Syrie: les Casques blancs craignent un «gel» des financements américains

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Les secouristes des Casques blancs en Syrie s’inquiètent d’un possible « gel » des financements qu’ils reçoivent des Etats-Unis, a affirmé samedi leur chef à l’AFP, craignant que le président Donald Trump ne coupe abruptement les aides de Washington à l’organisation.

Formés après le début de la guerre qui ravage la Syrie, les Casques blancs sont sortis de l’anonymat grâce aux vidéos poignantes relayées sur les réseaux sociaux, montrant les volontaires de l’organisation, casque sur la tête, extraire victimes et survivants de sous les décombres.

« Nous n’avons pas été officiellement informés de l’arrêt des financements, mais du gel de certains projets propres à des organisations américaines, oeuvrant au Moyen-Orient, afin de revoir leur faisabilité », a indiqué à l’AFP Raed Saleh, le chef du groupe.

Parmi les projets touchés, « certains sont liés à la stabilisation en Syrie », a précisé M. Saleh, qui réside en Turquie. « Cela se produit chaque année, mais cette année, personne ne peut prédire les décisions du président Trump », a-t-il ajouté.

Le département d’Etat américain avait indiqué en avril que les fonds alloués à la « stabilisation » de la Syrie étaient en cours de réévaluation, sans préciser si les financements destinés aux Casques blancs seraient interrompus.

Selon des informations de presse publiées en mars, la Maison Blanche avait demandé au Département d’État de geler plus de 200 millions de dollars de fonds destinés aux « efforts de redressement » en Syrie.

Les Casques blancs, qui comptent 3.700 membres, sont principalement soutenus par les États-Unis et le Royaume-Uni, mais aussi par des dons individuels.

Selon M. Saleh, l’association a récemment signé des contrats avec des organisations turques et qataries.

En février, son vice-président, Abdulrahman Almawwas, avait mis en garde contre une baisse de 6 millions de dollars U.S. du budget de l’organisation, tombé de 18 à 12 millions de dollars.

Cette réduction a obligé les Casques blancs à repousser l’intégration de nouveaux volontaires, alors que la Syrie est toujours ravagé par une guerre meurtrière.

Déclenché en 2011 par la répression gouvernementale de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

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