Syrie: des évacués du sud arrivent en secteur insurgé dans le nord

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Un combattant du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham regardent passer des bus en direction de Foua et Kefraya, deux villages assiégés de la province d’Idleb, d’où seront évacuées des milliers de personnes, le 18 juillet 2018 en Syrie (AFP/OMAR HAJ KADOUR)

Des centaines de rebelles et de civils évacués de la province de Qouneitra, dans le sud de la Syrie, sont arrivés samedi dans les territoires sous contrôle des insurgés dans le nord-ouest du pays, ont rapporté un correspondant de l’AFP et une ONG.

Dans le sud syrien, au moins six civils ont par ailleurs été tués samedi par des raids aériens de Moscou, allié indéfectible du régime qui pilonne le bastion du groupe jihadiste Etat islamique (EI), selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La poche jihadiste du sud est une des dernières à résister face au pouvoir de Bachar al-Assad, qui a obligé les rebelles des provinces voisines de Deraa et de Qouneitra à accepter des accords de capitulation parrainés par Moscou, au terme d’offensives meurtrières.

Dans la région de Qouneitra, qui borde la partie du Golan annexée par Israël, un deuxième convoi était en cours de préparation samedi pour évacuer les rebelles et leurs familles refusant de vivre sous contrôle du régime, selon l’agence officielle Sana.

Un peu plus tôt samedi, un premier convoi était arrivé dans les territoires insurgés du nord-ouest syrien après avoir quitté Qouneitra.

« Le premier convoi d’évacués, qui transporte quelque 2.800 personnes, des rebelles et des civils, est arrivé au passage de Morek », un axe de transit dans la province de Hama qui relie territoires du régime et territoires insurgés, a annoncé l’OSDH.

Un correspondant de l’AFP au passage de Morek, point tenu par les insurgés, a vu arriver une cinquantaine de bus, transportant des combattants et leurs familles.

Leur arme en bandoulière, des hommes ont partagé un repas frugal, tandis que non loin des bus, des femmes et des enfants attendaient au côté de petites valises, portant parfois des couvertures, a constaté le correspondant de l’AFP.

Peu après, les passagers ont pris place dans d’autres bus affrétés par des ONG locales pour rejoindre des camps d’accueil temporaires dans la province d’Idleb (nord-ouest), ou d’Alep (nord), a-t-il précisé.

Outre ces évacuations, les accords imposés au sud syrien prévoient un cessez-le-feu, l’abandon par les rebelles de leur artillerie moyenne et lourde, ainsi que le retour des institutions étatiques dans les anciens secteurs insurgés.

Le régime de Bachar al-Assad avait lancé une offensive dans le sud le 19 juin. A la faveur des combats et d’accords de capitulation, il a reconquis plus de 90% de la province de Deraa, berceau de la révolte de 2011 contre son pouvoir.

Mais dans cette province, un pan de territoire échappe toujours au régime et reste la cible de bombardements: il s’agit du bastion de jihadistes affiliés à l’EI. Vendredi, 26 civils avaient déjà péri dans des frappes aériennes sur cette zone, selon l’OSDH.

Les combats au sol dans ce secteur ont par ailleurs fait 13 morts samedi parmi les forces du régime, dont huit tués par un attentat à la voiture piégée perpétré par les jihadistes, d’après la même source.

Le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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