsabiliser face à ses blessures, il faut de la part de madame un minimum de maturité et de capacité d’empathie pour être capable de créer quelque chose de sain et solide avec un individu qui transpire la culture militaire dans tout ce qu’il voit, pense et fait, bien au-delà des plaisirs charnels, euphoriques et gastronomiques du «high» des premiers temps ensemble.

Parce que quand les choses se mettent invariablement à dégénérer, il y a des «conjointes» qui jouent à ce point avec le cœur/la tête/le portefeuille/les émotions de leur vétéran au moment où ils sont «un couple» que dans un monde idéal, leurs actions devraient faire l’objet de plaintes légales. Et il y a des vétérans qui se font prendre…pourquoi? Parce qu’ils font face à quelqu’un qui a compris comment arriver à ses fins en maîtrisant l’art de flatter la crinière du lion tout en lui donnant l’impression d’être compris dans ses blessures. Mais n’en demeure pas moins qu’ il est tabou de parler d’elles, de peur de nuire encore plus à la situation précaire des vraies victimes.

De ces femmes, ces mangeuses d’hommes pour qui les apparences comptent plus que n’importe quoi et n’importe qui, créent du dommage partout où elles passent. Même chose pour celles qui utilisent les ressources et les systèmes légaux, sociaux et judiciaires disponibles en les accusant injustement et en émettant de fausses accusations, en vue de faire «payer» un militaire avec l’objectif clair, net et précis de scrapper sa carrière. D’ailleurs, peu importe où elles règnent, on continue de s’offusquer de la clémence dont elles bénéficient et de l’aisance avec laquelle elles peuvent poursuivre et maintenir leur manigance manipulatoire. Quand, tristement, il y a des enfants dans le portrait, ils se retrouvent pris en otages émotionnels des tentacules de la Toute-Croche qui veut toujours plus de cash et plus de pouvoir sur le dos de leur père. Ils grandissent avec comme background continuel l’aliénation parentale sous toutes ses formes. Étrangement, on dirait que Tout-Le-Monde voit clair dans leur jeu.. sauf ceux qui ont le pouvoir de reconnaître et de les stopper dans leur track de destruction ciblée.

Je suis à quelques heures de mon départ vers le Costa Rica où j’irai à la rencontre de vétérans qui ont choisi de s’y établir pour fuir leur réalité canadienne. Mon Vétéran-À-Moi m’accompagne et ce sera notre premier voyage «en avion», ensemble depuis que nous formons un couple, voilà maintenant un peu plus d’une année.

En partie, il a gagné mon cœur parce que face à sa prise en charge de ses blessures, il est proactif. J’ai vite compris ses «triggers» et surtout, je compris ce qu’il avait besoin stratégiquement d’une partenaire/caregiver: des batailles à mettre de côté à celles qui en valent la peine. Après quelques mois ensemble, parce qu’il se sentait «compris et respecté dans sa blessure», certaines barrières, dans sa tête, ont commencé à tomber et son comportement s’en reflète. Autrement dit, je le vois s’épanouir positivement là où rares sont ceux qui le connaissent assez pour le constater. N’est-ce pas là une particularité d’être la personne «qui aime» que de voir ce que les autres ne voient pas?

Par exemple, mon Vétéran-à-Moi à le nez fin. Mais est-ce la bonne expression, «avoir le nez fin»?

Non, pas pantoute. «Avoir le nez fin» sous-entend une sensibilité délicate, presque poétique. Dans le cas de mon Vétéran-à-Moi, les odeurs le frappent comme un mur. Son sens de l’odorat n’est pas «fin»: il est «affecté». Non pas parce qu’il ne sent «plus du tout» mais bien parce qu’il sent «trop». Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop. Certaines odeurs l’agressent et le rendent agressif en-dedans, pour toutes sortes de raisons: parfois, c’est en lien avec Haïti, la Yougo, les bateaux ..ou le clos.

Entre les oignons et le bacon; le sang séché des styromousses de viande; les poubelles; la mort, la décomposition (des road kills, par exemple), les guénilles de comptoir,.. mon Vétéran-À-Moi a constamment besoin «d’air frais» et que ça «sente bon». Dans sa maison, la turbine de sa hotte pourrait faire décoller un avion; il est un vrai spécialiste des ventilateurs de salle de bain qui sont équipées de «chronomètres»; il a percé les murs afin d’y installer des bouches d’aération supplémentaires…

A titre de sa blonde, j’ai su lui faire sentir que je suis son alliée et pour ce faire, il y a des choses que j’ai du intégrer dans ma routine. Ainsi, quand je fais à manger, je n’oublie pas de fermer toutes les portes intérieures de la maison, d’ouvrir la hotte au maximum, d’ouvrir une fenêtre spécifique à 1 pouce –pour permettre une meilleure ventilation-. J’ai appris à accrocher ma serviette de bain à sa façon afin qu’elle ne sente pas l’humidité. Quand je prends ma douche dans le sous-sol, je fais fonctionner le ventilateur pendant 30 minutes supplémentaires. Je rince minutieusement chaque styromousse avant d’en disposer. Quand je m’apprête à faire cuire des oignons, je l’averti avant.

Et puis, je ne me couche jamais sans mes 2-3 push-push de parfum avant de me blottir sur son épaule. Évidemment que je ne changerai rien à ce que les odeurs génèrent en lui. Mais moi, j’ai dû changer ma façon de faire pour lui. N’est-pas un peu ce qu’une «caregiver» doit aussi faire?

Pour Vétéran-À-Moi, c’est Swiss Air qui l’a blessé jusque dans son âme: 11 jours consécutifs à ramasser des morceaux de chair, pendant un certain temps à mains nues, à partir d’un Zodiac. «Tant que t’as pas mis le corps d’un enfant dans un bodybag, y a rien-là», qu’il m’a répété à quelques occasions.

Oui, il est blessé, mon Vétéran-à-Moi. Et pas juste dans son odorat. Au moindre stress, le syndrome du colon irritable régente aussi sa vie, son horaire, son alimentation, ses rythme de vie… Pour notre voyage en avion, il a dépensé 400$ de plus pour pouvoir embarquer avant les gens et avoir un siège qui lui procure plus de place: et ce n’est pas du luxe mais bien une nécessité pour lui permettre de minimiser le stress que lui cause l’avion. Et moins nous serons «stressés» mutuellement, mieux le voyage se déroulera.

J’ai cherché à comprendre ce qui allait l’affecter le plus. C’est l’aéroport avant la traversée de la sécurité où il est en hypervigilance; le bruit, les gens pognés dans l’allée de l’avion au moment de l’embarquement… les civils imbéciles pour qui il n’a plus aucune tolérance. «Puis, comment tu vas, en-dedans?», que je lui ai demandé. «Mieux que d’habitude parce que je sais que tu es là et que je peux compter sur toi. Et puis, j’ai mon casque d’écoute qui réduit le bruit, j’ai mes Ativants … et je suis proche des toilettes.»

Costa Rica, here we come.

L’allocation de reconnaissance pour aidant

Et voilà que depuis le 1er avril dernier, Anciens Combattants Canada a mis en œuvre la nouvelle mesure intitulée «Allocation de reconnaissance pour aidant», disponible à ceux qui sont sur le régime de la Nouvelle Charte des anciens combattants.

À titre de membre de comité aviseur des Familles, je suis loin d’être impressionnée. J’avoue que j’ai même pris quelques jours avant d’aller prendre connaissance des critères d’admissibilité: la totalité des messages qu’on m’a envoyés ont été suffisamment révélateurs pour que j’en saisisse parfaitement les grandes lignes sans même les lires.

Pourtant, la mesure annonçait un début de bon sens en versant 1000$ par mois directement au nom de celui ou de celle qui agit à titre de «Caregiver» (ou « Aidant») d’un vétéran blessé qui relève de la Nouvelle Chartre des anciens combattants. La base philosophique du combat politique des familles (incluant celui des «caregivers») s’articule autour de la reconnaissance de son identité et le respect de sa dignité: que de recevoir un chèque à son nom est en soi une victoire de l’identité comme individu – pas juste à titre de «conjoint(e)»- mais aussi, une reconnaissance officielle d’un rôle XYZ auprès d’un vétéran blessé par son service.

La mesure, de «reconnaissance» et non de «compensation», constitue malgré tout une plateforme intéressante pour envisager de futurs gains autant politiques que bureaucratiques. Mais c’est tout: sa beauté réside dans les pelletées de nuages politico-philosophiques avec lesquels les hauts fonctionnaires viendront jongler pour nous expliquer à quel point la mesure est donc belle, est donc bien pensée et surtout, tellement bien adaptée. Et surtout, tellement accessible.

Mais sinon, sur le terrain, la mesure s’annonce comme étant une autre belle diahrée de mots dans une constipation d’idées. Bien sûr, un vétéran qui n’a plus de bras ET plus de jambes peut s’attendre à ce que la personne qui agit comme «caregiver» ait accès à la mesure..mais encore une fois, les critères d’admissibilité ne font aucun sens pour quelqu’un qui vit avec un vétéran blessé par une blessure d’ordre psychologique/psychiatrique.. Selon eux, t’es un «aidant» juste quand il faut que tu mettes la cuillère dans la bouche d’un vétéran qui n’a plus de jambes, plus de bras, plus rien?

Faut-il s’en étonner? Malheureusement, non.

Mais il me semble qu’il y aurait moyen de faire de cette mesure, un investissement: si on s’assurait que les «caregivers» possèdent un minimum de connaissances en lien avec les blessures pour lesquelles elles jouent un rôle, le 1000$ par mois pourraient non seulement faire du sens dans le compte de banque mais aussi, en terme de valeur de rentabilité et de mesure d’impact dans la vie de quelqu’un de blessé..peu importe où.

Identité et dignité, ça vient avec du gros bon sens.

À vous et à votre famille, merci de votre service.

Jenny Migneault est une activiste, militante et «advocate». Elle est également membre du comité aviseur sur les familles d'Anciens Combattants Canada et a recu la Mention élogieuse de l'Ombudsman des vétérans. Elle est actuellement en tournée pan-canadienne pour mieux comprendre les enjeux touchant les familles des militaires et des vétérans.

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