Des ex-commandos israéliens au service des «baroudeurs du dimanche»

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Idan Peretz, ancien membre des forces spéciales de l’armée israélienne et co-fondateur de la start-up de solutions tactiques Highnovate, présente son “Vertical Drone Rope Carrier” (VDRC) devant son bureau à l’Institut Wingate près de Netanya au centre d’Israël en juin. 11, 2018. (AFP/JACK GUEZ)

Même lorsqu’il était jeune officier dans une unité d’élite de l’armée israélienne, Idan Peretz se disait qu’il devait y avoir une meilleure façon de lancer une corde vers l’autre rive d’un cours d’eau pour sauver des gens piégés.

La méthode à l’époque consistait à utiliser une sorte de harpon de l’armée mais cet outil n’était pas assez efficace.

« Je détestais utiliser un équipement avec lequel je ne pouvais pas m’entraîner régulièrement et dont je ne pouvais anticiper la performance en conditions réelles », se souvient Idan Peretz.

Après deux décennies dans l’armée à crapahuter, escalader et descendre en rappel pour des opérations de sauvetage, il a finalement trouvé. Avec un partenaire, il a mis au point une technique à l’aide d’un drone et veut désormais en faire son gagne-pain.

Nombre d’anciens soldats israéliens se lancent traditionnellement dans le secteur des hautes technologies à leur sortie de l’armée mais d’autres, comme Idan Peretz, ont choisi une voie différente: ils puisent dans leur savoir-faire militaire pour créer des produits de camping ou de randonnée pour des « baroudeurs du dimanche », ou des outils pour les sauveteurs.

La solution de M. Peretz, qui s’est associé à un inventeur expérimenté, Beeri Katznelson, consiste en une bobine de fil reliée à un petit drone qui peut atteindre l’autre côté d’un obstacle, d’une rivière, d’un pont ou d’un bâtiment.

Le filin peut se détacher grâce à une télécommande et être accroché à une corde solide grâce à un adaptateur pour permettre à une personne d’évacuer ou à un sauveteur de la rejoindre.

Sur le toit d’un bâtiment, Idan Peretz a récemment présenté un autre équipement qu’il a mis au point avec Beeri Katznelson au sein de leur société Highnovate.

Cet appareil surnommé RAFA se présente sous la forme d’un crampon compact et léger qu’Idan Peretz déploie et arrime à une saillie avant de descendre en rappel.

« Je n’accroche personne à mes produits sans les avoir d’abord essayés sur moi-même », assure cet ancien commando, qui estime que son passé dans une unité d’élite lui a appris qu’il n’y avait pas de place pour l’erreur.

« Aujourd’hui, je peux dire que nous arrivons à résoudre certains des problèmes que, pendant des années (à l’armée), j’ai dû contourner », se félicite-t-il.

Cette même approche a amené deux autres vétérans des forces spéciales à créer un outil tout-en-un pour les randonneurs.

Yaniv Bar a été officier de renseignements dans une unité d’élite au coté d’Udi Cohen, lui aussi officier. Après l’armée, alors qu’il randonnait en Bulgarie, M. Bar s’est rendu compte qu’il lui manquait un équipement multifonctions qui combinerait une pelle, une hache, un marteau, un couteau et une scie.

« On nous a dit que ce n’était pas possible alors on est passé à l’action », explique Udi Cohen dans son bureau à Maayan Tzvi (nord).

« Nous savions bien que c’était possible, car nous avons appris à l’armée que rien n’est impossible », affirme Yaniv Bar.

Nombre d’anciens soldats israéliens se lancent dans le secteur des hautes technologies à leur sortie de l’armée mais d’autres, comme Idan puisent dans leur savoir-faire militaire pour créer des produits de camping ou de randonnée pour des « baroudeurs du dimanche ». Ici, l’outil multifonction COMBAR, crée par Yaniv Bar, ex-officier de renseignements et Udi Cohen, ex-membre d’unité d’élite. (COMBAR)
Les deux quadragénaires ont planché dur et inventé ce qu’ils ont appelé COMBAR.

Dans une prairie, les deux hommes scient et taillent des bouts de bois avec leur outil pour préparer un petit feu, en changeant de fonction avec des mouvements souples ponctués de +clics+.

Yaniv Bar affirme qu’ils ont mis dans COMBAR « le même niveau d’intelligence, de recherche, de test et d’exécution » que dans une opération militaire.

Au premier abord, ces outils, et d’autres comme ce nouveau type de garrot développé par un ancien médecin militaire, semblent avoir bien peu de rapport avec les firmes du secteur des hautes technologies, qui pullulent en Israël.

Mais leur généalogie est similaire, selon un expert.

« On peut apprendre la technologie un peu partout », assure Saul Singer, co-auteur du best-seller « Israël, une nation start-up ».

« Mais le plus dur est d’apprendre à s’orienter (…) vers la résolution de problèmes concrets, d’exercer des responsabilités et d’avoir à relever des défis », juge-t-il.

Or, durant leur service militaire obligatoire, la plupart des jeunes juifs israéliens exercent un « niveau incroyable de responsabilités », poursuit Saul Singer.

« Ce que nous avons appris de l’armée, assure Yaniv Bar, c’est (l’habitude) de faire les choses sérieusement ».

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