Accord nucléaire: l’Iran continue de respecter ses engagements, selon l’AIEA

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Photographie remise par le bureau de la présidence iranienne montrant Yukiya Amano, président de l’Agence internationale de l’énergie atomique (g), et le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran le 18 janvier 2016. (IRANIAN PRESIDENCY/AFP/STRINGER)

L’Iran continue de respecter ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 et dont l’avenir est incertain en raison du retrait des Etats-Unis, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Téhéran respecte toujours les fondamentaux de cet accord et l’AIEA a eu accès « à tous les sites et emplacements en Iran qu’elle souhaitait » inspecter, souligne l’agence jeudi dans un rapport, publié au moment où l’avenir de cet accord est incertain en raison de la décision en mai des Etats-Unis de s’en retirer et d’imposer de nouveau des sanctions au régime iranien.

L’agence des Nations unies souligne de nouveau toutefois l’importance d' »une coopération proactive et en temps opportun » de la part de l’Iran « pour assurer un tel accès ».

L’AIEA indique que les stocks iraniens d’uranium faiblement enrichi et d’eau lourde ont augmenté légèrement depuis le dernier rapport en mai, tout en restant dans les limites convenues dans l’accord de 2015.

L’économie iranienne est frappée de plein fouet par les nouvelles sanctions américaines à la suite de la décision du président Donald Trump et qui sape le soutien des partisans de l’accord en Iran.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé mercredi que Téhéran n’hésiterait pas à se retirer de l’accord de 2015, par lequel il s’est engagé à brider ses activités nucléaires, si celui-ci ne « préserve plus (ses) intérêts nationaux ».

L’Iran « ne pourra pas échapper à des négociations » , prévient toutefois la France

La France, l’un des plus ardents défenseurs de l’accord sur le nucléaire iranien, a haussé le ton jeudi et prévenu l’Iran qu’il « ne pourra pas échapper à des négociations » élargies au-delà des seuls engagements contenus dans le texte de 2015 dénoncé par les Etats-Unis.

« L’Iran ne pourra pas échapper à des négociations sur trois autres grands sujets qui nous préoccupent » et qui concernent notamment le rôle du pays dans les questions de sécurité régionale, a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, à son arrivée pour une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Vienne.

Le ministre français a dit vouloir adresser un « message » à Téhéran, alors que les Européens tentent de sauver l’accord conclu en 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement en mai de ce texte qu’ils jugent trop laxiste.

« Il faudra bien parler, il faut que les Iraniens en soient conscients », a insisté M. Le Drian qui a cité trois sujets de discussion: « l’avenir des engagements nucléaires de l’Iran au-delà de 2025 ; la question balistique (…) et le rôle que l’Iran joue pour stabiliser l’ensemble de la région ».

La France, toujours partie à l’accord aux côtés de la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union européenne, en est l’un des fervents défenseurs mais les propos de M. Le Drian font écho aux préoccupations du président américain Donald Trump qui souhaite arracher de nouvelles concessions à l’Iran.

A la suite de sa dénonciation de l’accord, Washington a rétabli le 6 août une première série de sanctions contre Téhéran, et une deuxième salve suivra en novembre qui ciblera le secteur pétrolier.

M. Trump a dit vouloir exercer, à travers ces sanctions, une « pression maximale » pour parvenir à un nouvel « accord global » qui comprend notamment les points évoqués par M. Le Drian.

– « Tentation hégémonique » –

L’administration Trump a rendu publique une longue liste d’activités auxquelles elle demande à Téhéran de renoncer, notamment son soutien au régime syrien et au Hezbollah libanais, son programme de développement de missiles, son programme nucléaire et les détentions de ressortissants américains.

« Il y a une sorte de prolifération balistique de la part de l’Iran qui d’ailleurs sert aussi des milices qui lui sont proches », a observé le ministre français à Vienne qui souhaite aussi prévenir « la tentation hégémonique » manifestée par l’Iran au Moyen-Orient où Téhéran fournit notamment un soutien politique, financier et militaire de premier plan au régime syrien.

L’Iran a exclu à plusieurs reprises toute rencontre avec les Etats-Unis et toute réouverture des négociations, mettant notamment en avant son respect des termes de l’accord de 2015 qui soumet ses activités nucléaires à une surveillance draconienne.

Reconnaissant « de profondes divergences avec l’Iran dans son approche du soutien au régime syrien », la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini a estimé jeudi à Vienne que « le règlement des différends régionaux avec l’Iran peut se faire de manière plus efficace si nous maintenons l’accord sur le nucléaire ».

Les Européens tentent, avec une marge de manoeuvre réduite, de trouver des solutions pour limiter l’impact des sanctions américaines sur l’économie iranienne en plein marasme.

La Commission européenne a annoncé fin août l’adoption « d’une première série de projets pour un montant de 18 millions d’euros, dont 8 millions d’euros en faveur du secteur privé » en Iran. Mais par peur des pénalités américaines, un grand nombre de groupes ont déjà annoncé leur retrait d’Iran.

Le ministre français des Affaires étrangères a insisté jeudi sur l’engagement des Européens à « trouver des mécanismes financiers permettant à l’Iran de continuer à commercer » sur le scène internationale.

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