Trump: «Tout est prêt» pour le sommet avec Kim

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Le président américain Donald Trump le 10 avril 2018 à la Maison Blanche. (Nicholas Kam/AFP)

Le président américain Donald Trump a affiché jeudi sa confiance à l’approche de son sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong-un, un tête-à-tête qui sera, a-t-il assuré, «beaucoup plus» qu’une séance photo même s’il ne permet pas régler d’un coup cet épineux dossier.

«Tout est prêt pour le sommet. Tout se passe très bien, j’espère que cela va continuer comme ça», a-t-il déclaré depuis le bureau ovale en recevant le premier ministre japonais Shinzo Abe à cinq jours de la rencontre de Singapour.

Interrogé sur la façon dont il préparait ce rendez-vous historique, le 45e président des États-Unis a mis en avant sa détermination. «Je ne pense pas avoir besoin de me préparer tant que ça. C’est d’abord une question d’état d’esprit, de volonté de faire avancer les choses».

«Nous commencerons peut-être par établir une bonne relation et c’est quelque chose de très important pour atteindre le but ultime d’un accord», a ajouté l’ancien promoteur immobilier, rappelant l’exigence des États-Unis: que Pyongyang se débarrasse de ses armes nucléaires. «S’il ne dénucléarise pas, ce ne sera pas acceptable», a-t-il martelé.

Soulignant combien l’outil des sanctions était «puissant», il a expliqué avoir choisi de ne pas en ajouter d’autres «à ce stade» pour laisser une chance au dialogue tout en n’excluant en rien pour la suite.

M. Abe, qui tente de faire entendre sa voix dans les intenses tractations diplomatiques en cours autour de la péninsule coréenne, a de son côté exprimé l’espmir que ce sommet contribue à «plus de paix et de stabilité» dans cette région du monde.

Les deux hommes, qui participeront à partir de vendredi au Canada à un G7 sous haute tension en raison des droits de douane imposés par Washington à ses alliés, devaient s’exprimer lors d’une conférence de presse commune à la Maison-Blanche en début d’après-midi.

Depuis l’annonce d’une possible rencontre Trump-Kim, le Japon ne cesse de souligner l’impérieuse nécessité de ne pas baisser la garde face au régime de Pyongyang, qui fait peser une menace concrète sur l’archipel avec ses missiles.

Au moment de quitter Tokyo, M. Abe a clairement posé les conditions pour que le sommet de Singapour du 12 juin «soit un succès»: des progrès tangibles sur la question du nucléaire et des missiles mais aussi sur celle des ressortissants japonais enlevés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980.

Le Japon «isolé» ?

Lors de leur dernière rencontre en date en Floride il y a moins de deux mois, M. Trump avait promis au dirigeant nippon d’aborder, dans les négociations avec Pyongyang, cette question politiquement très sensible sur l’archipel.

Mais le sujet n’est pas – loin s’en faut – une priorité pour le magnat de l’immobilier, dont la stratégie reste entourée d’un certain flou mais qui ne cache pas son enthousiasme à l’idée d’être le premier président américain en exercice à engager un dialogue direct avec un héritier de la dynastie des Kim.

La multiplication des rencontres sur l’épineux dossier nord-coréen a un goût amer pour Shinzo Abe, jusqu’ici tenu à l’écart: Donald Trump prépare son sommet et le président chinois Xi Jinping et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont chacun rencontré à deux reprises Kim Jong-un.

Pour Richard Armitage, ancien haut diplomate sous l’administration George W. Bush, il existe un réel risque que le Japon «se retrouve isolé» à l’issue du sommet de Singapour.

«Il faut absolument éviter de dissocier la sécurité du Japon et celle des États-Unis», met-il en garde. «C’est, depuis longtemps, l’objectif de la Chine et de la Corée du Nord et nous ne pouvons nous permettre de tomber dans ce terrible piège».

MM. Trump et Abe ont longtemps affiché une forme de complicité, qui a cependant montré ses limites lors de leur dernier tête-à-tête. Ils devraient lors de leur rencontre aborder la question désormais ultra-sensible des droits de douane mis en place par Washington au nom de la défense des travailleurs américains.

«J’insisterai sur le fait que toute mesure visant à restreindre le commerce mondial ne sert les intérêts d’aucun pays», a mis en garde le Premier ministre japonais avant son départ.

La Japon, qui pensait pouvoir convaincre son proche allié américain d’être exempté des nouvelles taxes douanières instaurées sur l’acier et l’aluminium, n’a pas caché sa déception et son amertume après l’échec des discussions.

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