Gaza: des dizaines de Palestiniens blessés par l’armée israélienne

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Des Palestiniens tués lors d’une manifestation à la frontière israélienne le 27 avril 2018. (Archives/Mohamed Abed/AFP)

Des dizaines de Palestiniens ont été blessés par les soldats israéliens dans la bande de Gaza lors d’un sixième vendredi consécutif de mobilisation qui a réuni des milliers de manifestants près de la frontière, ont indiqué les autorités sanitaires gazaouies.

Les blessés ont été atteints par des balles israéliennes tirées de l’autre côté de la barrière frontalière, ou ont inhalé des gaz lacrymogènes, a dit le ministère gazaoui de la Santé. En tout, 69 d’entre eux ont été traités à l’hôpital, 101 sur place, a-t-il dit.

Dans une épaisse fumée dégagée par des feux de pneus, des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées à l’est de la ville de Gaza, le long de la frontière entre l’enclave palestinienne et Israël, ont constaté des journalistes de l’AFP. Comme les vendredis précédents, des manifestations se sont également produites dans l’enclave en d’autres points de la frontière.

Chifa Abou Qadous, une manifestante de 28 ans, dit venir protester tous les vendredis.

« Nous rentrerons chez nous, aujourd’hui, demain, ou plus tard », dit-elle, « je n’ai pas peur. On ne meurt qu’une fois ».

Les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière, surtout le vendredi, pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Le mouvement, appelé « la Grande marche du retour », vise aussi à dénoncer le blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l’enclave palestinienne, que dirige le mouvement islamiste Hamas auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

La plupart des manifestants se tiennent à relative distance de la barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens. D’autres défient le danger en s’approchant pour lancer des pierres et des engins incendiaires vers les soldats ou tenter de forcer le passage.

Depuis le 30 mars, 49 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Des centaines d’autres ont été blessés. Aucun Israélien n’a été blessé.

L’armée israélienne est en butte aux critiques dénonçant un usage excessif de la force. L’ONU et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes.

L’armée israélienne, pour qui les manifestants sont instrumentalisés par le Hamas, dit que ses soldats ne tirent à balles réelles qu’en dernier recours, quand les moyens non létaux ont été épuisés, pour parer le danger pour les soldats et les civils israéliens riverains de l’enclave.

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