Trudeau veut discuter à Bruxelles de «la conduite agressive et illégale de la Russie»

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Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, accueille le premier ministre canadien Justin Trudeau, le 25 mai 2017. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le premier ministre Justin Trudeau, qui a annoncé cette semaine qu’il se rendra à Bruxelles, en Belgique, pour participer au Sommet de l’OTAN les 11 et 12 juillet 2018, compte y discuter avec ses alliés d’enjeux liés à la sécurité, notamment concernant «la conduite agressive et illégale de la Russie».

Alors que dans une lettre au Premier ministre Justin Trudeau datée du 19 juin, le président américain fait état d’une « frustration croissante aux Etats-Unis que des alliés clés comme le Canada n’aient pas augmenté leurs dépenses de défense comme promis», le Canada, qui a fait passer ses dépenses de défense de 0,99% à 1,29%, compte bien faire valoir sa contribution à l’OTAN.

Compte tenu de l’instabilité internationale continue, les alliés de l’OTAN ont décidé, lors du Sommet de Varsovie en juillet 2016, de renforcer davantage la position de l’Alliance afin de dissuader toute agression possible contre des membres de l’OTAN.

Et, pendant que M. Trump semble incapable de critiquer directement son homologue russe, le Canada a, lui, répondu présent sans se faire prier.

L’élément le plus visible du renforcement de cette position de dissuasion et de défense est sans contredit l’établissement d’une présence avancée renforcée en Europe centrale et en Europe de l’Est où le Canada a déployé des militaires dans le cadre de l’opération REASSURANCE et où il dirige un groupement tactique multinational en Lettonie.

«L’OTAN est une pierre angulaire de la politique de sécurité internationale du Canada, ainsi qu’une alliance importante qui nous aidera à accroître la stabilité d’un monde en évolution rapide, a dit le premier ministre par communiqué. Ensemble, nous discuterons des mesures que nous pouvons et devons prendre pour assurer la paix et la sécurité dans nos pays et à travers le monde.», a déclaré le premier ministre canadien.

Les dirigeants de l’OTAN, affirme le communiqué du bureau du premier ministre qui annonce la participation de Justin Trudeau au sommet, parleront notamment des différentes avenues de collaboration possible en vue de renforcer l’ordre international fondé sur des règles et d’assurer la protection des citoyens.

Les dirigeants de l’OTAN examineront les meilleurs moyens de renforcer notre sécurité commune, notamment en réagissant aux menaces nouvelles et changeantes ainsi qu’en organisant des entraînements et des activités de renforcement des capacités avec d’autres pays et des organisations partenaires.

Depuis 2014, le Canada travaille activement aux côtés des alliés de l’OTAN à maintenir la sécurité et la stabilité en Europe centrale et en Europe de l’Est, notamment en offrant de la formation, en participant à des exercices et en exécutant d’autres tâches opérationnelles et , lors de toutes ses discussions et séances de travail, le premier ministre Trudeau compte bien réaffirmer l’engagement du Canada à jouer un rôle actif au sein de l’Alliance et à être un partenaire solide et constructif sur la scène internationale.

Le premier ministre Trudeau réitérera également à l’occasion du sommet le soutien du Canada à l’Ukraine. où le Canada mène l’opération UNIFIER, visant à soutenir les forces armées ukrainiennes en Ukraine, principalement en leur offrant de l’aide en matière d’instruction militaire.

En date du 1 juin 2018, la Force opérationnelle interarmées – Ukraine (FOI-U) a entraîné plus de 7 680 militaires ukrainiens. 159 cours, touchant tous les types d’instruction, ont été offerts.

Entre temps, en réponse au président américain, la porte-parole du ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan, Renée Filiatrault, avait fait valoir de son côté samedi dernier que le gouvernement canadien a pris en 2017 l’engagement d’augmenter de 70% les dépenses militaires sur dix ans et souligné que la « participation du Canada aux opérations de l’Otan à travers le monde constituait un signe tangible de son engagement envers l’alliance transatlantique».

Chose certaine, il serait absurde, et surtout inutile, d’augmenter le budget de la Défense plus rapidement que «la machine» n’est prête à absorber et utiliser cette augmentation. Le gouvernement fédéral a dépensé 2,3 milliards $ de moins que ce qui avait été prévu l’an dernier pour du nouveau matériel militaire, avait révélé le mois dernierle ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Il semble que bien décréter des hausses de dépense pour décréter des hausses ne sautait être la solution…

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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