Nucléaire: l’Iran «se prépare» en cas d’échec des négociations

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Photo publiée dans le site officiel du président iranien Hassan Rohani le montrant dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Bouchehr le 13 janvier 2015. (Archives/Mohammad Berno/AFP)

Téhéran se tient prêt à porter ses activités d’enrichissement de l’uranium a un niveau plus élevé si les négociations avec les Européens pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien échouent, a déclaré mardi un haut responsable iranien.

« Nous avons pris des mesures afin de préparer le terrain, au bout du compte, à une augmentation de [notre]niveau d’enrichissement [de l’uranium]si c’est nécessaire, et si les négociations avec les Européens échouent », a déclaré Behrouz Kamalvandi, porte-parole et vice-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) lors d’une conférence de presse à Téhéran.

« Nous continuons bien évidemment d’appliquer et de mettre en oeuvre nos obligations découlant » de l’accord sur le nucléaire, « mais dans le même temps, nous prenons en compte tous les scénarios [possibles], et nous nous préparons », a également déclaré M. Kamalvandi.

« Jusqu’à présent, nous ne sommes pas sortis du cadre » de cet accord, a-t-il insisté.

L’accord sur le nucléaire iranien a été conclu à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et le groupe 5+1 : Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne.

Il a permis de sortir l’Iran de son isolement grâce à la levée d’une partie des sanctions internationales visant Téhéran en échange d’une limitation drastique du programme nucléaire iranien et de l’engagement de l’Iran à ne jamais chercher à sa doter de l’arme atomique.

En mai, le président américain Donald Trump a dénoncé unilatéralement cet accord et annoncé un renforcement des sanctions de son pays contre l’Iran.

Attachées au maintien de l’accord, Berlin, Londres, Paris et l’Union européenne ont présenté début juillet à l’Iran une série de « garanties » économiques destinées à permettre à la République islamique de continuer d’adhérer à ce pacte, mais Téhéran a jugé la proposition insuffisante.

Les négociations continuent, et le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Ghassemi a déclaré lundi qu’elles pourraient durer encore « des semaines », selon la télévision d’État iranienne.

Faisant monter la pression sur les Européens, Téhéran avait annoncé début juin la mise en route d’un plan pour augmenter sa capacité à enrichir l’uranium en accroissant le nombre de ses centrifugeuses.

Ce plan doit permettre au pays d’augmenter rapidement la quantité d’uranium qu’il peut enrichir et le degré d’enrichissement du minerai, dans le cas où Téhéran déciderait de sortir de l’accord de Vienne.

L’enrichissement de l’uranium permet notamment de produire du combustible pour les centrales électriques nucléaires. Hautement enrichi, et en quantité suffisante, l’uranium peut aussi permettre la fabrication d’une bombe atomique.

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