Le conseiller de Trump doute de la volonté d’Abbas de parvenir à un accord avec Israël

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Jared Kushner (C), conseiller et gendre du président américain Donald Trump, le 14 mai 2018 lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem. (AFP/Archives/MENAHEM KAHANA)

Le conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, qui effectue une tournée dans la région, s’est interrogé dimanche sur la capacité mais aussi la volonté du président palestinien Mahmoud Abbas de faire des concessions en vue d’un accord de paix avec Israël.

Dans une rare interview accordée au journal palestinien Al-Qods, le gendre de Donald Trump a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de relancer le processus de paix israélo-palestinien, avec ou sans les Palestiniens.

« Le président (Mahmoud) Abbas dit qu’il est attaché à la paix et je n’ai aucune raison de ne pas le croire », a déclaré M. Kushner à Al-Qods. « Cependant, je me demande dans quelle mesure le président Abbas a la capacité ou la volonté de s’engager afin de conclure un accord ».

« Les deux parties devront faire un pas en avant et se retrouver à mi-chemin (…). Je ne suis pas sûr que le président Abbas soit en mesure de faire cela », a-t-il ajouté.

Après son arrivée à la Maison blanche en janvier 2017, Donald Trump a chargé Jared Kushner de formuler un plan en vue de parvenir à un « accord ultime » entre Israël et les Palestiniens.

Depuis le 19 juin, M. Kushner a rencontré différents dirigeants régionaux, dans le cadre d’une discrète tournée effectuée en compagnie de l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt.

– « Politique qui contraint » –

Aucune rencontre n’est toutefois prévue avec les responsables palestiniens: les contacts entre l’Autorité palestinienne et Washington sont rompus depuis que Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre.

Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme leur future capitale, insistant sur le fait que le statut de la ville doit être négocié dans le cadre d’un accord de paix, comme le préconise la communauté internationale.

Au journal Al-Qods, Jared Kushner a affirmé que le plan américain, dont aucun détail précis n’a filtré, était « presque prêt », et qu’il pourrait être présenté sans le consentement des Palestiniens.

« Si le président Abbas est prêt à revenir à la table (des négociations), nous sommes prêts à discuter, sinon nous publierons probablement le plan », a-t-il dit.

Le haut responsable palestinien Saëb Erakat a réagi en estimant que le gendre du président Trump était « le représentant d’une politique qui contraint plutôt que négocie ».

Dans un communiqué, il a déploré le refus des Etats-Unis « de mentionner les droits des Palestiniens ou un Etat palestinien ».

Selon M. Erakat, le plan américain « consolide la mainmise coloniale d’Israël sur les terres et les vies palestiniennes ».

Mais « la Palestine et les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre », a-t-il ajouté, en référence aux propos de M. Kushner pour qui la paix permettrait aux Palestiniens d’atteindre une certaine prospérité économique.

MM. Kushner et Greenblatt se sont rendus en Jordanie, en Arabie Saoudite et en Egypte. Ils ont rencontré vendredi et samedi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’est félicité de ces entretiens, évoquant un « soutien (américain) total » à Israël.

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