Colombie: le nouveau président durcit les conditions du dialogue avec l’ELN

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L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)

Le nouveau président colombien Ivan Duque a annoncé mardi qu’il imposera de nouvelles conditions au dialogue avec les rebelles de l’ELN, et qu’il voulait une « paix crédible » avec la guérilla des FARC déjà dissoute.

Lors d’une rencontre avec la presse, le leader d’une droite dure s’est dit opposé à la poursuite des pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, tant que les violences continuent.

Le nouveau président élu colombien Ivan Duque célèbre sa victoire à Bogota, le 17 juin 2018. (AFP/RAUL ARBOLEDA)
Il demande que l’organisation rebelle armée suspende ses « activités criminelles » et place ses troupes sous « vérification internationale ».

« La seule façon de construire un processus qui donne confiance au peuple colombien est de suspendre toute activité criminelle », a-t-il dit.

Ivan Duque, qui entrera en fonction le 7 août, indique également qu’il s’opposera à ce que les rebelles reçoivent des avantages juridiques et politiques sans avoir à payer d’abord une peine minimale d’emprisonnement.

Cela peut « impliquer une réduction substantielle de peine mais pas l’absence » de prison, a-t-il dit.

Mardi, le négociateur en chef de l’ELN, Pablo Beltrán, a affirmé espérer que le prochain gouvernement poursuivrait le processus de paix qui a débuté en février 2017 et qui se déroule actuellement à La Havane.

Pablo Beltran, le chef des négociations de paix pour la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste) en Colombie, lors d’une interview avec l’AFP,le 7 juillet 2017 à Sangolqui, en Equateur. (AFP/RODRIGO BUENDIA)
« Nous continuons avec l’idée de rester à la table jusqu’au dernier jour, lorsque le président prend ses fonctions. Nous avons un ordre du jour qui a été signé avec un Etat, et nous espérons que s’il y a plus de progrès, la chose la plus rationnelle sera que le nouveau président leur donne une continuité », a déclaré M. Beltran à l’AFP.

Par ailleurs, Ivan Duque a également assuré que son gouvernement veut une « paix crédible » avec l’ ex-guérilla des FARC, ce qui induit des modifications à l’accord de paix signé en 2016.

« Nous n’allons pas déchirer les accords en lambeaux et les modifications se feront sur la base d’une paix qui unit la Colombie, parce que nous ne pouvons pas continuer à être divisés (…) entre amis et ennemis de la paix », a-t-il dit.

Après son élection dimanche, Ivan Duque avait annoncé des « corrections » au pacte qui a conduit au désarmement de 7.000 combattants. Cependant, il n’a pas donné d’indices concrets sur les réformes qu’il a l’intention de mettre en oeuvre.

L’accord de paix signé avec l’ex-président colombien de centre droit, Juan Manuel Santos, prix Nobel de la paix, donne aux anciens guérilleros, réunis sous le parti politique la Farc, une représentation minimale au parlement qui sera installé le 20 juillet.

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