Bataille de l’Atlantique: la Marine d’hier à aujourd’hui et à demain (PHOTOS/VIDÉO)

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Alors qu’hier, comme chaque premier dimanche de mai, la communauté navales commémorait au Quai de l’Horloge dans le Vieux-Port de Montréal la plus longue bataille de la Seconde Guerre mondiale: la Bataille de l’Atlantique, après s’être souvenu du sacrifice ultime de plus de 4 000 marins et aviateurs, le commodore Luciano Carosielli, qui présidait la cérémonie, a tourné son regard vers le présent et l’avenir de la Marine royale canadienne.

La bataille de l’Atlantique a été un moment décisif de la Seconde Guerre mondiale, s’étalant de septembre 1939 à mai 1945. Des hommes et des femmes de la Marine royale canadienne, de la Marine marchande canadienne et de l’Aviation royale canadienne y ont combattu à une époque où la Marine royale canadienne comptait, soulignait le commodore, pas moins de 90 000 hommes, contre un peu plus de 8 000 aujourd’hui.

Le succès n’aura été obtenu qu’avec un lourd prix à payer: la Marine royale canadienne a perdu 33 navires et 2.000 combattants; la Marine marchande a perdu plus de 70 navires et 1.700 marins; et l’Aviation royale canadienne a quant à elle perdu plus de 900 membres d’équipage.

Alors que l’équipage du NCSM Donnacona ainsi que des vétérans, cadets et aviateurs et représentants de la société civile se réunissait au quai de l’Horloge, le commodore Caroselli n’a pas manqué de rappeler que le NCSM Donnacona avait à cette époque été au centre du recrutement et de l’entraînement de ces marins dans ce qui était alors la plus grande ville du Canada.

Au cours de la Bataille de l’Atlantique, plusieurs réservistes du Donnacona ont d’ailleurs servi sur les frégates, les corvettes et les dragueurs de mines e la Marine royale canadienne, n’a pas manqué de souligner le commodore Carosielli, lui-même né à Montréal et diplômé de Concordia.

Une époque qui paraît sans doute déjà lointaine à bien des jeunes gens, mais dont a été témoin le vétéran Raymond Monet, 96 ans, qui a survécu à la Bataille de l’Atlantique.

La bataille de l’Atlantique avait pour but la suprématie de l’Atlantique Nord, et elle a duré 2 075 jours. Elle opposait les forces navales et aériennes alliées aux sous-marins, aux navires, et aux aéronefs allemands et italiens, dont les cibles principales étaient les convois de navires marchands qui transportaient des cargaisons vitales de l’Amérique du Nord à l’Europe.

Une grande partie du fardeau de la bataille de l’Atlantique a échu à la Marine royale canadienne, laquelle n’avait, au début de la guerre, que six destroyers et une poignée de petits navires.

À la fin de la guerre, la marine du Canada avait connu une croissance telle qu’elle était devenue la quatrième marine au monde, et a joué un rôle crucial dans le changement du visage de la guerre. Durant la bataille de l’Atlantique, la MRC a détruit ou pris part à la destruction de 33 U-boot et de 42 embarcations de surface ennemies. Elle a elle-même subi 2 210 pertes, dont six femmes, et 33 de ses navires ont péri.


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Mais aujourd’hui, la Marine royale canadienne est toujours aussi pertinente pour le Canada, un pays dont «l’économie flotte sur l’eau salée», avait dit en 2012 le vive-amiral Paul Madison.

«Le Canada est une puissance maritime, avec le plus long littoral au monde et des océans immenses»,disait le vice-amiral à l’époque, soulignant que 90% du commerce mondial passe par des routes maritimes. «Notre qualité de vie et nos intérêts nationaux dépendent de ces routes et la Marine canadienne doit être en mesure de les protéger, aussi bien en cas de catastrophes naturelles que de menaces militaires.»

Et le commodore Carosielli de souligner à la cérémonie de la Bataille de l’Atlantique les missions essentielles que remplit encore aujourd’hui dans le monde notre marine nationale, protégeant toujours ces liens vitaux que sont les routes maritimes, citant notamment l’opération Caribbe, la contribution du Canada à la Force opérationnelle interorganisationelle interarmées – Sud des États‑Unis visant à mener des activités interorganisationnelles et internationales pour faciliter la répression du commerce illicite de drogues, d’armes, d’argent et de personnes.

Depuis la fin février 2018, les NCSM Whitehorse et Edmonton, qui ont terminé leur déploiement dans le cadre de l’opération CARIBBE au mois d’avril, ont aidé la Garde côtière des États-Unis à saisir près de 3 000 kg de cocaïne ou à en perturber le trafic, au cours de trois interceptions séparées dans l’océan Pacifique Est.

Et le commodore aurait pu citer la force opérationnelle maritime dans le cadre de l’opération REASSURANCE où actuellement une frégate canadienne, le NCSM St. John’s, sur lequel a d’ailleurs servi de 1998

Sans oublier l’opération ARTEMIS visant à arrêter le terrorisme et à rendre les eaux du Moyen-Orient plus sécuritaires, ce qui inclut la mer Rouge, le golfe d’Aden, le golfe d’Oman et l’océan Indien, ou l’opération PROJECTION où notre marine tente de rendre le monde plus sécuritaire et d’améliorer les relations avec les alliés et partenaires du Canada partout dans les régions indo-Asie-Pacifique, euro-Atlantique, et dans la région de l’Afrique de l’Ouest.

Au delà de la crise existentielle

Au delà de la crise existentielle qui a frappé la Marine Royale avec le retrait prématuré de ses destroyers et ravitailleurs, poussant certains à se demander si elle était encore capable de remplir sa mission, le commodore Carosielli, qui est le gestionnaire du projet de navires de combat, s’est tourné vers l’avenir, évoquant avec optimisme les navires de patrouille extracôtier et de l’Arctique de la classe Harry DeWolf, les navires de soutien interarmées, dont la construction débutera finalement en 2019, et le projet d’acquisition de 15 navires pour remplacer les navires existants et dont on prévoit un début de construction au début des années 2020.

C’est ainsi qu’en ce jour de cérémonie commémorant la Bataille de l’Atlantique, on peut avoir confiance que la Marine Royale canadienne, d’hier à aujourd’hui et à demain, continue et continuera à jouer un rôle primordial, supportant les intérêts du Canada en matière de sécurité partout dans le monde.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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