Une envoyée de l’ONU à Chypre pour évaluer la possibilité d’une reprise des négociations

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À l’heure actuelle, les Forces armées canadiennes (FAC) n’envoient qu’un officier auprès de l’état-major des opérations du quartier général de la FNUC à Nicosie.Ici, le 26 Novembre 2008 è Nicosie, l’officier des opérations et de l’analyse des informations au QG de l’ONU à Chypre le Capitaine Michael Solonynko. (Combat Cam)

Une envoyée des Nations unies a entamé lundi des contact avec les dirigeants chypriotes pour évaluer la possibilité de reprendre les négociations sur la réunification de l’île méditerranéenne, divisée depuis près de 45 ans.

Jane Holl Lute, ancienne responsable au ministère américain de l’Intérieur, a rencontré le président de la République de Chypre Nicos Anastasiades, sans faire de déclarations à l’issue de leurs trois heures de réunion.

Elle devait rencontrer dans la journée le leader chypriote-turc Mustafa Akinci, qui est à la tête de la République turque de Chypre du Nord, reconnue seulement par Ankara.

Chypre est divisée depuis que l’armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l’île en réaction à un coup d’Etat qui visait à rattacher le pays à la Grèce et qui avait suscité une vive inquiétude dans la minorité chypriote-turque.

Mme Lute mènera prochainement des consultations à Athènes, Ankara, Londres et Bruxelles, selon l’agence chypriote CNA. La Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne sont depuis 1960 les « garants » de l’indépendance de Chypre, membre de l’Union européenne depuis 2004.

Elle est censée élaborer un rapport à remettre au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Ce dernier l’a récemment chargée d’étudier si les conditions étaient réunies pour une reprise des négociations, qui s’étaient effondrées il y a un an en Suisse.

Un des points d’achoppement de ces négociations porte sur le sort des soldats turcs stationnés dans la partie chypriote-turque de l’île. M. Anastasiades exige leur retrait total, ce que M. Akinci refuse.

Depuis l’échec en juillet 2017 des dernières négociations sur la création d’une fédération bizonale et bicommunautaire, des tensions ont eu lieu autour de la question de l’exploration gazière au large des côtes de l’île.

Ankara, qui ne veut pas que Nicosie exploite ces ressources naturelles avant un règlement du conflit, a envoyé cet hiver des navires de guerre pour empêcher la société italienne ENI de prospecter dans les eaux chypriotes.

La mission canadienne à Chypre

Du 15 mars 1964 au 15 juin 1993, le Canada a fourni à la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (FNUC) un contingent de gardiens de la paix de la taille d’un bataillon. Au cours de cette période, le contingent canadien a effectué 59 rotations, et environ 25 000 membres des FAC ont ainsi fait une période de service de six mois dans l’île.

L’opération SNOWGOOSE est la contribution du Canada à la FNUC). C’est une des missions les plus longues que le Canada ait accomplies dans un autre pays. En effet, elle a commencé en 1964.

Le nom de l’opération, Snowgoose, date de juillet 1974, année où le groupe canadien de la FNUC a rapidement été renforcé quand les Turcs ont envahi Chypre le 20 de ce mois-là.

Le Canada a retiré son groupe d’armes de combat de la FNUC en 1993. À ce moment-là, chaque bataillon d’infanterie de la Force régulière avait fait au moins une période de service à Chypre. Les régiments d’artillerie et les régiments blindés de la Force régulière avaient aussi reçu l’entraînement de l’infanterie de manière à pouvoir participer à ces déploiements.

À l’heure actuelle, les Forces armées canadiennes (FAC) n’envoient qu’un officier auprès de l’état-major des opérations du quartier général de la FNUC à Nicosie. La période de service habituelle est d’une année.

La FNUC se composait toutefois de 878 militaires et de 69 policiers civils fournis par 20 Pays, en date du 4 mai 2017. Trois pays envoient des militaires et des policiers civils, soit la Serbie, la Slovaquie et l’Ukraine.

Les troupes de la FNUC maintiennent une zone de sécurité entre les lignes de cessez-le-feu des forces adverses; font enquête sur les violations du cessez-le-feu; mènent des activités humanitaires; appuient la mission de bons offices du Secrétaire général.

Plusieurs membres du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment, aujourd’hui à la retraite, ont servi à Chypre.

*Avec AFP

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