L’UNRWA va licencier plus de 250 employés, manifestation à Gaza

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Des abris collectifs temporaires de la UNRWA, l’agence de l’ONU qui aide les réfugiés palestiniens, abritent quelques-uns des groupes de réfugiés les plus vulnérables de Palestine, y compris les femmes célibataires, les enfants, les personnes âgées et les handicapés. (Archives/UNRWA/Taghrid Mohammad)

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé mercredi sa décision de licencier plus de 250 employés à Gaza et en Cisjordanie, après les coupes drastiques de l’aide américaine à l’organisation internationale.

Après cette annonce, des centaines de Palestiniens ont manifesté devant les bureaux de l’agence onusienne à Gaza, et le syndicat des employés de l’UNRWA a appelé à une grève générale jeudi dans l’enclave palestinienne.

L’un des manifestants a tenté de s’immoler par le feu avant d’être stoppé par d’autres Palestiniens, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Dans un communiqué, le porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness a affirmé que 154 employés palestiniens en Cisjordanie occupée et 113 dans la bande de Gaza seraient licenciés, à la suite des réductions drastiques américaines qualifiées de « menace existentielle » pour l’agence.

L’organisation fournira des contrats à temps partiel à plus de 500 autres employés à plein temps, a-t-il ajouté.

Amal al-Batsh, vice-présidente du syndicat des employés de l’UNRWA à Gaza, a déclaré à l’AFP que « cette décision allait affecter gravement les employés et leurs familles ».

Il s’agit de la première vague de licenciements depuis l’annonce en janvier par les Etats-Unis de leur décision d’octroyer 60 millions de dollars seulement cette année à l’agence, contre 360 millions l’année dernière.

Les Etats-Unis, qui contribuaient à eux seuls à 30% des fonds de l’UNRWA, réclament une réforme de l’agence et conditionnent une reprise de l’aide à un retour des Palestiniens à la table des négociations avec Israël, suspendues depuis 2014.

Après les réductions américaines, le directeur de l’agence onusienne, Pierre Krähenbühl, a exprimé son inquiétude et appelé les autres membres de l’ONU à contribuer davantage au budget de l’UNRWA.

Dans une lettre envoyée en juillet à son personnel, il a affirmé que les programmes qui pourraient avoir à pâtir de ce manque de fonds étaient ceux relatifs à l’emploi, l’aide au logement et le soutien pour les maladies mentales.

Etablie en 1949, l’UNRWA apporte son aide à des millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, survivants ou descendants de Palestiniens ayant fui la première guerre israélo-arabe en 1948 qui a suivi la création de l’Etat d’Israël.

Plus de 500.000 enfants étudient dans les écoles de l’UNRWA (54% de son budget va à l’éducation) qui fournit aussi des soins et une aide sociale. L’agence emploie plus de 20.000 personnes au Proche-Orient, en majorité des Palestiniens.

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste du Hamas, étouffe sous un strict blocus israélien. Selon l’UNRWA, quelque 80% de ses quelque deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide.

Depuis la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d’Israël début décembre, les responsables de l’Autorité palestinienne ont rompu toute relation avec leurs partenaires américains.

En réponse, le président américain Donald Trump a annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement aux Palestiniens de « centaines de millions de dollars » d’aide à leur retour à la table des négociations.

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