15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Afghanistan: les talibans s’emparent d’une base militaire dans le Nord

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Capture vidéo d’une vidéo de l’AFPTV montrant l’attaque de Ghazni par les talibans, dans l’est de l’Afghanistan, le 10 août 2018. (AFP/ AFPTV)

Les talibans, engagés depuis cinq jours dans d’intenses combats pour le contrôle de la ville de Ghazni (Est) ont réussi mardi un nouveau fait d’armes en s’emparant d’une base militaire du Nord de l’Afghanistan.

Les insurgés ont pris le contrôle de la base de Chenaya, située dans le district de Ghormach dans la province instable de Faryab, au terme de plusieurs jours de combats, a indiqué Mohammad Hanif Rezaee, porte-parole de l’armée pour le Nord du pays.

Au moins 100 militaires se trouvaient sur le site au début de l’attaque dimanche, selon lui. « C’est une tragédie que la base soit tombée aux mains des ennemis. Des soldats ont été tués, d’autres capturés et certains se sont enfuis dans les collines à proximité », a-t-il dit à l’AFP.

Un élu local, Hashim Otaq, a fait état de 14 soldats tués et d’une quarantaine d’autres capturés.

L’assaut a coïncidé avec celui lancé jeudi soir par les talibans à l’autre bout du pays, dans la ville de Ghazni (Est), qui se poursuivait toujours mardi.

L’attaque de Ghazni constitue la plus grande offensive talibane depuis un cessez-le-feu inédit de trois jours observé en juin. Les insurgés sont sous pression depuis des mois pour accepter d’entamer des négociations de paix avec le gouvernement afghan.

Selon Tahir Rehmani, chef du conseil provincial de Faryab, la base de Chenaya est tombée alors que ses occupants réclamaient depuis plusieurs jours du renfort et un soutien aérien de Kaboul, sans succès. « Ils (les autorités) étaient trop occupés avec Ghazni », a-t-il souligné.

Une offensive majeure des talibans contre la ville de Ghazni déclenchée jeudi dernier est à l’origine d’intenses combats avec les forces de l’ordre afghanes.

Pour les analystes, le moment et la cible de cette attaque ne doivent rien au hasard, les insurgés subissant des pressions croissantes pour ouvrir des négociations de paix avec le pouvoir afghan après 17 ans de guerre.

En raison de sa position stratégique, avancent les experts.

Située à à peine deux heures de route de Kaboul, Ghazni, le chef-lieu de la province du même nom, se trouve sur l’axe majeur Kaboul-Kandahar, qui relie la capitale aux provinces du Sud, en grande partie sous le contrôle des talibans.

« Ghazni a toujours été une province contestée, avec une forte présence talibane » dans la plupart des districts, estime l’analyste kabouli Jawed Kohistani, rappelant que cela faisait des mois que les insurgés semblaient menacer cette ville.

Les talibans montrent leurs muscles au moment où les efforts diplomatiques pour relancer les négociations de paix paraissent porter leurs fruits.

« Une victoire militaire et territoriale majeure à la veille de pourparlers potentiellement importants et directs peut aider les talibans à acquérir davantage de poids politique », souligne M. Kohistani.

En juin, les Etats-Unis ont semblé lâcher du lest sur leur position de principe selon laquelle les négociations doivent être conduites par les Afghans. Le mois dernier, des représentants des talibans ont rencontré des responsables américains pour des négociations au Qatar, ont déclaré à l’AFP des sources dans les rangs des insurgés.

« Les deux parties ont juste exposé leurs exigences initiales et sont tombées d’accord pour continuer à discuter de manière informelle », a dit un commandant rebelle du nord-ouest du Pakistan. « Aucun progrès n’a été fait », a-t-il ajouté.

Ces rencontres sont intervenues peu après un bref cessez-le-feu en juin, qui a donné lieu à de nombreuses célébrations de part et d’autre.

La possibilité d’un nouvel arrêt des combats à l’occasion de la fête religieuse de l’Aïd el-Kébir (fête du sacrifice), qui tombera le 21 août en Afghanistan, a été évoquée.

Les tentatives de relance des négociations de paix ont été nombreuses dans le passé mais les seuls pourparlers directs se sont déroulés en 2015 au Pakistan. Ils avaient été interrompus à la suite de la confirmation de la mort du chef des talibans, le mollah Omar.

Cela semble être le cas, bien que les responsables locaux mettent en garde contre un tel scénario depuis des mois.

Cela soulève des questions sur l’aptitude des forces afghanes et des dirigeants politiques à Kaboul à gérer le pays, trois ans après le retrait des forces de combat de l’Otan.

L’armée afghane a subi d’énormes pertes depuis lors. Mardi, le commandement a annoncé qu’une base militaire du nord de l’Afghanistan abritant 100 soldats était passée sous le contrôle des talibans après plusieurs jours de combats meurtriers.

Les analystes estiment que les autorités n’ont peut-être pas pris la mesure de la menace autour de Ghazni, sous-estimant les ressources des talibans et sur-estimant la capacité dissuasive des frappes aériennes américaines.

Selon l’analyste politique afghan Haroun Mir, les généraux ont pu être gênés par la tendance du président Ashraf Ghani à vouloir tout contrôler.

A l’approche des élections législatives (en octobre) et présidentielle (en avril), M. Ghani a donné l’impression de s’intéresser davantage à la campagne électorale qu’à la situation sur le terrain.

Les commentateurs se sont ainsi émus de le voir totalement ignorer le sujet de Ghazni dans un long discours dimanche. « Il ne semble pas du tout en être conscient », a commenté M. Mir.

« Le succès de l’opération des talibans sur Ghazni va certainement soulever beaucoup de questions sur la direction des forces de sécurité et l’armée afghanes et renforcer les appels à la réforme », juge M. Kohistani.

Les annonces au sujet de la situation de Ghazni ont été peu nombreuses côté afghan, alimentant la méfiance et les conjectures sur un bilan beaucoup plus lourd qu’admis.

Les forces américaines ont pour leur part régulièrement communiqué, mais en semblant relativiser l’ampleur des combats, parlant d' »échec » des talibans dans leur tentative de s’emparer de cette ville.

Mais Rahimullah Yusufzai, un expert régional, estime que les talibans n’ont jamais eu l’intention de tenir Ghazni, tout au plus de montrer qu’ils en étaient capables.

« La stratégie est de lancer de grandes attaques pour montrer leur pouvoir, tenir la ville pendant quelques jours, libérer leurs prisonniers, saisir des armes, de l’argent, semer la peur, et puis partir », a-t-il jugé.

– « Ville fantôme » –

Ghazni, chef-lieu de la province du même nom, se trouve sur l’axe majeur Kaboul-Kandahar, qui relie la capitale aux provinces du Sud, en grande partie sous le contrôle des talibans. Elle est située à deux heures de route à peine de Kaboul.

Les autorités affirment que la ville demeure entre les mains des forces afghanes, qui y mènent des opérations pour en chasser les rebelles.

Mais des habitants ont indiqué à l’AFP que les talibans sont toujours présents dans la ville où ils incendient des bâtiments et s’en prennent aux civils.

L’ONU a fait état d’informations non confirmées selon lesquelles plus de 100 civils auraient été victimes des violences depuis jeudi soir. Outre les tirs des talibans, les habitants sont exposés aux raids aériens conduits par les forces américaines en soutien aux Afghans.

Un élu de Ghazni, Shah Gul Rezaye, a indiqué mardi que certaines zones de la ville avaient été reprises. Mais dans d’autres, « les talibans ont positionné leurs combattants dans des bâtiments élevés pour tirer sur les forces de sécurité », a-t-il dit.

Les réseaux de télécommunications demeuraient pour la plupart coupés, rendant les informations difficiles à vérifier.

« Ghazni est une ville fantôme à présent. Les talibans font du porte-à-porte pour trouver les fonctionnaires gouvernementaux et leurs familles et les tuer », a assuré un habitant, Sayed Zia. « Ceux qui le peuvent fuient ».

Un autre habitant, se présentant sous le nom d’Abdullah, a affirmé que les talibans tuaient ceux qui refusaient de les aider.

« J’ai vu deux camions pleins de cercueils se diriger vers un cimetière de la ville. Ils semblaient être tous des civils », a-t-il dit.

« La ville est pleine de fumée. Partout où ils vont, ils mettent le feu », a-t-il ajouté, faisant état de magasins pillés et de difficultés à se procurer de l’eau et de la nourriture.

D’autres habitants ont affirmé à l’AFP avoir vu des corps abandonnés dans les rues ces derniers jours.

« Pour le moment, les combats auraient fait de 110 à 150 victimes civiles. Les chiffres doivent encore être vérifiés », a indiqué l’Ocha, le bureau de l’ONU chargé de la coordination des actions humanitaires.

Des talibans pourraient s’être cachés dans des maisons et endroits publics, « accroissant le risque de victimes civiles lors de ripostes militaires aériennes », souligne encore l’Ocha.

Lundi, le ministre de la Défense Tariq Shah Bahrami avait annoncé qu’au moins 100 membres des forces de sécurité avaient été tués dans la bataille, ainsi que de 20 à 30 civils.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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