Syrie: nouveau bilan de près de 250 morts dans les attaques de l’EI

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Photo diffusée par l’agence officielle syrienne SANA montre un membre des forces de séécurité à côté d’une camionnette endommagée par un attentat suicide du groupe Etat islamique (EI), le 25 juillet 2018 à Soueida, dans le sud du pays. (SANA/AFP/Handout)

Les attaques coordonnées menées mercredi par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans le sud de la Syrie ont fait près de 250 morts, selon un nouveau bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’assaut contre plusieurs villages couplés à des attentats suicide ont eu lieu dans la province de Soueida, contrôlée par le régime. Les jihadistes de l’EI sont présents dans une zone désertique au nord-est de cette région à majorité druze, jusque-là relativement épargnée par le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Le bilan n’a fait que monter depuis l’attaque menée mercredi matin, revendiquée des heures plus tard par l’EI. « Il est à présent de 246 morts dont 135 civils », a indiqué le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Le reste des morts sont des combattants progouvernementaux et des habitants qui avaient pris les armes pour défendre leurs villages.

« Le bilan s’élève, des civils blessés ayant succombé et des personnes portées disparues ayant été retrouvées mortes », a ajouté M. Abdel Rahmane à l’AFP.

Au moins 45 jihadistes ont été tués dans les combats ayant suivi les attaques.

Les médias officiels syriens ont confirmé les attaques faisant état de morts et de blessés dans la ville de Soueida et les villages voisins, mais n’ont pas donné de bilan.

La province syrienne de Soueida enterrait ses morts jeudi au lendemain d’une vague d’attaques du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ayant fait près de 250 morts, un des bilans les plus lourds dans le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

La majorité des victimes sont des civils tués dans plusieurs villages du nord de la province de Soueida, contrôlée par le régime de Bachar al-Assad, nombreux ayant péri dans leur propre maison, sous les armes des jihadistes.

Le bilan, qui n’a cessé de grimper depuis mercredi matin, est le plus lourd dans cette province du sud de la Syrie depuis le début du conflit et l’un des plus élevés sur l’ensemble du pays en sept ans de guerre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il s’agit en outre des premières attaques de cette ampleur menées par l’EI depuis des mois dans le pays, où l’organisation jihadiste a accumulé les défaites depuis 2017.

Aux premières heures de la journée de mercredi, « quatre kamikazes ont fait détoner leurs ceintures explosives dans la ville de Soueida », chef-lieu de la province du même nom, a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

D’autres kamikazes ont attaqué des villages du nord de la province avant que des jihadistes y tuent de nombreux habitants, a-t-il ajouté.

Le bilan est à présent de « 246 morts dont 135 civils », a dit jeudi matin à l’AFP M. Abdel Rahmane, précisant que des civils blessés avaient succombé et des personnes portées disparues avaient été retrouvées mortes.

Le reste des victimes sont des combattants progouvernementaux ainsi que des habitants qui avaient pris les armes pour défendre leurs villages, selon lui.

Selon les médias officiels syriens, les forces du régime ont lancé une contre-attaque et réussi à reprendre trois villages dont l’EI avaient pris le contrôle mercredi matin. Des raids aériens ont également ciblé le groupe extrémiste, d’après l’OSDH.

Cinquante-six jihadistes, dont sept kamikazes, ont été tués, toujours selon l’OSDH.

Les médias officiels syriens ont fait état de morts et de blessés à Soueida et dans les villages, sans pour autant donner de bilan.

– Funérailles à Soueida –

Le président Bachar al-Assad a dénoncé mercredi un « crime », et pointé du doigt des pays étrangers qu’il n’a pas nommés, les accusant d’appuyer l’EI.

La télévision publique syrienne a diffusé jeudi en direct les funérailles de plusieurs victimes à Soueida, auxquelles ont pris part des centaines d’habitants, dont des notables, majoritairement vêtus d’un sarouel noir et d’un bonnet blanc, tenue traditionnelle de la communauté druze, une confession dérivée de l’islam chiite.

Une dizaine de cercueils recouverts du drapeau syrien étaient posés au centre d’une grande salle, tandis qu’un groupe d’hommes arboraient des portraits des victimes.

D’autres hommes dansaient, au milieu d’applaudissements, en portant des armes à bout de bras, en signe de colère et d’hommage aux victimes.

Dans la salle bondée, figurait également des drapeaux de la communauté druze, majoritaire dans la province de Soueida.

L’EI, qui a revendiqué mercredi les attaques, a affirmé dans un communiqué publié sur Telegram que ses combattants les avaient lancées principalement contre des positions du régime.

Une série de photos publiées sur les réseaux de propagande de l’EI ont montré des jihadistes décapitant au moins quatre hommes présentés par l’EI comme des combattants du régime capturés à Soueida.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d’un « califat » à cheval sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, l’EI est désormais acculé dans certaines zones désertiques.

En Syrie, le groupe a été évincé par le régime et ses alliés de tous ses bastions urbains, dont le camp palestinien de Yarmouk, dans le sud de la capitale Damas.

En mai, les derniers combattants de l’EI qui se trouvaient encore à Yarmouk ont ​​été transportés par bus avec leurs proches vers des zones désertiques, dont une est située dans le nord-est de la province de Soueida.

Des médias locaux à Soueida ont publié des images de combattants présentés comme des jihadistes tués mercredi, affirmant que des papiers d’identité retrouvés sur eux indiquaient qu’ils étaient de Yarmouk.

La communauté druze en Syrie, qui représente près de 3% de la population, a fait le choix de la neutralité durant la guerre qui déchire le pays depuis plus de sept ans.

Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit qui s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.

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