Gaza: Israël frappe 25 objectifs en riposte à des tirs de roquettes

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Un raid israélien sur la ville de Gaza en janvier 2013.(Archives/Itamar Hassan)

Des avions israéliens ont mené dans la nuit de mardi à mercredi une série de raids contre des positions du Hamas dans la bande de Gaza en réponse à un barrage de roquettes et d’obus de mortier rappelant l’extrême volatilité de la situation autour de l’enclave.

Les appareils israéliens ont frappé 25 positions de la branche armée du mouvement islamiste, dans un climat de tensions avivées dans et autour du territoire palestinien sous blocus, a indiqué l’armée.

Plus de 45 roquettes et obus de mortier ont été tirés en direction d’Israël à partir de l’enclave coincée entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée, a-t-elle dit.

Cinq Palestiniens ont été légèrement blessés par les frappes, selon des sources médicales gazaouies.

Aucune victime n’a été rapportée côté israélien. Mais une grande partie des quelque 200 000 Israéliens vivant à proximité immédiate de Gaza ont passé la nuit dans les abris au rythme des alertes.

Le système de défense anti-aérienne israélien a intercepté sept projectiles palestiniens, un grand nombre se sont perdus en terrain découvert, mais trois sont retombés, sans causer de victime, dans des zones habitées, dont l’un près d’un jardin d’enfants, inoccupé à cette heure.

Il s’agit du deuxième épisode du genre en trois semaines, faisant redouter une nouvelle escalade. Gaza et ses alentours avaient connu le 29 mai la confrontation la plus sévère entre l’armée israélienne et groupes armés palestiniens depuis la guerre de 2014.

Israël avait alors frappé des dizaines de positions du Hamas en représailles au tir d’une centaine de roquettes et d’obus.

L’armée israélienne a imputé la plupart des tirs de la nuit au Hamas, indiquant que d’autres groupes y avaient pris part, mais répétant tenir le mouvement islamiste pour responsable de tous les agissements malveillants en provenance du territoire qu’il dirige sans partage.

Israël et le Hamas ainsi que ses alliés palestiniens se sont livré trois guerres depuis 2008. Les deux camps observent depuis 2014 un cessez-le-feu régulièrement mis à l’épreuve. Différents acteurs internationaux s’alarment du risque d’une nouvelle guerre, devant la succession des actes hostiles de plus en plus rapprochés, l’absence de toute perspective d’un règlement et la dégradation de la situation humanitaire et économique dans Gaza.

Les tensions se sont accrues avec le début, le 30 mars, d’une mobilisation dans la bande de Gaza contre le blocus et pour le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Israël justifie le blocus imposé à Gaza par la nécessité de contenir le Hamas.

Au moins 132 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars, la très grande majorité dans des heurts avec les soldats israéliens postés le long de la frontière.

La mobilisation a faibli récemment, mais Israël cherche à grand-peine la parade à l’envoi massif de cerfs-volants et de ballons incendiaires qui, lancés de la bande de Gaza, ont mis le feu à des milliers d’hectares de son territoire.

Les émissaires de Trump dans la région

Le phénomène donne lieu à une surenchère politique israélienne sur les moyens de le contrer. Au nom de la riposte proportionnée et dans le souci d’éviter l’escalade, l’armée israélienne a résisté aux appels à éliminer les cerfs-volistes. Mais elle a accentué la réponse militaire en frappant des positions du Hamas.

Les hostilités de la nuit, comme celles du 29 mai, n’ont pas fait de mort et les deux camps semblent s’employer à enrayer l’engrenage. Cependant, le Hamas, affaibli et isolé, paraît avoir décidé de fixer des limites aux agissements militaires israéliens.

L’accès de la fièvre de la nuit est survenu à la suite de frappes israéliennes contre trois positions militaires du Hamas, menées selon l’armée en représailles à l’envoi incessant de cerfs-volants et de ballons incendiaires.

Un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a indiqué que l’armée s’était contentée jusqu’alors d’adresser des avertissements verbaux aux cerfs-volistes ou de procéder à des tirs de mise en garde dans leur proximité. «Mais cette situation pourrait changer», a-t-il dit.

Ces cerfs-volants «ont l’air de jouets, mais je vous assure que ce ne sont pas des jouets, ce sont des armes destinées à tuer et à causer des dégâts», a-t-il dit à la presse.

Les échanges belliqueux de la nuit se sont produits alors que les émissaires du président américain Donald Trump sont arrivés dans la région pour faire avancer le projet de plan de l’administration face à l’inextricable conflit israélo-palestinien.

Le pessimisme est très partagé quant aux chances de succès d’un tel plan. Les interrogations sont profondes aussi quant à la manière dont ce plan prendrait en compte la situation gazaouie.

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