15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Valcartier conclut sa montée en puissance avec Maple Resolve 2018 (PHOTOS/VIDÉO)

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Le plus important exercice annuel de l’Armée canadienne vient de se conclure à Wainwright (Alberta) et a impliqué cette année près de 6 000 militaires, dont la majorité provenait du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada. 45eNord.ca a passé plusieurs jours à leurs côtés.

L’exercice Maple Resolve conclut une année d’entrainement intensif pour les troupes de Valcartier et confirme que la force opérationnelle Ahki’Wahcha’ est prête à participer à des opérations au pays et partout ailleurs sur la planète, en étant à compter du 1er juillet prochain en disponibilité opérationnelle élevée.

De Large Scale 17 à Maple Resolve 18

C’est en Californie durant le chaud mois d’août 2017 que la force opérationnelle Ahki’Wahcha’ (esprit guerrier en wendat) a débuté son chemin conduisant au niveau de préparation élevé (la montée en puissance) avec l’exercice Large Scale, aux côtés de soldats américains, britanniques et français.

Cette première étape consistait au déploiement du Quartier général du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada durant un exercice multinational assisté par ordinateur où les troupes étaient engagées dans une guerre conventionnelle contre une force ennemie aux capacités semblables.

Quelques semaines plus tard, une série d’exercices a amené un certain niveau de compétences au niveau des unités.

Le Quartier général du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada a obtenu sa certification grâce à une autre série d’exercices et de pratiques.

C’est donc avec Maple Resolve, à Wainwright (Alberta) que les milliers de soldats de Valcartier se voient certifier ce printemps au niveau de bataillon et au niveau de régiment.

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Au cœur de Maple Resolve 18

L’exercice de deux semaines s’est déroulé en trois phases, comme nous l’a expliqué le colonel Stéphane Boivin, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada.

«Maple Resolve est essentiellement divisé en trois blocs : les opérations de stabilité, les opérations défensives et les opérations offensives. Ça couvre l’ensemble du spectre des opérations jusqu’à une opération complètement cinétique».

Le major Pierre Gosselin, commandant de la Compagnie C du 2e Bataillon Royal 22e Régiment explique que le défi de l’exercice est l’envergure et la coordination.

«La coordination entre les unités au niveau de la planification c’est vraiment ça que j’ai vu moi au cours des derniers jours qui est le plus gros challenge, a-t-il dit en interview pour 45eNord.ca. Avoir le plan de l’autre unité et que notre plan fonctionne avec eux autres, s’assurer que tout ce qu’on fait soit connu surtout de nuit quand on se déplace… On doit savoir qui est dans notre secteur pour pas engager, pour pas tirer sur nos compagnons et s’assurer que quand on a un ennemi devant nous… on l’engage».

Avec 6 000 militaires dans les secteurs d’entrainement et près de 2 400 véhicules pour un budget total d’environ 30 millions $, Maple Resolve est résolument un casse-tête pour les planificateurs qui ont passé quasiment un an à mettre l’exercice sur pied.

Une des clés de la réussite de l’entraînement est bien entendu le réalisme de celui-ci. C’est pourquoi le Centre de coordination des activités d’influence était en ébullition constante. Grâce aux analystes qui permettent de catégoriser les différentes audiences cibles, l’équipe des plans réfléchissait aux idées avant de réaliser un premier jet et de transmettre cela à l’équipe de production, avant une éventuelle dissémination du produit fini via radio ou sur des posters ou pamphlets.

Les équipes médicales de la 5e Ambulance de campagne ne sont pas restées sur la touche, puisqu’elles ont pratiqué régulièrement leurs techniques d’évacuation allant de la réception de faux blessés en première ligne jusqu’à l’évacuation complète du théâtre d’opérations, en passant par le poste sanitaire d’unité (PSU) notamment à l’aide d’hélicoptères américains UH-60 Black Hawk du Nebraska Army National Guard’s Company G, 2/104th Aviation Regiment.

Avec la présence de nombreux alliés, Maple Resolve permet aux différents acteurs d’interagir dans le cadre d’une coalition.

C’est une première participation à un exercice avec des Canadiens pour le major américain William McGreer, commandant adjoint du 1er bataillon 376e Régiment d’Aviation.

«C’est la première fois que notre bataillon à la chance de travailler avec des partenaires internationaux et c’est un grand début ! Cela signifie beaucoup pour nous parce qu’avec nos partenaires du nord on n’avait pas encore eu cette chance et de le faire ici pour aussi longtemps c’est vraiment fun, ça nous ouvre les yeux et pour beaucoup de nos soldats c’est une première expérience à l’extérieur des États-Unis», raconte le major Mc Greer.

Pour sa part, le capitaine français Patrick, du 4e Régiment de Chasseurs, précise que son unité est jumelée avec le 12e Régiment blindé du Canada et avoir dit oui à une participation conjointe rapidement.

«On apprend des méthodes de travail des Canadiens, notamment dans ce que nous on appelle les méthodes de raisonnement tactiques, que nous on a pas spécialement le même format. Aussi, les mesures de coordinations avec les américains. Ils ont pas les mêmes procédures de mise en place sur le terrain, quelques fois faut faire attention de pas se marcher dessus quand on arrive sur telle ou telle zone. On croit que c’est la notre alors que c’est la leur. Alors il y a des mesures de coordinations à caler en avant de la mission. On apprend énormément !»

De Maple Resolve 18 aux déploiements

Les troupes du 5 GBMC ont réussi leur exercice, puisque le brigadier-général Hercule Gosselin, à la conclusion de Maple Resolve, les a certifié, pour avoir atteint la norme de préparation élevée, et ce, au niveau de bataillon (niv. 6).

Avec cette certification en poche, les hommes et les femmes de Valcartier se préparent désormais à de nombreux défis intéressants au cours des prochains mois.

Le 1er Bataillon Royal 22e Régiment va se déployer en Ukraine, pour donner de la formation aux troupes locales, dans le cadre de l’Opération UNIFIER.

Le 12e Régiment blindé du Canada, ainsi que le 2e Bataillon Royal 22e Régiment et des membres d’autres unités en renfort, se déploieront en Lettonie en janvier 2019, pour l’Opération REASSURANCE et prendront ainsi la tête du groupement tactique multinational de l’OTAN.

Le 3e Bataillon Royal 22e Régiment se déploiera quant à lui au Mali dès cet été, prêter main forte à la force opérationnelle aérienne, composée des 408e et 450e escadrons d’hélicoptères, qui sera intégrée au sein de la MINUSMA, en réalisant des opérations de protection de la force.

Près d’une trentaine d’instructeurs originaires de Valcartier continueront à se déployer au Niger, dans le cadre de l’Opération NABERIUS, pour «de l’instruction en compétences essentielles propres à l’armée d’un élément de la taille d’une compagnie de l’Armée nigérienne dans le but d’augmenter leurs chances de survie lors d’opérations».

Finalement, plusieurs autres membres de la 5e Brigade seront aussi déployés dans d’autres missions à travers le monde, notamment sur Opération ADDENDA, en Afghanistan.

«Peu importe la mission, nos militaires sont amenés en bout de ligne à instaurer un climat, une sécurité, une paix, peu importe l’endroit où ils sont. Que ce soit de développer une capacité en Ukraine, que ce soit en Lettonie pour faire de l’entrainement avec nos alliés. L’idée à la base même est l’établissement d’une sécurité certaine et une vision à long terme de cette sécurité-là. La même chose en Irak quand on contribue avec les forces de la coalition d’un point de vue maintien de sécurité. C’est ça la fierté, c’est d’être capable de faire une différence à l’étranger et de voir nos gens, nos jeunes qui font une différence au quotidien», de conclure le colonel Boivin.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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