Socialement inacceptable de s’en prendre aux militaires lors de cérémonies

0
Jesse Mooney attrapé ici par la sécurité entourant la cérémonie de la relève de la garde, sur la Colline du Parlement, le 23 juillet 2018.

Il n’y absolument aucun motif qui peut venir justifier qu’on s’en prenne aux soldats lors d’événements cérémonieux. Il me semble que cela est assez simple à comprendre. Malheureusement, pas pour tout le monde!

Hier encore, un individu irréfléchi du nom de Jesse Mooney a sauté le cordon de sécurité et a tenté d’attaquer un soldat lors de la cérémonie de la relève de la garde devant le Parlement à Ottawa. Pourquoi? Quelles sont les raisons qui poussent un individu à agir de la sorte? Quelles sont ses intentions?

Un comportement d’une telle stupidité me surprend, mais me choque davantage, et ce, au plus profond de mes entrailles. J’ai beau tenté de comprendre, mais je n’y arrive pas et cela, est très frustrant. Le pire est que j’ai probablement entendu tous les motifs possibles pour commettre n’importe lequel type de crime pendant mes trois années à titre de commissaire à la Commission des libérations conditionnelles du Canada. L’appât du gain, les mauvaises influences, la consommation d’intoxicants, la gestion des émotions, une enfance difficile, les problèmes de santé mentale, le manque d’habiletés sociales, un faible quotient intellectuel, des valeurs élastiques, l’absence de réseau social et familial… Allez-y, dites-en des raisons et je suis certain que je les ai entendus! D’ordre général, le fait de commettre un acte criminel doit permettre à son auteur un gain?

Pourtant, 99,9 % des Canadiens et des Canadiennes savent pertinemment que d’attaquer un soldat ou un agent de la paix lors d’une cérémonie n’apporte aucun gain, qu’il soit monétaire, personnel, social ou idéologique.

Avec un couteau de poche en plus? La seule finalité pour l’assaillant est de blesser ou même de tuer (si les coups de couteau sont fatals) le soldat et de se faire tuer ou heureusement dans le présent cas de se faire neutraliser avant les actes et d’être traduit en justice.

L’ère des médias sociaux nous permet d’assister à l’événement sans y être. Quelques vidéos de l’intervention de militaires des Forces armées canadiennes, de policiers de la Gendarmerie royale du Canada et d’agents des Services de protection parlementaire ont démontré leur professionnalisme et leur courage en contrecarrant l’assaillant. Ils ont tout mon respect et cela démontre une fois de plus leurs contributions exceptionnelles à la protection de notre société à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières.

De mon point de vue, le problème ne réside pas dans un manque de mesures de sécurité sur la colline parlementaire. Les tristes événements d’octobre 2014 ont amené des changements observables et mesurables au sujet de la sécurité aux alentours du Parlement.

Maintenant, Jesse Mooney doit faire face à la musique de la justice pénale et répondre aux questions. Il doit recevoir une « véritable » sentence qui sera punitive et dissuasive. Selon les informations disponibles, il s’agirait d’un individu ayant un passé criminel, car il était sous une ordonnance de probation lors des événements. Une raison de plus qui vient justifier qu’il doit comprendre et payer pour la gravité de ses gestes. Les autorités des Services correctionnels du Canada (car oui, de mon point de vue, cet individu mérite une peine d’emprisonnement dans un pénitencier fédéral) jugeront de son cheminement et de ses perspectives de réhabilitation et de réinsertion sociale en temps et en lieu.

Pour terminer, des médias ont évoqué que Jesse Mooney pourrait souffrir de problématique de santé mentale. Soyons clair, dans la vaste majorité des actes criminels, les problèmes de santé mentale ne sont pas le principal facteur contributif. Bien souvent, le passage à l’acte criminel est motivé par une combinaison de facteurs contributifs. Si Jesse Mooney souffre en effet de problèmes de santé mentale, cela n’expliquent pour autant ses comportements, mais il est nécessaire qu’il obtienne de l’aide professionnelle.

Merci à toutes les femmes et tous les hommes qui servent notre nation dans les multiples uniformes liés à la sécurité publique et à la défense nationale !

Libéré volontairement en 2014 avec le rang de major, Dave Blackburn est docteur en sociologie de la santé et est professeur régulier à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) où le champ de la santé mentale et les Forces armées canadiennes figure dans ses domaines de recherche.

Les commentaires sont fermés.