Kouriles: Poutine et Abe ont discuté d’un accord de paix Russie-Japon

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Kouriles: Poutine et Abe ont discutéle 26 mai 2018 d’un accord de paix Russie-Japon. (service de presse du Kremlin)

Le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont discuté au Kremlin d’un « accord de paix » entre les deux pays, jamais signé en raison d’un différend sur les îles Kouriles, Vladimir Poutine précisant qu’il faudrait « être patient ».

« Nous avons discuté d’un accord de paix. Nous estimons qu’il est important de continuer patiemment à chercher une solution qui répondrait aux intérêts de la Russie et du Japon et serait acceptée par les peuples des deux pays », a déclaré le président russe lors d’une conférence de presse ayant suivi une rencontre avec M. Abe au Kremlin.

Les îles Kouriles et les frontières fixées par les différents traités russo-japonais. (Wikipédia)

Le Premier ministre japonais a pour sa part estimé que résoudre ce différend datant de plus de 70 ans était « difficile » mais émis l’espoir que « nous mettions un point final à ce problème dans le courant de notre génération ».

« C’est le principal objectif de notre programme », a poursuivi Shinzo Abe. Le Japon et la Russie ne sont pas parvenus depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale à signer un accord de paix à cause des Kouriles, îles volcaniques qui font officiellement partie de la région russe de Sakhaline mais sont revendiquées par le Japon.

« Nous nous sommes montrés déterminés à aller de l’avant vers la conclusion d’un accord de paix », a encore déclaré M. Abe selon des propos traduits en russe, saluant la « confiance mutuelle » entre les deux pays.

Plusieurs projets pour améliorer la coopération entre les deux pays autour de ces îles ont déjà été mis en place. « Nous allons faciliter la visite de citoyens japonais » aux Kouriles, a par exemple déclaré Vladimir Poutine.

Les deux dirigeants ont également évoqué la situation dans la péninsule coréenne, Shinzo Abe rappelant que « le plus important est de procéder à la dénucléarisation totale et irréversible de la Corée du Nord ».

De son côté, Vladimir Poutine a appelé « tous les participants » au règlement de la crise à « faire preuve de retenue pour ne pas franchir un nouveau pas dans la confrontation et maintenir la situation sur le champ diplomatique ».

Après plusieurs mois de menaces mutuelles, les relations entre Pyongyang et Washington se sont spectaculairement détendues. Donald Trump a toutefois annulé jeudi un sommet prévu à Singapour le 12 juin avec le numéro un nord-coréen Kim Jong Un, avant de signifier qu’il pourrait finalement avoir lieu.

« Je suis très heureux d’avoir cette possibilité (…) de parler de manière détaillée de nos relations bilatérales et de la coopération politique », a déclaré M. Poutine, au début de sa rencontre avec M. Abe au Kremlin.

« Nous avons échangé hier sur le développement des liens économiques et commerciaux » entre la Russie et le Japon, constatant « l’intérêt mutuel des deux parties à renforcer les relations », a rappelé M. Poutine.

Pour sa part, Shinzo Abe s’est déclaré « prêt à renforcer la coopération de manière calme mais énergique » avec la Russie.

Jeudi, Vladimir Poutine et Shinzo Abe s’étaient déjà entretenus en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg, où M. Abe était présent en tant qu’invité d’honneur.

Du Kremlin, Poutine et Abe parlent aux astronautes de l’ISS

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre japonais Shinzo Abe ont parlé samedi par vidéoconférence depuis le Kremlin au cosmonaute russe et japonais à bord de la Station spatiale internationale. (service de presse du Kremlin)
Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre japonais Shinzo Abe ont aussi parlé samedi par vidéoconférence depuis le Kremlin au cosmonaute russe Anton Chkaplerov et à son collègue japonais Norishige Kanai, actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

«Je suis ravi de saluer Anton Chkaplerov et le citoyen japonais Norishige Kanai», a lancé M. Poutine aux côtés de M. Abe, face à un écran géant sur lequel on pouvait voir ces deux astronautes qui font partie de l’équipage actuel de l’ISS.

«Cela fait plus de 10 ans que nous coopérons avec le Japon dans l’espace et sept explorateurs japonais se sont déjà rendus sur orbite», a-t-il rappelé, soulignant la « contribution importante du Japon » au fonctionnement de l’ISS.

«Permettez-moi d’exprimer ma joie quant au fait que vous travaillez de manière si unie dans l’espace», a déclaré pour sa part M. Abe, tout sourire, selon ses propos traduits en russe.

«Notre coopération aboutit à d’importants résultats», a de son côté relevé Norishige Kanai tandis qu’Anton Chkaplerov a jugé «particulièrement agréable» que l’ISS fête ses 20 ans en 2018, au moment même où se déroulent l’année de la Russie au Japon et celle du Japon en Russie.

Anton Chkaplerov et Norishige Kanai sont tous les deux arrivés à bord de l’ISS en décembre.

Cette séance de vidéoconférence a été organisée à l’issue des discussions entre M. Poutine et M. Abe au Grand Palais du Kremlin, au cours desquelles ils se sont mis d’accord pour «faire davantage d’efforts en vue de renforcer la coopération», selon le premier ministre japonais.

La Russie fournit à l’ISS son principal module, où se situent les moteurs-fusées, et les vaisseaux russes Soyouz sont le seul moyen d’acheminer et de rapatrier les équipages de la station orbitale depuis l’arrêt des vols des navettes spatiales américaines.

Seize pays participent à l’ISS, avant-poste et laboratoire mis en orbite en 1998, qui a coûté au total 100 milliards de dollars, en majeure partie financés par la Russie et les États-Unis.

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