Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit

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Une jeune mère tient dans ses bras sa fille Gladys, du nom de l’officier de police de l’ONU qui l’a aidée lorsqu’elle est tombée enceinte après avoir été violée à l’âge de 13 ans. Bangui, République centrafricaine. (ONU/Eskinder Debebe)

Les ministres canadiens des Affaires étrangères, de la Défense nationale et du Développement international, Chrystia Freeland, Harjit Sajjan et Marie-Claude Bibeau, dont le gouvernement est à l’avant-garde de la lutte pour l’égalité avec sa politique d’aide internationale féministe et à son plan national d’action sur les femmes, la paix et la sécurité, ont souligné aujourd’hui la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflits.

«Aujourd’hui, nous rendons hommage à tous les survivants et toutes les victimes de violence sexuelle en situation de conflits, notamment les femmes et les filles qui représentent la grande majorité des personnes touchées par ces abus.», ont déclaré les ministres canadiens.

«Inspirés par le courage et la résilience de toutes celles qui ont souffert, nous demandons que les auteurs de ces crimes odieux soient poursuivis dans toute la force du droit international. Il ne peut y avoir d’impunité pour une conduite aussi méprisable. Pas pour les soldats. Ni pour les civils. Ni pour ceux qui sont envoyés pour maintenir la paix et fournir de l’aide.»

Les effets de la violence sexuelle liée aux conflits se répercutent entre générations, à travers les traumatismes, la stigmatisation, la pauvreté, la mauvaise santé et les grossesses non désirées, explique de son côté l’ONU, qui a tenu une table ronde au Siège de l’Organisation à New York le mardi 19 juin 2018, de 15h30 à 17h30, au cours de laquelle on s’est penché sur la façon dont les leçons de l’histoire peuvent être appliquées aux sociétés contemporaines en situation de conflit et de post-conflit, dans lesquelles les femmes et les enfants libérés des groupes extrémistes armés et violents luttent pour réintégrer leurs familles et leurs communautés.

La table ronde à laquelle participait le Canada, a abordé des stratégies telles que l’enrôlement de leaders religieux et traditionnels pour aider à changer les normes sociales nuisibles et dissiper la perception dont ces enfants et leurs mères sont victimes.

La stigmatisation associée à la violence sexuelle peut avoir des répercussions à vie, et parfois mortelles, à la fois pour les survivantes du viol et les enfants qui en sont issus.

«Au cours des derniers mois, il a été démontré que le viol et la violence sexuelle ont été largement utilisés comme arme de guerre en Syrie. Des rapports sur la situation au Myanmar indiquent que des militaires, des membres des forces de sécurité et des milices ont aussi recours à des méthodes semblables pour brutaliser et déshumaniser les Rohingyas. Nous avons également appris qu’il existe des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité, y compris le viol et d’autres formes de violence sexuelle, ont été commis au Venezuela.», ont déclaré aujourd’hui les ministres canadiens.

Le Canada est à l’avant-garde de ce combat: «Grâce à sa politique d’aide internationale féministe et à son plan national d’action sur les femmes, la paix et la sécurité qui visent à s’attaquer aux taux inacceptables de violence sexuelle et de violence fondée sur le genre subie par les femmes et les filles, le Canada poursuit ses objectifs de justice et de responsabilisation en leur nom.»

En novembre 2017, au Sommet de l’ONU sur le maintien de la paix à Vancouver, le Canada avait invité ales autres pays à s’attaquer avec lui au problème de l’égalité des sexe et de l’autonomisation des femmes avec l’initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix pour accroître la proportion de femmes déployées dans les opérations de paix des Nations Unies.

Et l’égalité des sexes était un des thèmes majeurs du sommet des 8 et 9 juin du G7 et une priorité de premier plan pour le Canada et sa présidence du sommet où la ministre canadienne du Développement internationale, Marie-Claude Bibeau, a marqué une victoire inespérée pour les femmes en zones de conflit.

Le Canada, de concert avec l’Allemagne, la Banque mondiale, le Japon, le Royaume-Uni, et l’Union européenne a annoncé samedi un investissement de près de 3,8 milliards de dollars canadiens, le plus important jamais réalisé dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit.Cet investissement, avait alors souligné Ottawa, pourrait changer la vie de millions de femmes et de filles parmi les plus vulnérables dans le monde.

Aujourd’hui, en «En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflits, nous condamnons ceux qui terrorisent les populations civiles pacifiques. Nous les condamnons chaque jour, car ces atrocités doivent cesser. Il faut que justice soit faite. De concert avec la communauté internationale, nous devons nous mobiliser pour dire: c’est assez!», réaffirme avec force le Canada par la bouche des minitres Freeland, Sajjan et Bibeau.

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