Les exercices soi-disant «provocateurs» de Washington et Séoul

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Des membres des forces américaines et sud-coréennes opèrent le centre de contrôle aérien du théâtre à la base aérienne d’Osan, en Corée du Sud, lors de l’exercice militaire conjoint annuel dit «Ulchi Freedom Guardian» (UFG), en août 2015. (Des portions de l’image sont volontairement floues pour des raisons de sécurité.(Archives/U.S. Air Force)

La décision choc de Donald Trump de suspendre les manœuvres militaires conjointes avec Séoul, annoncée lors de son sommet avec Kim Jong Un, semble être une concession majeure à Pyongyang et a pris de court les alliés de Washington.

La Corée du Nord réclame depuis longtemps la fin de ces exercices qu’elle considère comme la répétition de l’invasion générale de son territoire. Pyongyang a souvent réagi en menant ses propres opérations militaires.

Lors d’un point de presse à Singapour mardi, M. Trump a annoncé la fin des exercices qu’il a lui-même qualifiés de « très provocateurs », son secrétaire d’Etat Mike Pompeo soulignant que cet arrêt était conditionné à la poursuite de négociations « productives » avec les Nord-Coréens.

Séoul et Tokyo semblent avoir été pris de court, le ministre japonais de la Défense évoquant des manœuvres « vitales » pour la sécurité régionales.

Il existe un précédent: les « jeux de guerre » avaient été suspendus dans les années 1990 durant des négociations pour limiter les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Voici quelques éléments sur les principaux exercices.

– Key Resolve et Foal Eagle –

Des marines sud-coréens en position après être tout juste descendus d’un hélicoptère CH-53 Sea Stallion pendant l’exercice conjoint américano-sud-coréen helicopter Foal Eagle, en Corée du Sud (U.S. Marine Corps Photo : Archives / sergent Freddy G. Cantu, US marine Corps)

Key Resolve est un exercice de commandement à base de simulations sur ordinateur, qui commence généralement en mars et dure une dizaine de jours.

Il accompagne Foal Eagle, qui mobilise plus de 200.000 soldats sud-coréens et environ 30.000 soldats américains, dont plusieurs milliers dépêchés pour l’occasion, et dure deux mois.

Cette année, ces manœuvres avaient été repoussées pour éviter qu’elles ne coïncident avec les jeux Olympiques d’hiver organisés en Corée du Sud.

Le Nord a dépêché des athlètes, des pom-pom girls et Kim Yo Jong, la soeur cadette du dirigeant nord-coréen, aux JO de Pyeongchang, déclencheurs de la spectaculaire détente qui a culminé cette semaine avec le sommet Etats-Unis/Corée du Nord.

Foal Eagle a également été raccourci d’un mois cette année à la faveur de ce rapprochement.

– Max Thunder –

Un F-16 Fighting Falcon décolle de la base aérienne de Kunsan en Corée du Sud lors de l’exercice Max Thunder 2013 (Archives/U.S. Air Force/Senior Airman Armando A. Schwier-Morales)

Max Thunder est un exercice aérien massif qui dure généralement deux semaines.

Cette année, il a eu lieu en mai, mobilisant une centaine d’avions, dont des avions de chasse furtifs américains F-22 « Raptor », la bête noire de la Corée du Nord, qui voit dans ces appareils la menace de frappes chirurgicales.

Pyongyang a protesté avec force, menaçant d’annuler le sommet avec les Etats-Unis et reportant une rencontre militaire avec Séoul.

– Ulchi Freedom Guardian –

Cet exercice d’une durée de deux semaines commence généralement en août. Il s’agit également d’un exercice de commandement simulé sur ordinateur mais Pyongyang le considère comme hautement provocateur.

L’année dernière, le Nord avait tiré quatre missiles balistiques près du Japon.

Corée du Sud: les principales manœuvres militaires bel et bien «suspendues indéfiniment»

Tentant de se faire rassurant, Mike Pompeo avait confirmé mercredi au lendemain de l’annonce-surprise de Donald Trump que l’arrêt des exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul était conditionné à la poursuite de négociations «productives» et «de bonne foi» avec les Nord-Coréens pour la mise en oeuvre de l’accord de Singapour, mais Les principales manœuvres militaires conjointes américano-coréennes, qui se tiennent régulièrement, sont « suspendues indéfiniment », a indiqué jeudi à l’AFP un haut responsable américain.

Donald Trump avait annoncé à la surprise générale dans la cité-État la fin de ces manœuvres, qu’il avait lui-même qualifiées de «très provocatrices».

« Les principales manoeuvres sont suspendues indéfiniment sur la Péninsule coréenne », a déclaré ce responsable ayant requis l’anonymat, deux jours après l’annonce surprise du président américain Donald Trump d’arrêter les exercices militaires « provocateurs » après sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Le prochain exercice conjoint prévu, nommé Ulchi Freedom Guardian, devait se tenir fin août-début septembre, comme tous les ans.

La Corée du Nord réclame depuis longtemps la fin de ces exercices qu’elle considère comme la répétition de l’invasion générale de son territoire. Pyongyang a souvent réagi en menant ses propres opérations militaires.

Lors d’un point de presse à Singapour mardi, M. Trump a annoncé la fin des exercices sans toutefois préciser quand cette suspension entrerait en vigueur, son secrétaire d’Etat Mike Pompeo soulignant que cet arrêt était conditionné à la poursuite de négociations « productives » avec les Nord-Coréens.

Séoul et Tokyo semblent avoir été pris de court par cette annonce, apparue comme une grosse concession américaine à Kim Jong Un, le ministre japonais de la Défense évoquant des manoeuvres « vitales » pour la sécurité régionales.

Il existe un précédent: les « jeux de guerre » avaient été suspendus dans les années 1990 durant des négociations pour limiter les ambitions nucléaires de Pyongyang.

*Avec AFP

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