Défense: Paris enrôle huit pays de l’UE dans un groupe européen d’intervention

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Un soldat estonien en entraînement. (DivD)

La France a enrôlé lundi huit partenaires de l’UE dans un groupe européen d’intervention capable de mener rapidement une opération militaire, une évacuation dans un pays en guerre ou d’apporter une assistance en cas de catastrophe.

« Nous voulons développer une coopération entre des pays politiquement volontaires et militairement capables d’intervenir le cas échant, lorsqu’ils le décideront, sur des scénarios variés, pas seulement militaires, mais aussi civils », a expliqué la ministre française aux Armées Florence Parly à l’issue de la signature de l’acte d’engagement, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’UE à Luxembourg.

« On ne peut pas parler d’une force pour désigner l’Initiative européenne d’intervention (IEI), car le terme a une connotation trop strictement militaire, alors que son spectre est beaucoup plus ouvert », a-t-elle répondu à l’AFP. Mme Parly a cité pour exemple l’intervention montée avec les Britanniques et les Néerlandais après le passage de l’ouragan Irma dans les Antilles en septembre 2017.

L’IEI a été voulue par le président Emmanuel Macron pour muscler l’Europe de la Défense et permettre à la France de ne plus agir en solitaire mais avec d’autres pays de l’UE ou non membres de l’UE, a rappelé la ministre des Armées.

Outre la France, les signataires sont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l’Estonie, le Portugal, l’Espagne mais également le Royaume-Uni, qui doit quitter l’Union en mai 2019.

Un dixième pays, l’Italie, avait donné son accord, mais « le nouveau gouvernement a besoin d’un peu de temps pour examiner toutes les options », a expliqué Mme Parly. « Il s’agit plus d’une question de forme que de fonds », a-t-elle assuré.

L’initiative est ouverte à d’autres Etats. « L’objectif est de fédérer tous les pays qui répondent à la double caractéristique d’une capacité militaire et d’une volonté politique d’intervenir de façon active », a précisé la ministre française.

Son homologue allemande Ursula von der Leyen parle de « forum » et insiste sur la nécessité de « l’affilier le plus étroitement possible à la défense européenne, car nos troupes, quand on parle de forces armées, sont soit dans l’Otan, soit dans l’Union européenne, parfois dans les Nations unies ou parfois aussi dans des coalitions contre le terrorisme ».

L’IEI doit « servir la Coopération structurée permanente (CSP, ou PESCO en anglais), pas la dupliquer », a assuré Mme Parly. Mais « elle sera à la main des Etats qui en font partie », a-t-elle précisé.

La CSP, lancée en décembre dans le cadre de l’UE, vise à développer des capacités de défense et à investir dans des projets communs.

« Nous voulons une Europe plus apte à assurer sa propre sécurité », a plaidé la ministre des Armées.

L’initiative se veut en  » complémentarité » avec l’Otan. « L’Europe contribue ainsi de façon concrète à ce que le président américain (Donald Trump) demande pour assurer le bon fonctionnement de l’Alliance », a souligné Mme Parly.

Mais « face aux doutes éventuels (sur l’engagement des Etats-Unis en Europe), les Européens doivent être forts et de plus en plus capables d’assurer leur protection et leur souveraineté », a-t-elle ajouté. Mme Parly s’est dite convaincue que les huit autres pays signataires sont sur cette même ligne.

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