Mer de Chine méridionale: la Chine a installé des missiles sur trois îles disputées

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Une île de l’archipel des Spratleys, défigurée par un aérodrome construit par la Chine. (JolPress)

La Chine a installé des missiles sur trois îles de mer de Chine méridionale qu’elle dispute au Vietnam et aux Philippines, lui permettant ainsi d’appuyer fermement ses revendications de souveraineté, selon un média américain.

La chaîne de télévision CNBC, qui cite des sources proches des services de renseignement américains, a indiqué mercredi que l’armée chinoise aurait installé ces armements défensifs anti-navires et sol-air au cours des 30 derniers jours.

Si l’information est vérifiée, elle serait susceptible de provoquer un regain de tension entre pays riverains de cette vaste région maritime.

Les autorités chinoises n’ont ni démenti ni confirmé formellement ce déploiement. Washington a de son côté averti la Chine qu’elle s’exposait à des «conséquences» concernant la «militarisation» de la zone.

La Chine revendique pour des raisons historiques de très nombreuses îles et récifs de la mer de Chine méridionale. Des nations voisines (Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei) ont des revendications rivales, qui se chevauchent parfois.

Pékin appuie ses prétentions de souveraineté en renforçant par remblaiement des îlots et récifs qu’il contrôle. Il y construit des installations civiles mais aussi des pistes d’atterrissage capables d’accueillir des avions militaires.

Les missiles chinois auraient été déployés sur les récifs de Yongshu (Fiery Cross), Zhubi (Subi) et Meiji (Mischief), selon CNBC. Ils sont tous situés dans l’archipel des Spratleys. Celui-ci se trouve à l’est du Vietnam, à l’ouest des Philippines, et très au sud de la Chine continentale.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères n’a ni démenti ni confirmé.

«Les constructions pacifiques de la Chine dans l’archipel des Spratleys, y compris le déploiement de nécessaires installations de défense du territoire national, ont pour but de protéger la souveraineté et la sécurité de la Chine», a assuré Hua Chunying.

«Ceux n’ayant pas de velléité de violer (cette souveraineté) n’ont aucune raison de s’inquiéter», a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse.

Le ministère chinois de la Défense n’avait pas répondu jeudi après-midi à une demande de commentaire de l’AFP.

Il a cependant souligné à de nombreuses reprises que ces îles «faisant partie du territoire chinois», il appartenait à la Chine seule de décider ce qu’elle y faisait.

«Militarisation» et «conséquences»

Les États-Unis ne prennent officiellement pas position mais ils estiment que Pékin «militarise» ainsi la mer de Chine méridionale. L’US Navy envoie elle-même fréquemment des navires de guerre et des porte-avions dans la zone.

«Nous sommes bien au fait de la militarisation de la mer de Chine méridionale par la Chine», a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

«Nous avons évoqué nos préoccupations à ce sujet directement avec les Chinois et il y aura des conséquences à court terme et à long terme», a-t-elle poursuivi, sans plus de précisions.

«La Chine doit réaliser qu’elle a bénéficié de la liberté de navigation et que l’US Navy a été le garant de cela», a de son côté déclaré la porte-parole du Pentagone, Dana White, avant d’ajouter: «Nous allons poursuivre nos opérations».

Pour l’expert militaire chinois Song Zhongping, un déploiement de missiles «ne serait absolument pas une surprise et serait même très normal».

«L’armée chinoise a achevé ses constructions sur les îles et récifs des Spratleys. L’installation d’équipements militaires de défense adéquats permettrait donc justement d’y contenir efficacement toutes les menaces», a-t-il dit.

«La Chine n’envahira pas d’autres pays. Mais en matière de souveraineté et d’intégrité territoriale (…), l’armée chinoise ne cédera pas si elle s’estime dans son bon droit», d’après lui.

En 2016, une juridiction arbitrale avait invalidé les revendications de Pékin. La Cour permanente d’arbitrage (CPA) de la Haye, saisie par les Philippines, avait jugé que Pékin n’avait pas de droits historiques en mer de Chine méridionale.

Pékin n’a jamais accepté cet arbitrage.

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