Un groupe de Casques blancs n’a pu être évacué, rapporte Ottawa

0

Un groupe de Casques blancs et leurs familles n’a pu être évacué de Syrie en raison de la situation sur le terrain, a indiqué dimanche une source gouvernementale canadienne.

Plus de 400 Casques blancs, secouristes volontaires dans les zones rebelles en Syrie, et membres de leurs familles ont été évacués dans la nuit de samedi à dimanche par Israël vers la Jordanie alors qu’ils semblaient pris au piège face à l’offensive du régime dans le sud syrien.

Les premières informations avaient fait état de l’évacuation de quelque 800 personnes.

L’opération a été un succès pour un premier contingent de 422 personnes – environ 100 Casques blancs et leurs familles – qui est bien arrivé à la frontière, a indiqué une source gouvernementale canadienne.

Mais un second groupe «n’a pu arriver à la frontière à cause de la situation sur le terrain», durant le laps de temps pendant lequel la frontière israélienne a été ouverte, a ajouté cette source.

Ce groupe se trouve toujours en Syrie et il n’est pas certain qu’une nouvelle opération puisse être montée, a-t-on indiqué de même source, en soulignant que la situation sur le terrain était «précaire».

La chaîne CBC a rapporté de son côté que les Casques blancs n’ayant pu être évacués ont été invités à quitter la région du sud-ouest de la Syrie car les forces du président Bachar al-Assad sont en train de reprendre cette zone.

Le Canada a annoncé dimanche qu’il était prêt à accueillir jusqu’à 50 Casques blancs avec leurs familles, ce qui pourrait faire un total de 250 personnes.

Le premier ministre Justin Trudeau s’était entretenu samedi au téléphone avec son homologue israélien Benyamin Nétanyahou «de la sécurité dans la région et de l’évacuation des Casques blancs de Syrie», a rapporté dimanche son bureau.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a précisé que l’opération, qui a impliqué d’autres pays dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, avait été discutée lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères en marge du récent sommet de l’OTAN à Bruxelles.

Le gouvernement de Justin Trudeau a accueilli plus de 40 000 réfugiés syriens depuis novembre 2015.

– « Purement humanitaires » –

Le chef des Casques blancs, Raëd Saleh, a affirmé à l’AFP qu' »un certain nombre de bénévoles avaient été évacués avec leurs familles pour des raisons purement humanitaires » car ils étaient en danger dans les provinces de Qouneitra et Deraa, en raison de « menaces répétées contre eux par la Russie et le régime ».

Moscou et Damas accusent les secouristes d’être liés à des groupes jihadistes et de véhiculer des « mensonges » sur leurs opérations militaires.

Il est pour l’heure impossible de savoir combien de secouristes se trouvent toujours dans le sud syrien.

L’un d’eux, dans la ville de Deraa, était toutefois déterminé à rester. « Je ne vais pas abandonner mon pays. Ce pays est à nous et nous avons le droit d’y vivre en sécurité », a-t-il confié à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

Selon l’armée israélienne, l’opération s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche et les proches des Casques blancs évacués sont surtout des enfants.

D’après le quotidien israélien Haaretz, les évacués, dont l’armée israélienne avait une liste des noms, ont convergé vers deux points de rassemblements distincts. L’armée a ouvert ces deux passages et fait monter les personnes dans des bus qui les ont transportés directement à un poste-frontière avec la Jordanie.

« Ces personnes ont sauvé des vies et la leur était maintenant en danger, c’est pourquoi j’ai accepté de les emmener via Israël vers un pays tiers », a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« Nous nous félicitons que ces courageux volontaires, qui ont sauvé des milliers de vies, soient désormais hors de danger », a commenté le Département d’Etat américain, félicitant Israël, la Jordanie, l’Allemagne, le Canada et la Grande-Bretagne pour leur rôle dans cette opération.

Les médias d’Etat syriens n’ont pas soufflé mot de l’évacuation mais ont affirmé qu’un raid aérien israélien avait visé dimanche une « position militaire » du régime dans l’ouest du pays, faisant « uniquement des dégâts matériels ».

– « Vivre en sécurité » –

A Londres, le chef de la diplomatie, Jeremy Hunt, et la ministre du Développement international, Penny Mordaunt, ont indiqué dans un communiqué avoir « estimé (…) que les (Casques blancs) avaient besoin d’une protection immédiate », rappelant qu’ils avaient été « la cible d’attaques » par le passé.

A Berlin, une source diplomatique a confirmé à l’AFP que l’Allemagne, qui a financé le groupe à hauteur de 12 millions d’euros depuis 2016, « participera avec plusieurs partenaires internationaux à l’accueil des Casques blancs évacués ».

Le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer a ainsi confié au quotidien Bild que son pays accueillerait huit secouristes et leur famille, soit une cinquantaine de personnes selon la publication.

Le ministère canadien des Affaires étrangères a de son côté assuré qu’Ottawa allait accueillir jusqu’à 50 Casques blancs avec leurs familles, soit environ 250 personnes, selon la chaîne publique CBC.

Pour sa ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, le Canada « ressent une responsabilité morale profonde envers ces personnes qui font preuve de bravoure et d’altruisme ».

Bénévoles, les Casques blancs sont sortis de l’anonymat grâce à des vidéos poignantes relayées sur les réseaux sociaux, les montrant, casques sur la tête, se ruer sur les lieux bombardés pour extraire des survivants, surtout des enfants, ensevelis sous les décombres des immeubles détruits par les bombardements du régime ou de son allié russe.

Ces secouristes insistent sur leur neutralité et leur non affiliation avec un groupe politique ou armé.

Les commentaires sont fermés.