La ministre française des Armées au Niger pour booster la force du G5 Sahel

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La ministre française des Armées, Florence Parly, à droite, lors d’un entretien avec le président Mahamadou Issoufou, deuxième à droite, à Niamey, Niger, 4 juin 2018. (Archives/Twitter/@florence_parly)

La ministre française des Armées, Florence Parly, a rencontré jeudi au Niger son homologue nigérien, Kalla Moutari et le président Mahamadou Issoufou, pour « renforcer la dynamique opérationnelle » de la force antijihadiste du G5 Sahel.

Pour son septième déplacement dans la région, Mme Parly a visité le poste de commandement du « fuseau centre » de la force militaire conjointe à Niamey. Elle s’est également rendue à Ouallam, à 100 kilomètres au nord de la capitale nigérienne, pour visiter des troupes françaises de l’opération antijihadiste Barkhane, qui soutiennent celles du G5 Sahel.

Le Niger assure actuellement la présidence du G5 Sahel, groupe de cinq pays (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) qui a constitué une force militaire conjointe pour lutter contre les groupes jihadistes qui sévissent dans la région.

« Depuis le début de l’année ce sont 120 djihadistes qui ont été neutralisés. 120 parmi lesquels certains sont des chefs parmi les plus influents et les plus dangereux », a assuré Mme Parly à l’issue de sa rencontre avec le président Issoufou.

« Construire de toutes pièces une force commune à cinq pays, c’est un très grand travail et je dois vous dire que peu de pays ont réussi à faire autant que ce que les cinq pays du G5 Sahel ont réussi en l’espace de quelques mois », a estimé Mme Parly, alors que les débuts de la force sont difficiles.

En un an la force conjointe a mené, avec l’appui direct et logistique de la France, une poignée d’opérations, malgré lesquelles plusieurs attaques jihadistes meurtrières ont frappé fin juin le Mali et le Niger, dont le quartier général de la force du G5 Sahel à Sévaré, dans le centre du Mali.

« Les débuts ont été relativement difficiles parce que les armées du G5 Sahel sont des armées issues de pays qui sont relativement pauvres, donc qui n’ont pas les moyens technologiques, nos moyens matériels, notre entraînement », a expliqué le général Bruno Guibert, commandant de la force Barkhane.

Des moyens supplémentaires doivent être alloués à Barkhane en 2019 : hélicoptères, drones, missiles et blindés, selon le ministère français des Armées.

Par ailleurs, dans le nord-est du Mali, près de la frontière nigérienne, un affrontement entre groupes armés impliqués dans l’accord de paix et jihadistes a fait une dizaine de morts mercredi, selon les deux camps.

Dans un communiqué, le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA, issu de l’ex-rébellion à dominante touareg) et le Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) affirment avoir lors d’une patrouille « accroché des malfrats », en faisant allusion aux jihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI). Ils font état de « neuf morts du côté ennemi » et de trois dans leurs rangs.

De son côté, ce groupe jihadiste qui se fait appeler « Etat islamique dans le grand Sahara » (EIGS) dans un court message transmis à l’AFP a affirmé avoir « tué huit combattants du Gatia » mercredi et récupéré « beaucoup d’armes » lors d’une « embuscade près d’Ansongo ».

Une source sécuritaire étrangère dans la région de Gao a confirmé à l’AFP l’accrochage, soulignant que « les bilans sont contradictoires ».

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