Agression au couteau à Paris: deux morts, dont l’assaillant

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Paris 12 mai, 2e arrondissement: Cette photo diffusée sur Twitter montre un homme blessé au milieu d’une rue. (Tirée de Twiter)

 

L’homme qui a tué samedi soir un passant et blessé quatre personnes à Paris avant d’être abattu a crié «Allah Akbar» lors de son attaque au couteau selon des témoins, a annoncé le procureur de la République, qui a saisi la section antiterroriste de son parquet. L’attaque a également été plus tard revendiquée par le groupe armé État islamique, selon le SITE Intelligence Group, spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes.

«L’auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l’État islamique et l’opération a été menée en représailles envers les États de la coalition», a déclaré une «source sécuritaire» à Amaq, l’agence de presse l’EI.

«À ce stade et sur la foi d’une part de témoignages faisant état du fait que l’agresseur a crié «Allah Akbar» en attaquant les passants au couteau, et compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris», a pour sa part déclaré François Molins devant la presse sur place, dans le quartier de l’Opéra.

L’enquête est menée sous les qualifications d’«assassinat» et de «tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique», «en relation avec une entreprise terroriste», a-t-il précisé.

Elle a été confiée conjointement à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la sous-direction antiterroriste (Sdat), a ajouté le procureur.

Une personne a été tuée et quatre blessées, dont deux grièvement, vers 21 h en plein coeur de Paris par un homme armé d’un couteau qui a été abattu par des policiers.

L’agression a eu lieu dans le IIe arrondissement, près de l’Opéra, dans un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir.

«J’étais en terrasse de café, j’ai entendu trois, quatre coups de feu, cela a été très rapide. Puis les barmen nous ont dit de rentrer très rapidement. Je suis ensuite ressortie pour voir ce qu’il se passait, j’ai alors vu un homme à terre», a témoigné auprès de l’AFP Gloria, 47 ans.

L’assaillant a agressé au couteau cinq personnes, dont une est morte, peu avant 21 h locales, rue Monsigny, a indiqué sur place le directeur du cabinet du préfet de police, Pierre Gaudin.

La police est intervenue aussitôt et a abattu l’auteur de l’agression, qui avait menacé les policiers, a précisé la préfecture de police. Un passant «est décédé des suites de ses blessures», a ajouté Pierre Gaudin.

Deux autres personnes ont été blessées grièvement et transférées à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris. Deux des quatre blessés le sont plus légèrement.

Macron réagit

Emmanuel Macron a déploré samedi soir que la France payait «une nouvelle fois le prix du sang» après l’attaque au couteau menée à Paris, mais assuré qu’elle ne céderait «pas un pouce aux ennemis de la liberté».

«Toutes mes pensées vont aux victimes et aux blessés de l’attaque au couteau perpétrée ce soir à Paris, ainsi qu’à leurs proches», écrit le chef de l’État sur Twitter après l’attaque menée dans le coeur de Paris qui a fait un mort et quatre blessés.

«Je salue au nom de tous les Français le courage des policiers qui ont neutralisé le terroriste», a ajouté M. Macron.

«La France paye une nouvelle fois le prix du sang, mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté», a-t-il asséné.

«Notre ville a été meurtrie»

Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a salué «le sang-froid et la réactivité des forces de police qui ont neutralisé l’assaillant». «Mes premières pensées vont aux victimes de cet acte odieux», a-t-il lancé.

«Pensées pour les victimes de l’attaque qui a frappé le coeur de Paris ce soir», a réagi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans un tweet.

«Ce soir, notre ville a été meurtrie», a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s’est rendue sur place. «Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus», a asséné la présidente du FN, Marine Le Pen, désignant un acte commis par «un assaillant islamiste».

Les motivations de cet homme étaient inconnues dans l’immédiat. La brigade criminelle de la police judiciaire de Paris a été saisie, a-t-on appris de source judiciaire.

Un important périmètre de sécurité a été mis en place dans un secteur bouclé où ont convergé un nombre impressionnant de véhicules de police, de pompiers et de secours.

Des touristes et riverains étaient bloqués derrière les rubans de sécurité, visiblement interloqués, parfois désorientés.

«On a entendu deux coups de feu, on ne savait pas ce que c’était, on a vu des gens partir en courant et on est partis en courant aussi. La terrasse était blindée et tout le monde est parti d’un coup», a raconté Sébastien, qui se trouvait à la terrasse d’un café avec deux amis.

«On a croisé quelqu’un qui sortait de l’immeuble et qui a dit avoir vu l’assaillant égorger quelqu’un. Des gens se sont réfugiés dans le bar», a ajouté son ami Maxime.

«Forcément, on entend trois coups de pétard, au vu des antécédents du 13-Novembre, on cherche pas, on court», a complété Elisa, en référence aux attentats djihadistes sur des terrasses parisiennes en 2015.

Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. La dernière attaque meurtrière, le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude), avait porté à 245 le nombre de victimes tuées dans les attentats sur le sol français depuis 2015. Des attaques ont déjà été menées au couteau, notamment à Marseille en octobre 2017.

Particulièrement visée, la France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre le groupe djihadiste État islamique (EI). Mi-avril, Paris a mené des frappes contre des sites de production d’armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, lors d’une opération conjointe avec le Royaume-Uni et les États-Unis.

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