Nimègue Jour 4: apothéose sur la Via Gladiola

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En ce jeudi 20 juillet, quatrième et dernier jour de la 102e marche de Nimègue, aux Pays-Bas, c’était l’apothéose sur la Via Gladiola.

Les marcheurs ont défilé sur la Saint-Annastraat, rebaptisée pour l’occasion la Via Gladiola, la voie des glaïeul en mémoire des gladiateurs des temps anciens qui se battaient à mort avec une épée devant une foule effrénée, le vainqueur étant après une bataille héroïque enterré sous les glaïeuls, une fleur qui, comme le mot gladiateur, tire son nom du latin Gladius qui signifie épée. Le glaïeul est ainsi devenu un signe de force et de victoire.

Ce quatrième jour, 41 006 marcheurs ont pris le départ, il n’y a eu que 298 abandons, et, sur les près de 48 873 qui avait pris le départ le 17 juillet, 41 006 auront donc complété la Marche.

Initialement conçue par l’infanterie néerlandaise comme exercice pour augmenter sa capacité à marcher sur de longues distances et à porter de lourdes charges, et qui est devenue un événement international de quatre jours qui met à l’épreuve l’endurance physique et mentale de milliers de participants militaires et civils provenant de plus de 50 pays.

«Je suis très fier du dévouement et de la persévérance dont les membres du contingent des Forces armées canadiennes ont fait preuve lors de la 102e édition annuelle de la Marche internationale de quatre jours de Nimègue. Leur camaraderie et leur esprit de corps, deux caractéristiques nécessaires pour mener à bien une telle entreprise, étaient évidents.», a commenté le colonel Geoff Abthorpe, commandant de la Force opérationnelle interarmées à Nimègue

Les membres du contingent des Forces armées canadiennes, dirigé par le colonel Geoff Abthorpe, ont parcouru 40 km à pied pendant quatre jours consécutifs, avant de participer au défilé de la victoire sur 5 km. Des milliers de spectateurs ont assisté au défilé, acclamant le contingent des Forces canadiennes en souvenir des soldats canadiens qui ont libéré les Pays-Bas de l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le contingent des FAC de l’édition 2018 de la Marche de Nimègue était constitué de 14 équipes, formées de 11 marcheurs provenant de partout au Canada, en plus d’invités spéciaux et de membres du personnel de soutien.

Les militaires qui ont participé à la Marche proviennent de l’Armée de terre, de la Marine et de l’Aviation, de la Force régulière et de la Réserve. Ce sont des hommes et des femmes aux origines diverses qui détiennent des grades et des emplois variés.

À la rencontre de l’Histoire

«La participation des Forces armées canadiennes à la Marche internationale de quatre jours de Nimègue est une source de fierté pour tout le pays. Notre participation nous a permis de commémorer les sacrifices consentis par deux générations de soldats canadiens qui se sont battus pour les droits et la liberté dont nous jouissons aujourd’hui.», a déclaré le lieutenant-général Charles Lamarre, commandant du Commandement du personnel militaire

En entrevue à 45eNord.ca depuis Nimègue, le lieutenant-colonel Éric Quirion, commandant désigné de la Force opérationnelle Nimègue pour 2019 et 2020, pour qui c’était sa cinquième participation à la Marche de Nimègue, a pour sa part souligné «l’engagement de la population locale»: des dizaines et des dizaines de milliers qui ont manifesté encore plus éloquemment leur appréciation des Canadiens en ce dernier jour de marche, les encourageant à aller jusqu’au bout.

Le lieutenant-colonel Qurion ne cache pas qu’il est aussi motivé par le défi physique, un challenge qu’il apprécie particulièrement, mais l’encouragement extraordinaire par la population locale et le partage de l’expérience avec les autres participants expliquent elles aussi pourquoi il en est aujourd’hui à sa cinquième participation à la Marche.

Le commandant désigné de la Force opérationnelle Nimègue pour 2019 et 2020 apprécie aussi les commémorations auxquelles il a peut participer à l’occasion de la Marche.

Alors qu’il était outremer, le contingent des Forces armées canadiennes a commémoré l’héritage laissé par le Canada en Europe pendant la Première Guerre mondiale, notamment en célébrant le 100e anniversaire de la fin de cette guerre. Il a pris part à des cérémonies au Mémorial national du Canada à Vimy et visité le cimetière militaire de Saint-Symphorien, où sont inhumés les premiers et les derniers soldats de la Première Guerre mondiale. Un défilé et un service commémoratif ont également eu lieu à la Grand-Place de l’hôtel de ville de Mons, en Belgique.

Un jour avant la Marche de Nimègue, le contingent a tenu un service commémoratif au cimetière de guerre canadien de Groesbeek, où 2 338 soldats canadiens ayant participé à la campagne pour libérer les Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale sont inhumés.En 1944-1945, plus de 7 600 Canadiens sont morts durant la campagne de neuf mois visant à libérer les Pays-Bas et à mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale. Leur sacrifice n’a jamais été oublié. Tant les Canadiens que les Néerlandais se souviennent des événements survenus et commémorent les liens durables qu’ont tissés les deux pays il y a plus d’un demi-siècle.

Une histoire de solidarité

Pour le lieutenant-colonel Quirion, le moment le plus marquant de sa participation aura été, au troisième jour, la visite au cimetière de Grossbeek où sont enterrés 2 200 Canadiens, ainsi que de 3 à 400 autres soldats de pays du Commonwealth.

«De voir que chacune des équipes canadiennes et de plusieurs équipes d’autres pays arrêtent pour faire une commémoration, c’est vraiment incroyable: il passent à travers un défi personnel (la marche), mais arrêtent pour une commémoration qui peut durer 15 minutes, une demi-heure. C’est vraiment impressionnant. On est vraiment pas tous seuls, on est vraiement comme des frères avec les autres pays qui participent à la arche de Nimègue».

Bref, alors qu’une partie de l’histoire militaire canadienne a eu pour théâtre l’Europe, la participation à la Marche de Nimègue, est aussi l’occasion de se rappeler ces moments d’histoire qui ont forgé notre destinée. L’occasion aussi de se rappeler, au moment où certaines alliances sont mises à mal, la nécessaire solidarité entre nations.

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