Aide américaine annulée: un «chantage minable», selon une responsable palestinienne

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Manifestants palestiniens avec des portraits de Yasser Arafat et de Donald Trump, le 17 juillet 2018 à Naplouse en Palestine. (AFP/Archives/Jaafar ASHTIYEH)

L’annulation par l’administration américaine d’une aide de 200 millions de dollars aux Palestiniens constitue un « chantage minable » de la part de Washington, a estime samedi une haute responsable de l’OLP, Hanane Achraoui.

« A la demande » du président Donald Trump, l’administration américaine a annoncé vendredi qu’elle allait « rediriger » plus de 200 millions de dollars initialement prévus pour des programmes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza à « des programmes hautement prioritaires ailleurs ».

Washington « recourt à un chantage minable comme outil politique. Le peuple palestinien ne se laissera pas intimidé et ne cédera pas à la contrainte. Les droits du peuple palestinien ne sont pas à vendre », a réagi dans un communiqué Hanane Achraoui, membre du conseil exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

« Il n’y aucune gloire à constamment intimider et punir un peuple sous occupation. L’administration américaine a déjà manifesté sa bassesse dans sa collusion avec l’occupation israélienne et ses vols de terres et de ressources. Maintenant, elle exerce des pressions en punissant les victimes palestiniennes de cette occupation », a-t-elle ajouté.

Pour Saëb Erakat le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), « cette décision équivaut à un aveu sur les véritables intentions de la politique d’aide américaine consistant à intervenir dans les affaires intérieures des autres peuples ».

Les aides américaines « ne sont pas un don mais un devoir de la communauté internationale qui assume la responsabilité de la poursuite de la colonisation israélienne empêchant le développement de l’économie et de la société palestinienne », a-t-il poursuivi dans un communiqué.

En arrêtant ses aides aux Palestiniens, les Etats-Unis « réaffirment une nouvelle fois leur mépris pour leurs engagements internationaux », a indiqué M. Erakat.

Dans un précédent communiqué, l’envoyé de l’OLP à Washington, Hossam Zomlot, a pour sa part jugé que l’administration Trump était « en train de démanteler des décennies de vision et d’engagement américains en Palestine ».

« Après Jérusalem et l’Unrwa (l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens), ceci ne fait que confirmer l’abandon de la solution à deux Etats et l’adhésion complète à l’agenda anti-paix du (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu », a affirmé M. Zomlot.

Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les Palestiniens refusent depuis tout contact et dénie à Washington tout rôle de médiateur dans le processus de paix.

En réponse, Donald Trump avait annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement de l’aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations, bloquant alors les 215 millions de dollars que l’administration américaine devait investir en 2018 à Gaza et en Cisjordanie occupée pour l’aide humanitaire et le développement.

Les Etats-Unis avaient aussi déjà drastiquement coupé en janvier leur contribution à l’Unrwa, obligée depuis de licencier plus de 250 employés.

L’annulation de l’aide américaine

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi l’annulation de plus de 200 millions de dollars d’aide aux Palestiniens, une décision dénoncée par les autorités palestiniennes comme étant « anti-paix ».

C’est « à la demande » du président Donald Trump que l’administration américaine va « rediriger plus de 200 millions de dollars initialement prévus pour des programmes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza », a déclaré à la presse un haut responsable du département d’Etat.

« Ces fonds iront désormais à des programmes hautement prioritaires ailleurs », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

L’envoyé de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington, Hossam Zomlot, a réagi en soirée dans un communiqué incisif, jugeant que l’administration Trump était « en train de démanteler des décennies de vision et d’engagement américains en Palestine ».

« Après Jérusalem et l’UNRWA (l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens), ceci ne fait que confirmer l’abandon de la solution à deux Etats et l’adhésion complète à l’agenda anti-paix du (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu », a affirmé M. Zomlot.

Les relations sont gelées entre Washington et l’Autorité palestinienne depuis l’annonce par Donald Trump, fin 2017, de sa reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les Palestiniens refusent depuis tout contact avec l’administration américaine et lui dénient tout rôle de médiateur dans le processus de paix avec Israël.

En réponse, Donald Trump avait annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement de l’aide aux Palestiniens à leur retour à la table des négociations, bloquant alors les 215 millions de dollars que l’administration américaine devait investir en 2018 à Gaza et en Cisjordanie occupée pour l’aide humanitaire et au développement.

Les Etats-Unis avaient aussi déjà drastiquement coupé en janvier leur contribution à l’UNRWA, obligée depuis de licencier plus de 250 employés.

– « Quelque chose de très bien » –

Le département d’Etat assure avoir « pris en compte les défis auxquels est confrontée la communauté internationale pour fournir son assistance à Gaza, où le contrôle du Hamas met en danger la vie des Gazaouis et aggrave une situation humanitaire et économique déjà désastreuse ».

La Maison Blanche, sous la houlette d’une petite équipe dirigée par le gendre du président Jared Kushner et l’émissaire spécial Jason Greenblatt, travaille depuis des mois à un plan de paix pour le Proche-Orient aux contours flous et dont l’annonce est régulièrement présentée comme imminente.

Donald Trump, qui avait clamé, avant sa décision très controversée sur Jérusalem, vouloir aboutir à un « accord ultime » pour régler le vieux conflit israélo-palestinien, a plusieurs fois vanté les mérites de la future proposition américaine.

Plusieurs observateurs voient dans ces décisions financières une manière de tordre le bras à l’Autorité palestinienne afin qu’elle finisse par accepter l’offre de paix de Washington.

Mais « faire de l’aide humanitaire et au développement un outil de chantage politique ne fonctionne pas », a souligné vendredi l’envoyé Hossam Zomlot.

Les responsables palestiniens avaient déjà balayé cette semaine une apparente ouverture de Donald Trump, qui leur a promis « quelque chose de très bien » en compensation de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Dans un entretien accordé en juin au journal palestinien Al-Qods, Jared Kushner avait réaffirmé la volonté des Etats-Unis de relancer le processus de paix tout en s’interrogeant ouvertement sur la capacité, mais aussi la volonté, du président palestinien Mahmoud Abbas de parvenir à un accord.

« Les deux parties devront faire un pas en avant et se retrouver à mi-chemin (…). Je ne suis pas sûr que le président Abbas soit en mesure de faire cela », avait-il déclaré.

Pour le sénateur démocrate Patrick Leahy, « le président Trump doit encore annoncer quelque chose qui ressemble ne serait-ce que vaguement à une politique cohérente pour régler le conflit israélo-palestinien ».

« Au lieu de cela, la Maison Blanche a pris une série de mesures provocatrices et nuisibles qui ont exacerbé les tensions », a-t-il ajouté dans un communiqué, déplorant que la population palestinienne « paye directement les conséquences » de ces décisions financières.

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