G7: au milieu du fiasco, victoire pour les femmes en zones de conflit

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G7: victoire pour les femmes en zones de conflit au milieu du fiasco. (Twitter/@DevCanada)

Avant que le G7 au Canada tourne au fiasco samedi, Donald Trump retirant d’un tweet rageur son soutien au communiqué commun obtenu dans la douleur en rejetant la faute sur des propos de Justin Trudeau qu’il a sans raison qualifié de «très malhonnête», la ministre canadienne du Développement internationale, Marie-Claude Bibeau, a eu le temps de marquer une victoire inespérée pour les femmes en zones de conflit.

Le Canada et ses partenaires ont pu annoncer hier à La Malbaie un investissement historique dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit.

L’égalité des sexes était un des thèmes majeurs du sommet des 8 et 9 juin et une priorité de premier plan pour le Canada et sa présidence du G7.

À la fin de 2016, il y avait dans le monde 65,5 millions de personnes déplacées de force, dont plus de la moitié étaient des femmes de moins de 18 ans, n’ayant que peu ou pas accès à des possibilités d’apprentissage et à une éducation de qualité.

Les filles sont plus susceptibles d’être retirées de l’école en raison de la pauvreté que provoque le déplacement, elles sont plus susceptibles d’être contraintes de se marier tôt et elles sont touchées de manière démesurée par la violence sexuelle et la violence fondée sur le sexe.

Le Canada, de concert avec l’Allemagne, la Banque mondiale, le Japon, le Royaume-Uni, et l’Union européenne a annoncé samedi un investissement de près de 3,8 milliards de dollars canadiens, le plus important jamais réalisé dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit.

Cet investissement, a souligné Ottawa, pourrait changer la vie de millions de femmes et de filles parmi les plus vulnérables dans le monde.

Ces investissements visent notamment à promouvoir une meilleure coordination entre les partenaires humanitaires et du développement;
soutenir des méthodes d’éducation innovatrices, en particulier pour les groupes vulnérables et difficiles à desservir, dont les réfugiés et les personnes déplacées;

«Nous devons travailler ensemble pour veiller à ce que les femmes et les filles aient accès à une éducation de qualité et à une formation axée sur les compétences qui soit moderne. De l’école primaire à l’école secondaire, et par la suite, les femmes et les filles dans les situations de crise et de conflit doivent avoir une chance égale de réussir. Le fait d’investir dans leur éducation n’est pas seulement la bonne chose à faire, mais bien un choix intelligent. Nous savons que, si elles en ont la chance, les femmes et les filles seront le moteur de changements positifs. Elles pourront améliorer leur vie, celle de leur famille et de leur communauté et, du même coup, transformer notre monde.», a déclaré le président de ce sommet, le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Dans le cadre de leur annonce de fonds, les partenaires internationaux se sont engagés à réaliser les investissements suivants:

Le Canada investit 400 millions de dollars canadiens sur trois ans, en plus de l’investissement en janvier 2018 de 180 millions de dollars au Partenariat mondial pour l’éducation pour la période de 2018 à 2020.

L’Allemagne investit 75 millions d’euros.

La Banque mondiale investit 2 milliards de dollars américains sur cinq ans.

Le Japon investit 200 millions de dollars américains dans une éducation de qualité pour les filles et les femmes, y compris celles dans les situations d’urgence ou les États fragiles et touchés par un conflit.

Le Royaume-Uni investit 187 millions de livres, s’appuyant sur l’annonce que la première ministre May a faite à la Réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth du mois d’avril, quand elle a promis de verser 212 millions de livres pour offrir des possibilités d’apprentissage à près d’un million de filles des pays en développement du Commonwealth.

L’Union européenne investit 72 millions d’euros sur trois ans.

En février 2018, la France s’est engagée à verser 200 millions d’euros au Partenariat mondial pour l’éducation afin de soutenir l’éducation des filles et d’aider à renforcer les systèmes d’éducation dans les pays en développement.

Avant la victoire, les participants à la réunion auront eu chaud: la réunion a commencé dans la confusion alors que le président américain, qui était arrivé au sommet le dernier et allait repartir le premier du cossu Manoir Richelieu, s’est présenté en retard à la séance, faisant son apparition alors qu’Isabelle Hudon, coprésidente du comité et ambassadrice du Canada à Paris, faisait son introduction, se méritant un regard «glacial» de son «ami» Macron.

Sur les autres thèmes touchant la sécurité, dans une tentative, finalement vaine, d’amadouer Donald Trump,le consensus a été pour le moins timide: sur l’Iran, le groupe des sept s’est engagé à empêcher Téhéran de développer l’arme nucléaire, mais sans mentionner l’accord nucléaire que vient de déchirer le président américain.

Le G7 a toutefois appelé la Russie à « cesser de saper les systèmes démocratiques » et à abandonner « son soutien au régime syrien », sans aucune mention, bien sûr, de la proposition provocatrice qu’a sorti Donald Trump de son chapeau de réintégrer Moscou à ce club qui l’avait exclu après l’annexion de la Crimée en 2014.

Mais, pendant que le président américain défiait ses alliés à La Malbaie, la Russie, elle accordait ses violons avec la Chine et l’Iran, à l’occasion de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui a réuni plusieurs pays d’Asie centrale et du sud ce week-end dans la grande ville côtière de Qingdao.

Moscou, comme Pékin, voit dans l’Organisation de Shanghai un moyen de faire pièce à l’influence des Etats-Unis et à l’Otan.

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