Nucléaire: le guide suprême iranien met en garde l’UE

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Photo obtenue auprès des services du guide suprême iranien montrant l’ayatollah Ali Khamenei saluant la foule lors de la cérémonie organisée pour le 29e anniversaire de la mort de l’ayatollah Khomeney, le 4 juin 2018 à Téhéran. (KHAMENEI.IR/AFP/HO)

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a mis en garde lundi les Européens contre le « rêve » de croire que son pays pourrait continuer d’accepter de brider son programme nucléaire tout en se retrouvant sous sanctions économiques.

« Certains pays européens (disent attendre) du peuple iranien qu’il tolère d’être sous sanctions (…), qu’il abandonne ses activités en matière d’énergie nucléaire et qu’il continue (d’observer) les restrictions » en la matière imposées par l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 récemment dénoncé par les États-Unis, a déclaré M. Khamenei dans un discours à Téhéran.

« Je dis à ces pays qu’ils doivent être conscients qu’il s’agit là d’un rêve qui ne se réalisera pas. Le peuple et le gouvernement d’Iran ne toléreront jamais de devoir supporter à la fois des sanctions et des limitations en matière nucléaire. Cela n’arrivera jamais », a ajouté le numéro un iranien, qui s’exprimait à l’occasion du 29e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Khomeiny.

Le président américain Donald Trump a annoncé le 8 mai qu’il retirait son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu de haute lutte en juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et le Groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Cette décision avait ouvert la voie à un rétablissement de toutes les sanctions économiques américaines contre l’Iran qui avaient été levées en vertu de l’accord nucléaire.

L’accord de Vienne a permis de réintégrer l’Iran dans le concert des nations en permettant une levée partielle des sanctions internationales contre la République islamique. En échange, Téhéran a accepté de brider pour plusieurs années son programme nucléaire afin d’apporter l’assurance que celui-ci n’a aucune visée militaire.

M. Khamenei et divers dirigeants iraniens ont déjà prévenu à plusieurs reprises que l’Iran pourrait quitter l’accord de Vienne s’il n’y trouve plus son compte, notamment en matière de retombées économiques.

Le guide suprême a fixé le 23 mai une série de conditions aux Européens pour permettre à l’Iran de rester dans l’accord. Mais ceux-ci ont une marge de manœuvre réduite pour préserver les intérêts économiques de l’Iran.

Lundi, peu après le discours de M. Khamenei, le constructeur automobile français PSA, revenu en Iran après 2015, a annoncé qu’il préparait son retrait du pays afin de se conformer aux sanctions américaines.

Pour les mêmes raisons, le groupe pétrolier français Total, autre entreprise emblématique du retour de groupes étrangers en Iran après 2015, a fait savoir le 1er juin que la probabilité qu’il y reste était « très faible ».

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