Recrutement atteint pour la force régulière, mais loin du compte pour la réserve

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Les locaux du CRFC Québec situés dans l’écoquartier d’Estimauville, inaugurés le 15 juillet 2015. (Archives/MDN)

Les derniers chiffres de recrutement montrent que l’objectif dans la Force régulière a été atteint pour l’année 2017-2018, mais que la Première réserve souffre d’un déficit chronique.

Une force régulière en forme pour le recrutement, mais…

Les Forces armées canadiennes ont enrôlés 5 032 Canadiens et Canadiennes dans la Force régulière durant l’année fiscale 2017-2018 alors que l’objectif de recrutement était de 5 000, ce qui porte le nombre de militaires à 66 653 pour un effectif autorisé de 68 000.

Le major André Berdais, du Groupe de recrutement des Forces canadiennes, explique en effet que les Forces reçoivent près de 4 600 demandes… chaque mois pour intégrer la force régulière !

623 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Atlantique (responsable du recrutement dans les quatre provinces des
Maritimes)

1221 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Québec

808 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Le Nord et l’Est de l’Ontario (et également responsable pour le recrutement
dans la région de Gatineau, Québec)

1071 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Le Sud-Ouest de l’Ontario

840 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Les Prairies et le Nord

469 enrôlés Centre de recrutement des Forces canadiennes – Pacifique (responsable pour la Colombie Britannique)

5032 enrôlés Total

Mais, il manque cependant encore de nombreux spécialistes, surtout dans les métiers plus techniques. L’objectif de recrutement pour l’année fiscale 2018-2019 a donc été porté à 5 364.

Et, bien sûr, certaines occupations restent prioritaires et d’autres critiques pour les Forces armées canadiennes. Voici donc la liste la plus récente des occupations prioritaires et critiques pour les Forces armées canadiennes est la suivante :

Occupations prioritaires:

  • Communicateur naval/Communicatrice navale
  • Opérateur/Opératrice d’équipement d’information de combat (Marine)
  • Opérateur/Opératrice de sonar
  • Opérateur/Opératrice de détecteurs électroniques (Marine)
  • Spécialiste des systèmes de communication et d’information de l’Armée canadienne
  • Officier des systèmes de combat aérien
  • Médecin militaire
  • Technicien/Technicienne en approvisionnement
  • Technicien/Technicienne en génie des armes
  • Officier du génie électrique et de communications (Air)
  • Cyberopérateur/Cyberopératrice
  • Dentiste militaire
  • Technicien/Technicienne en dessin et arpentage
  • Technicien /Technicienne en météorologie
  • Travailleur social /Travailleuse sociale

Occupations critiques:

  • Soldat de l’artillerie
  • Administrateur/ Administratrice des services financiers
  • Officier du contrôle aérospatial
  • Opérateur / Opératrice de contrôle aérospatial
  • Chercheur / Chercheuse en communications
  • Administrateur / Administratrice des ressources humaines

En juin 2017, le ministre Sajjan dévoilait après une année de consultation la nouvelle politique de défense tant attendue qui prévoyait que l’effectif de la Force régulière sera accru de 3 500 militaires (pour atteindre 71 500 au total) et que l’effectif de la Première Réserve sera accru de 1 500 militaires (pour atteindre 30 000 au total).

Il y a donc loin de la coupe aux lèvres.

Si les chiffres de recrutement sont excellents et montrent une véritable constante du nombre de personnes qui veulent devenir et deviennent effectivement des militaires en uniforme, le nombre de libérations volontaires ou non vient contrebalancer ces bons résultats.

Avec près de 5 300 libérations au même moment que 5 000 personnes devenaient membres de la force régulière, le solde est donc négatif.

La différence est mince et si on se réfère aux résultats passés, on aurait donc des raisons d’être optimistes, mais, évidemment, tout dépendra du taux d’attrition que nous réserve l’avenir.

Une réserve en danger ?

Si du côté de la force régulière les chiffres sont plutôt bons malgré tout, ce n’est pas le cas pour la Première réserve qui continue de perdre année après année des membres, sans pouvoir combler le vide par le recrutement.

Ainsi, au 31 mars 2018, alors que les effectifs autorisés sont de 27 000, il n’y a eu que 21 885 membres qui étaient dans les faits présents au sein des différentes unités de réserve à travers le pays.

Lors de l’année écoulée, les Forces armées canadiennes avaient comme cible de recrutement, le nombre de 5 578 réservistes, or ils ne furent que 3 812 à être effectivement enrôlés !

De plus, ils étaient tout près de 4 000 à être dans le même temps libérés des Forces.

Plusieurs unités à travers le pays manquent notamment d’officiers et de caporaux chefs et sergents, créant un gap entre les nouveaux entrants et les plus anciens.

L’état final souhaité de l’effectif de la Première réserve, qui n’inclut pas La Réserve supplémentaire, les Rangers Canadiens et le Service d’administration et d’instruction des organisations de cadets, est d’atteindre 30 000 réservistes d’ici à plusieurs années. Or, on le voit avec les chiffres de recrutement actuels et de libérations, cela sera difficile et compliqué.

Les efforts sont pourtant particulièrement nombreux d’un océan à l’autre avec des portes ouvertes et des initiatives réalisées par les unités elles-mêmes et les Groupes-brigades.

En interview pour 45eNord.ca, le lieutenant-général Chuck Lamarre, commandant du Commandement du personnel militaire, explique que l’objectif fixé par la nouvelle politique de défense de 30 000 membres pour la réserve et 71 500 pour la régulière doit se faire sur plusieurs années grâce à une multitude d’initiatives et d’activités entourant le recrutement, mais surtout la rétention (entraînement, emploi, gestion des carrières, alignement des politiques en ressources humaines, etc.).

C’est justement là la clé de tout: la rétention !

Dans la réserve comme dans la régulière, le nombre de libérations dépasse en effet celui du nombre d’enrôlements. Le major Berdais explique que le défi est de démontrer aux citoyens ce que les Forces armées canadiennes ont de plus que dans le civil, et ce, au moment où le Canada vit dans une période de plein emploi et où la compétition fait rage dans le civil pour embaucher ou débaucher les meilleurs.

Force régulière 2017-2018

Effectif autorisé : 68 000
Effectif réel : 66 653

Objectif de recrutement : 5 000
Enrôlements : 5 032
Libérations : 5 289

Force de Première réserve 2017-2018

Effectif autorisé : 27 000
Effectif rémunéré moyen : 21 885

Objectif de recrutement : 5 578
Enrôlements : 3 812
Libérations : 3 930

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