Nimègue Jour 3: «Mes Journées du Souvenir ne seront plus jamais les mêmes»

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Des membres de la Force opérationnelle interarmées Nimègue défilent le 19 juillet dans le village de Groesbeek, aux Pays-Bas sous les vivats des spectateurs. À l’extrême droite, tout sourire, le sergent Yvan Lamothe, 54 ans, retraité de la 3e escadre Bagotville et maintenant réserviste. (Lt Stacie Nelles, officier des affaires publiques, Force opérationnelle interarmées
Nimègue, Contingent canadien)

En ce jeudi 19 juillet, se déroulait le troisième et avant-dernier jour de la 102e marche de Nimègue, aux Pays-Bas, à l’occasion de laquelle les Néerlandais ont manifesté, comme toujours, une reconnaissance extraordinaire aux Canadiens qui les ont libérés du joug allemand lors du dernier conflit mondial.

Initialement conçue par l’infanterie néerlandaise comme exercice pour augmenter sa capacité à marcher sur de longues distances et à porter de lourdes charges, et qui est devenue un événement international de quatre jours qui met à l’épreuve l’endurance physique et mentale de milliers de participants militaires et civils provenant de plus de 50 pays.

Alors que, la première journée de cette marche de quatre jours, 44 480 participants avaient commencé la marche de 40 kilomètres, il n’était plus, après 1225 abandons ce jeudi, que 41 304 à finir la marche aujourd’hui.

««Mes Journées du Souvenir ne seront plus jamais les mêmes »»

En entrevue à 45eNord.ca depuis Nimègue, après avoir parcouru 120 kilomètres, le sergent Yvan Lamothe de la 3e escadre Bagotville, 54 ans, déployé en Afghanistan, puis au Koweit, confie qu’il rêvait depuis 15 ans de faire cette marche.

Ayant intégré la Réserve après sa retraite, ce sera finalement comme réserviste qu’il aura réalisé son rêve.

Le défi de cette marche est double selon le sergent Lamothe. «Il y a le défi mental et le défi physique et l’un est aussi important que l’autre. Tu ne peux pas faire la marche si tu n’es pas fort mentalement et le côté physique est aussi très demandant. Il y a les ampoules et tu dois continuer. C’est très douloureux et très, très demandant.»

Mais les camarades, les autres marcheurs et l’appui du public propulsent les marcheurs: «Cette sensation est extraordinaire», confie le militaire canadien. «Je n’ai jamais ressenti une sensation comme ça. C’est comme être dans une rivière et être entraînés. On sent de l’énergie de la foule, on sent de l’énergie du public, de la reconnaissance, et surtout, avant de commencer la marche, on a été visité des cimetières et les gens, ici, sont tellement reconnaissants envers les Canadiens, c’est incroyable.»

«J’ai même vu», poursuit le sergent Lamothe, «une dame âgée se lever debout et venir nous serrer la main en nous disant ‘Merci! Merci! de nous avoir délivrés’. Au Canada, on ne voit pas cela, mais ici, on a des sensations et des pincements au cœur qu’on ne peut avoir qu’ici.»

Pour le militaire canadien, c’est sur place qu’on peut véritablement saisir l’importance de ce qu’ont fait les Canadiens et du sacrifice des militaires morts au combat aux Pays-Bas.

«Ça fait 32 ans que je suis dans les Forces armées canadiennes, j’ai été déployés maintes fois, j’ai participé aux Journées du Souvenir, mais un sentiment comme ça, la sensation que j’au ressenti ici, c’est au delà des limites. mes Journées du Souvenir ne seront plus jamais les mêmes » de conclure le sergent Lamothe.

Et demain, c’est l’apothéose: les marcheurs parcourront 45,8 km, défilant en cette quatrième et dernière journée sur la Saint-Annastraat, rebaptisée pour l’occasion la Via Gladiola, la voie des glaïeul en mémoire des gladiateurs des temps anciens qui se battaient à mort avec une épée devant une foule effrénée, le vainqueur étant après une bataille héroïque enterré sous les glaïeuls, une fleur qui, comme le mot gladiateur, tire son nom du latin Gladius qui signifie épée. Le glaïeul est ainsi devenu un signe de force et de victoire.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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