15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Journée internationale des Casques bleus 2018, à l’heure de tous les dangers

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Des casques bleus et des uniformes de l’ONU. (Archives/Marco Dormino/ONU)

Comme chaque année depuis 2002, le 29 mai est la Journée internationale des Casques bleus, instituée par les Nations unies pour rendre hommage à ceux et celles qui ont servi dans des opérations de maintien de la paix et honorer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie au service de la paix, a été assombrie par une série d’attaques qui ont coûté la vie à plusieurs soldats de la paix.

En cette journée spéciale, le premier ministre du Canada, le ministre de la Défense Harjit Sajjan, et le lieutenant-général (ret), ex sénateur et commandant de la mission de l’ONU au Rwanda lors du massacre de 1994, ont rendu hommage aux Casques bleus.

C’est l’hommage du pays qui a pour ainsi dire «inventé» les missions de la paix, aux Casques bleus de l’Organisation des Nations Unies (ONU), «d’hier et d’aujourd’hui, qui ont fait face à l’instabilité et aux conflits dans le monde, en plus de faire des sacrifices énormes pour la paix, la sécurité et la liberté des autres.».

Nous reproduisons également ici, intégralement, la déclaration du premier ministre à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus 2018 de l’Organisation des Nations Unies.

«Aujourd’hui, nous rendons hommage aux Casques bleus de l’Organisation des Nations Unies (ONU), d’hier et d’aujourd’hui, qui ont fait face à l’instabilité et aux conflits dans le monde, en plus de faire des sacrifices énormes pour la paix, la sécurité et la liberté des autres.

«Le Canada a une longue et fière histoire lorsqu’il est question du maintien de la paix. Notre 14e premier ministre, Lester B. Pearson, a parrainé la première mission de maintien de la paix à grande échelle de l’ONU pendant la crise du canal de Suez, en 1956. Son leadership a marqué le début de l’identité du Canada en tant que gardien de la paix, tout en ouvrant la voie à une nouvelle ère de collaboration internationale pour faire avancer la paix et la stabilité à travers le monde.

«Depuis, l’ONU a établi plus de 70 missions de maintien de la paix et les Canadiens ont fait partie de la plupart d’entre elles. La nature des conflits a évolué au fil des décennies, tout comme les exigences des opérations de paix.

«Alors que les Casques bleus travaillent dans des situations de plus en plus difficiles, leurs responsabilités s’accentuent, deviennent plus complexes et les mettent souvent en danger. Aujourd’hui, les Casques bleus surveillent des cessez-le-feu, supervisent des élections, contribuent au désarmement de combattants et rapatrient des réfugiés, en plus d’aider à éliminer les mines terrestres et à acheminer l’aide humanitaire. Ils mettent leur vie en danger afin de protéger les plus vulnérables, tout en donnant aux sociétés une chance de se reconstruire.

«Le Canada joue un rôle de chef de file pour promouvoir les approches innovatrices en matière de maintien de la paix et répondre aux défis auxquels font face les Casques bleus aujourd’hui. Grâce au lancement de l’Initiative Elsie et des Principes de Vancouver, le Canada trace déjà la voie à l’amélioration de l’efficacité des missions de maintien de la paix de l’ONU, à l’autonomisation des femmes dans tous les aspects de la paix et de la sécurité ainsi qu’à la protection des enfants utilisés comme armes de guerre.

«Nous avons également fourni de nouvelles capacités militaires, dont une Force opérationnelle aérienne pour la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali, et nous continuerons d’envoyer des policiers civils pour appuyer les missions de l’ONU.

«Au nom de tous les Canadiens, je félicite les Casques bleus pour leur courage et leur engagement à l’égard des principes de liberté, de démocratie et de règle de droit. Nous continuerons de travailler de près avec l’ONU pour appuyer et moderniser les opérations de maintien de la paix ainsi que pour trouver des solutions aux graves conflits à travers le monde.»

Cette déclaration revêt une importance toute particulière cette année alors qu’environ 200 militaires de la force opérationnelle aérienne Mali ont conclu à Wainwright, en Alberta, leur entraînement préalable au déploiement au Mali qui aura lieu en juillet.

Le Canada, qui avait promis de se réengager dans les misions de paix de l’ONU, tient parole et va déployer six hélicoptères au Mali, au sein de la MINUSMA, l’une des missions de paix les plus meurtrières des Nations Unies.

La force opérationnelle aérienne canadienne doit comprendre deux hélicoptères Chinook pour assurer une capacité urgente de transport et de logistique pour la MINUSMA, et quatre hélicoptères Griffon pour assurer une escorte et une protection armées. Les hélicoptères serviront également pour des évacuations médicales en zone avancée.

Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, a perdu plus de 160 Casques bleus, dont 104 dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

Nouveau financement pour aider à former des Casques bleus des Nations Unies

Le Canada a aussi annoncé aujourd’hui par la bouche de sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, l’octroi d’un nouveau financement de 2 millions $ pour aider à former des Casques bleus des Nations Unies.

Ce nouveau financement, explique Ottawa, contribuera à la préparation des Casques bleus aux environnements complexes des opérations de paix dans le monde d’aujourd’hui grâce à une formation en maintien de la paix, en consolidation de la paix et en gestion de crises, ainsi que sur les droits de la personne et la protection des civils.

«Par ses engagements conjoints à contribuer militairement aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies et grâce aux Principes de Vancouver sur les enfants soldats et à l’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix, le Canada travaille en étroite collaboration avec des partenaires du monde entier pour s’assurer que le maintien de la paix répond aux besoins du 21e siècle. Le financement annoncé aujourd’hui aidera à offrir aux Casques bleus la formation dont ils ont besoin pour mener le plus efficacement possible des opérations de maintien de la paix », a déclaré la chef de la diplomatie canadienne.

Le Canada a mis sur pied le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP) en août 2016 et l’a doté d’un budget de 450 millions de dollars sur trois ans.

Dans le cadre du PSOP, le Canada collabore avec des alliés et des partenaires pour aider à mettre fin à la violence, à assurer la sécurité et à créer un espace de dialogue et de résolution des conflits.

Le PSOP appuie le travail des Nations Unies et d’organisations internationales, régionales et locales pour prévenir les conflits, stabiliser et consolider la paix dans les États fragiles et touchés par des conflits.

Les engagements conjoints sont ceux que prennent de concert au moins deux États membres de l’ONU en unissant leurs forces pour combler une lacune dans les capacités relatives au maintien de la paix de l’ONU. Le Canada encourage cette approche afin de donner à l’ONU la prévisibilité dont elle a besoin pour mieux planifier ses opérations et ses activités de formation.

Le secrétaire général de l’ONU au Mali pour la Journée des Casques bleus

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est arrivé mardi à Bamako pour passer la Journée internationale des Casques bleus aux côtés de la Mission de l’ONU au Mali, la plus périlleuse des opérations actuelles des Nations unies, à deux mois de l’élection présidentielle.

Accueilli à l’aéroport par le président Ibrahim Boubacar Keïta, M. Guterres s’est ensuite rendu à la base de la Minusma pour une cérémonie d’hommage aux Casques bleus tombés en 2017, au nombre de 21, outre sept civils, selon l’ONU.

« C’est un honneur pour moi de passer la Journée des Casques bleus avec les hommes et femmes courageux qui servent dans notre mission au Mali, la plus meurtrière pour nous l’année dernière. A leurs risques et périls, ils sauvent des vies au service de la paix », a-t-il déclaré.

« Nous vivons un moment clé de l’histoire du Mali. Nous voulons appuyer les Maliens, les autorités maliennes, pour garantir le succès du Mali », a expliqué le secrétaire général de l’ONU lors d’un point de presse.

« Nous avons trois chantiers », a-t-il détaillé, évoquant « la concrétisation totale des accords de paix, des élections transparentes, facteur de légitimation d’un pouvoir démocratique, et enfin le projet du gouvernement de sécurisation de la région Centre, projet essentiel pour la stabilisation du Mali ».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et le sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

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