Le Canada souligne le 65e anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée

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Pièces d’artillerie du 2e RCHA à l’appui du 2e Bataillon du RCR, juin 1951 pendant la Guerre de Corée..
Photo : Bibliothèque et Archives Canada PA-128820

Le Canada souligne le 65e anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée. Le premier ministre Justin Trudeau a fait aujourd’hui la déclaration suivante à l’occasion de la Journée des anciens combattants de la guerre de Corée.

«En 1950, seulement cinq ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, des armées communistes du nord ont traversé le 38e parallèle et envahi la Corée du Sud. Aujourd’hui, nous nous souvenons des milliers de Canadiens courageux qui ont combattu lors de la guerre de Corée pour défendre la souveraineté de la Corée du Sud. Bon nombre d’entre eux répondaient à l’appel du devoir pour la deuxième fois.

«Pendant plus de trois ans, la guerre de Corée a fait des millions de morts, dont de nombreux civils, alors que les armées du nord et leurs alliés communistes tentaient de saisir le sud du pays.

«Le Canada était l’un des 16 pays membres des Nations Unies à déployer des forces de combat pour venir en aide à la Corée du Sud. Près de 27 000 Canadiens ont risqué leur vie pour repousser l’invasion, rétablir la paix et protéger la démocratie et la liberté.

«Que ce soit sur terre, dans les airs ou en mer, les Canadiens ont répondu à l’appel, et ce, souvent dans des conditions qui rappelaient les horreurs de la Première Guerre mondiale. Aux premières lignes, la situation s’est détériorée, laissant place à une guerre de tranchées.

«Les soldats ont subi des conditions météorologiques extrêmes et imprévisibles, toutes aussi dangereuses que l’ennemi. Les pluies de la mousson ayant laissé place à la boue dans les tranchées, ces soldats ont été forcés de dormir dans l’eau, dont le niveau avait atteint leur poitrine. Pendant l’hiver, les engelures et l’hypothermie faisaient partie de leur quotidien. Le froid enrayait des armes et transformait les rations en morceaux de glace.

«Il y a 65 ans aujourd’hui, un armistice a mis fin aux combats de la guerre. Des milliers de Canadiens sont rentrés chez eux, portant les cicatrices physiques et émotionnelles de la guerre. Plus de 500 Canadiens ont fait le sacrifice ultime de leur vie. Ils sont honorés dans les pages des Livres du Souvenir, qui se trouvent dans la Chapelle du Souvenir de la Tour de la Paix, sur la Colline du Parlement. Leurs noms y sont inscrits aux côtés de ceux de plus de 118 000 autres personnes qui sont mortes au service et à la défense de notre pays.

«Nous ne devons jamais oublier ceux qui ont donné leur vie pour aider à rétablir la paix. Nous ne devons jamais oublier leur courage. Nous ne devons jamais oublier que, grâce aux efforts de nos soldats et de nos alliés, la Corée du Sud est aujourd’hui un pays prospère et un ami proche du Canada.

«Au nom du gouvernement du Canada, j’invite les Canadiens à en apprendre davantage au sujet de la guerre de Corée. Je vous invite également à participer aux activités organisées pour rendre hommage à nos anciens combattants ainsi qu’à réfléchir aux contributions de notre pays à l’atteinte des objectifs de paix et de liberté à travers le monde. Pendant la guerre de Corée et encore aujourd’hui, les membres en service actif, les anciens combattants et leurs familles ont fait d’énormes sacrifices pour protéger et défendre les valeurs qui nous sont chères.

Seamus O’Regan, ministre des Anciens Combattants, et Harjit S. Sajjan, ministre de la Défense nationale, ont eux aussi souligné le 65e anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée.

«De 1950 à 1953, les membres des Forces armées canadiennes Canadian ont combattu pour la liberté en Corée, puis ils sont restés pour le maintien de la paix pendant les années suivantes.

Plus de 26 000 Canadiens ont servi pendant la guerre, qui se déroulait à l’autre bout du monde dans des conditions difficiles et dangereuses. Malheureusement, 516 braves Canadiens déterminés à mettre fin au conflit ont fait le sacrifice ultime.

Les navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Cayuga, Athabaskan et Sioux étaient dans le théâtre des opérations dès août 1950. Les premières troupes terrestres canadiennes ont atteint la ligne de front en février 1951, et en avril, elles ont résisté courageusement aux assauts des Chinois et des Nord-Coréens dans la vallée de Kapyong, aux côtés de leurs alliés américains, australiens, néo-zélandais et britanniques. Les pilotes de chasse canadiens ont éventuellement servi dans le cadre d’échanges avec les escadrons de l’USAF, alors que l’escadron no 426 convoyait des troupes et du ravitaillement de l’Amérique du Nord au Japon.

Signé dans le village de Panmunjom le 27 juillet 1953, l’armistice de la guerre de Corée a marqué la fin d’un important chapitre de l’histoire militaire canadienne. Environ 7 000 soldats canadiens ont continué de servir en Corée dans des rôles de maintien de la paix après la signature de l’armistice; le dernier soldat a quitté la Corée en 1957.

Certains de nos vétérans de la guerre de Corée qui sont revenus n’ont plus jamais été les mêmes après les combats qu’ils ont vécus. Leurs sacrifices ont toutefois aidé à mettre fin aux combats de grande ampleur dans la péninsule coréenne et à rétablir la paix pour le peuple de la Corée du Sud.

Dans les décennies qui ont suivi l’armistice, la Corée du Sud est devenue une démocratie robuste avec une économie prospère. Nous rendrons toujours hommage aux efforts déployés par nos vétérans et hommes et femmes militaires canadiens actuels pour protéger notre pays et nos valeurs.»

«Nous nous souviendrons d’eux.»

À Pyongyang, la Corée du Nord marque la fin de la guerre

Des militaires de l’armée nord-coréenne se recueillent devant le monument de la Grande guerre de libération de la mère patrie, nom donné par la Corée du Nord à la guerre de Corée, à Pyongyang, le 27 juillet 2018, pour le 65e anniversaire de l’armistice. (AFP/Ed JONES)
Les hostilités ont pris fin il y a 65 ans avec un armistice conclu par les forces des Nations unies emmenées par les Etats-Unis avec les Nord-Coréens et leurs alliés chinois. Il n’y a pas eu de traité de paix si bien que la péninsule est toujours techniquement en guerre.

De 1950 à 1953, les deux parties se sont battues jusqu’à l’impasse, des millions de personnes ont été tuées et la Corée, toujours coupée en deux par une Zone démilitarisée n’était plus que ruines fumantes. Mais le Nord affirme que c’était une victoire et la guerre figure en bonne place des arguments de la dynastie Kim pour légitimer son pouvoir.

Peloton après peloton, les différentes unités se sont rassemblées dans ce cimetière de la banlieue de Pyongyang dominé par la statue géante d’un canon de fusil et d’une baïonnette, ornée de la médaille du Héros de la République populaire démocratique de Corée, le nom officiel du Nord.

Elles ont déposé des gerbes devant un cercueil en granit décoré d’un drapeau en métal, d’une mitrailleuse et d’un képi.

Une voix entonne: « Inclinons nous devant les martyrs qui prirent part à la Grande guerre de libération de la mère patrie », le nom donné par Pyongyang au conflit, avant que les militaires n’ôtent leur képi et ne baissent la tête.

Le premier occupant du cimetière à être tombé au combat, Jang Thae Hwa, 22 ans, a bloqué l’entrée d’une casemate avec sa poitrine six jours après l’invasion du Sud par le Nord en 1950 afin de permettre à son unité d’avancer.

– Ordre chronologique –

Le dernier soldat à succomber fut Ri Hyon Jun, 20 ans, canonnier fait Héros de la RPDC pour avoir abattu quatre appareils ennemis, mort cinq jours avant la fin du conflit.

Une fois la cérémonie finie, les soldats se sont promenés dans les allées de tombes, rangées par ordre chronologique.

Pendant ce temps, de l’autre côté du pays, un avion américain prenait possession de 55 dépouilles de militaires américains tués pendant la guerre pour les conduire au Sud, première étape de leur retour à la maison.

Les relations entre la Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire et les Etats-Unis ont connu ses derniers temps un revirement stupéfiant.

Après avoir échangé en 2017 insultes personnelles et menaces belliqueuses, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump se sont serré la main le 12 juin à Singapour.

Le retour des dépouilles fait partie de l’accord conclu à cette occasion.

En revanche, la question de savoir si le Nord est disposé à renoncer à l’arsenal atomique qui lui a valu de multiples trains de sanctions de l’ONU est loin d’être tranchée.

– « Victoire éclatante » –

A Singapour, M. Kim s’est engagé à travailler pour la dénucléarisation de la péninsule, une formule vague sujette interprétations divergentes. Pyongyang n’a procédé à aucune mesure confirmée et dénoncé les exigences « unilatérales » des Etats-Unis et leurs « méthodes de gangsters ».

Mais le Nord veut développer son économie et les autorités souhaitent que le climat actuel de bonhomie perdure.

Contrairement à l’ordinaire, l’AFP n’a pas été autorisée à parler aux gens présents au cimetière ni à assister à un dépôt de gerbes sur la colline Mansu, où des statues géantes du père fondateur de la Corée du Nord Kim Il Sung et de son fils et successeur, Kim Jong Il, dominent Pyongyang.

Les diplomates stationnés dans la capitale expliquent qu’obtenir un rendez-vous avec un responsable est encore plus difficile que d’habitude.

Les affiches de propagande se focalisent davantage sur l’héroïsme des combattants nord-coréens plutôt que sur les condamnations de l’ennemi.

Lors d’une conférence nationale des vétérans de la guerre, Choe Ryong Hae, membre du presidium du politburo, a mis en exergue jeudi « la victoire éclatante de l’idée militaire influencée par le Juche (l’idéologie du régime), de la stratégie, des tactiques et de l’art remarquable du commandement de Kim Il Sung ».

L’année dernière, les médias officiels parlaient des « agresseurs impérialistes américains », ajoutant que le Nord triompherait sans peine de l’ennemi. Et le 28 juillet 2017, Pyongyang procédait à son deuxième lancement de Hwasong-14, son missile balistique intercontinental.

*Avec AFP

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