ONU: plus de 10 000 enfants ont été tués ou mutilés lors de conflits l’an dernier

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Au total, plus de 21 000 violations des droits de l’enfant ont été signalées en 2017 – une forte augmentation par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel «Enfants et conflits armés».(AHMAD AL-MSALAM/AFP)

Plus de 10 000 enfants ont été tués ou mutilés lors de conflits armés dans le monde l’année dernière, tandis que d’autres ont été violés, enrôlés de force comme soldats ou attaqués dans des écoles et des hôpitaux, selon un rapport des Nations unies.

Au total, plus de 21 000 violations des droits de l’enfant ont été signalées en 2017 – une forte augmentation par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel «Enfants et conflits armés».

L’ONU attribue à une coalition arabe soutenue par les États-Unis et qui combat au Yémen au moins la moitié des plus de 1300 décès ou blessures d’enfants enregistrés dans cette nation pauvre.

Ils ont été victimes d’attaques aériennes et terrestres perpétrées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis contre des rebelles houthis opposés au gouvernement internationalement reconnu du Yémen.

Parmi les victimes recensées dans le rapport figuraient des enfants soldats âgés de 11 ans qui combattaient dans la guerre civile au Yémen et dans d’autres pays, selon l’ONU.

«Le fait est que ces enfants ne devraient pas être traités comme des enfants d’un Dieu inférieur; ils méritent les mêmes droits que tous les enfants, de vivre leur vie au moins de manière significative et d’avoir une chance de récupérer», a déclaré Virginia Gamba, la représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés.

Elle a ajouté que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a été «indigné» par le rapport.

Les 21 000 violations des droits de l’enfant concernent 10 000 personnes tuées ou mutilées, notamment en Irak, au Myanmar, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud, en Syrie et au Yémen, selon le rapport.

Le nombre total de cas recensés en 2016 est en nette augmentation. «Le secrétaire général est indigné par ce nombre, une augmentation significative par rapport aux années précédentes», a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Parmi les conclusions du rapport:

Près de la moitié des 881 petites victimes confirmées au Nigéria sont le résultat d’attentats-suicides, y compris l’utilisation d’enfants comme bombes humaines. Plus de 1900 enfants ont été détenus en raison de leur association présumée ou de l’association présumée de leurs parents avec l’organisation militante Boko Haram.

Au moins 1036 enfants ont été détenus dans des centres irakiens pour des raisons de sécurité nationale, principalement pour leur association présumée avec Daech (le groupe armé État islamique).

Mille deux cent vingt et un enfants ont été recrutés et utilisés comme soldats au Soudan du Sud.

Le groupe extrémiste somalien al-Shaabbab aurait enlevé plus de 1600 enfants; certains ont été envoyés au combat et d’autres victimes de violences sexuelles.

Les enfants au Myanmar, au Soudan du Sud, en Syrie et au Yémen ont été privés d’une aide vitale.

Des enfants syriens ont été pris au piège dans des zones assiégées, alors que leurs conditions de vie se détérioraient.

Mme Gamba a indiqué que les forces gouvernementales dans plusieurs pays étaient responsables d’environ 9000 violations.

«Le rapport détaille les violences indicibles auxquelles les enfants ont été confrontés et montre comment, dans trop de situations de conflit, les parties au conflit ne tiennent aucun compte des mesures qui pourraient contribuer à protéger les plus vulnérables des effets de la guerre, a-t-elle dénoncé. Quand votre maison ou votre école peuvent être attaquées sans scrupules, quand les refuges traditionnels deviennent des cibles, comment les garçons et les filles peuvent-ils échapper à la brutalité de la guerre? C’est méprisable.»

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