Pompeo prépare avec le général nord-coréen le sommet Trump-Kim

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Photographie fournie par le département d’Etat américain montrant le général nord-coréen Kim Yong Chol (D) dînant avec le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, à New York le 30 mai 2018. (AFP/HO)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo retrouve jeudi le bras droit de Kim Jong Un pour de nouveaux entretiens à New York afin de préparer le face à face historique à Singapour entre Donald Trump et le leader nord-coréen.- « Venez en Russie! » –

« Bon dîner de travail avec Kim Yong Chol à New York ce soir. Steak, maïs et fromage au menu », a tweeté Mike Pompeo qui était accompagné d’Andrew Kim, chef de la section Corée à la CIA.

Le secrétaire d’Etat et le général doivent se retrouver jeudi à 09H00 (13H00 GMT) pour de nouveaux entretiens. M. Pompeo tiendra ensuite une conférence de presse à 14H15 (18H15 GMT).

L’objectif de leurs discussions est de déterminer si les États-Unis et la Corée du Nord sont en mesure de fixer un ordre du jour partagé pour le sommet du 12 juin. Et donc d’en accélérer les préparatifs.

Dans un autre signe de l’intense activité diplomatique autour d’un des problèmes les plus épineux du globe, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est rendu jeudi pour la première fois depuis 2009 en Corée du Nord.

« Venez en Russie, nous serons très heureux de vous accueillir », a-t-il lancé à Kim Jong Un, selon le texte publié par Moscou, qui a diffusé des photographies et une vidéo de la rencontre, montrant les deux hommes se serrant la main et s’entretenant autour d’une table.

M. Lavrov a transmis à Kim Jong Un « le salut le plus chaleureux » du président russe Vladimir Poutine et « ses souhaits de succès dans les importantes initiatives entreprises sur la péninsule coréenne avec votre participation ».

Si son père Kim Jong Il avait notamment visité la Russie en 2002 et 2011, Kim Jong Un, lui, ne s’y est jamais rendu. Avant une première visite en Chine en mars, le leader nord-coréen, au pouvoir depuis fin 2011, n’avait du reste effectué aucune visite officielle à l’étranger.

– Regain d’optimisme –

Au revirement de M. Trump jeudi dernier a succédé un tout aussi spectaculaire regain d’optimisme, à tel point que Washington affirme désormais s’attendre à ce que le sommet ait lieu comme initialement prévu.

Pour cela, « il faut que la dénucléarisation » de la Corée du Nord soit « au coeur de la rencontre », a toutefois prévenu la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders. « Et le président doit avoir le sentiment qu’on fait des progrès sur ce front ».

Mike Pompeo et Kim Yong Chol tentent donc de concilier des attentes a priori inconciliables.

Washington réclame une « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », et n’entend lâcher du lest sur les sanctions internationales qu’une fois que le processus, par nature complexe et long, sera achevé ou au moins très avancé.

Pyongyang a de son côté accepté de parler d’une dénucléarisation mais refuse qu’elle soit unilatérale, et sa définition risque d’être éloignée de celle des Américains tant les Nord-Coréens ont jusqu’ici présenté leur arsenal atomique comme une garantie pour la survie du régime.

« Nous devons les convaincre qu’au contraire leur programme nucléaire renforce leur insécurité », a expliqué mercredi soir un haut responsable américain, confirmant que Washington est prêt à fournir des « garanties » pour leur sécurité.

Officiellement vice-président du comité central du parti au pouvoir, le général Kim s’est rendu aux Jeux olympiques d’hiver au Sud, aux récents sommets intercoréens et en Chine pour accompagner à deux reprises Kim Jong Un.

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