Opération PRESENCE: le Mali, une mission pas comme les autres

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Un CC-130 Hercules est le premier gros aéronef à atterrir sur la piste nouvellement construite à Gao, au Mali, à l’appui de l’opération PRESENCE – Mali, le 29 juin 2018. (Caméra de combat des Forces canadiennes)

Des responsables gouvernementaux ont affirmé aujourd’hui lors d’un briefing technique aux médias, auquel 45eNord.ca a pris part, que le Mali est certes une mission extrêmement complexe et dangereuse, mais que cela en vaut la peine. Explications.

Le Canada et le Mali ont établi des relations diplomatiques en 1962, suite à l’indépendance du Mali, et les premiers projets d’aide au développement ont suivi en 1972.

Le Mali offre des débouchés prometteurs pour les entrepreneurs canadiens, en plus d’accueillir des investissements canadiens significatifs dans le secteur minier. Les actifs canadiens dans ce domaine au Mali sont passés de 1,22 milliard $ en 2015 à 1,53 milliard $ en 2016.

Or, le pays reste l’un des plus pauvres au monde. Le pays se classait en 2017 au 169e rang sur 192, selon les données du Fonds monétaire international.

Près de 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté et plus du quart des enfants ne vont pas à l’école, comme l’ont rappelé des officiels canadiens lors du briefing aux médias.

Six ans après que des djihadistes aient tenté de s’emparer du pays, la situation reste toujours délicate avec une instabilité toujours présente, tant sur le point politique, que sociétal.

Il y a une sécheresse en ce moment, une insécurité alimentaire et il y a aussi quelques tensions ethniques depuis plusieurs mois, ce qui amène une des responsables à dire qu’il est donc important que la MINUSMA soit là pour soutenir le processus politique.

« C’est une crise multidimensionnelle, alors il faut des moyens multidimensionnels », explique-t-elle encore.

Une vingtaine de policiers civils seront également amenés à se rendre dans le pays et le Canada travaille en ce moment avec l’ONU et l’Union européenne pour déterminer les rôles que les femmes et les hommes des services de police canadiens pourront jouer afin d’avoir le plus grand effet possible à l’appui d’une paix durable.

Le Canada participe ainsi au développement et à l’assistance humanitaire du pays, en plus de prendre part au Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, et au déploiement donc d’une force opérationnelle aérienne à la Mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA).

Après l’équipe d’activation du théâtre arrivée il y a près de deux semaines, c’est ce jeudi 5 juillet que les premiers éléments de la force opérationnelle aérienne Mali s’envole justement pour ce pays d’Afrique de l’Ouest.

250 militaires, trois hélicoptères CH-147F Chinook et cinq hélicoptères CH-146 Griffon sont ainsi envoyés à la MINUSMA à Gao, dans le nord du pays, pour réaliser prioritairement des évacuations aéro-médicales, puis du transport logistique si besoin.

Les derniers vols des hélicoptères allemands ont eu lieu à la fin juin et la transition entre les deux pays a déjà eu lieu.

Les Forces armées canadiennes se disent pleinement conscientes de l’environnement menaçant pour les troupes, que ce soit la menace climatique avec la température et le désert et ses tempêtes de sables, ou que ce soit la menace humaine.

Les responsables gouvernementaux présents au briefing technique ont expliqué que les règles d’engagement approuvées par le général Jonathan Vance étaient très claires. S’ils ne peuvent pas pour des raisons de sécurité les détailler, elle seraient « robustes » et permettraient aux troupes de répondre immédiatement et efficacement à toute menace. Ils feront ce qui est nécessaire pour se protéger, a résumé ainsi un des officiels canadiens.

Les contacts avec la population civile seront cependant très limités puisque ce seront uniquement des blessés membres de la MINUSMA, des forces armées maliennes ou de la force du G5-Sahel qui seront évacués par les Canadiens.

Un des responsables présents au briefing technique a expliqué à 45eNord.ca que le préjugé sur les missions de paix était infondé, puisque depuis les missions comme le Rwanda ou la Bosnie, plus de 20 ans se sont écoulés et les missions ont changé.

Avec l’arrivée imminente des premiers soldats de la force opérationnelle aérienne, le colonel Chris McKenna prendra la semaine prochaine le commandement de la mission en relevant le lieutenant-colonel Tom Murphy. Et c’est en août que la FOA Mali sera officiellement validé et sera donc prête 24/7 à participer aux opérations de la MINUSMA dans le nord du Mali.

À noter également qu’une dizaine de membres des Forces armées canadiennes occuperont des postes d’état‑major au quartier général de la MINUSMA à Bamako, au Mali. Ils soutiendront les opérations de la MINUSMA, mais ne seront pas liés directement à la force opérationnelle aérienne canadienne.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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