«Attentat» contre Maduro: la Colombie rejette l’accusation

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Capture d’image d’une vidéo de la télévision vénézuélienne montrant le président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (g), lors d’une cérémonie militaire, le 4 août 2018 à Caracas, au cours de laquelle le président est sorti indemne d’un attentat aux drones. (Télévision vénézuélienne/AFP/HO)

Le gouvernement colombien a qualifié d’«absurde» samedi l’accusation du président vénézuélien Nicolas Maduro selon laquelle le président colombien Juan Manuel Santos serait impliqué dans un attentat contre lui.

«Il est absurde et infondé de dire que le président colombien serait responsable de l’attentat supposé contre le président vénézuélien », a déclaré dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

«Comme d’habitude, le président vénézuélien accuse en permanence la Colombie de tout ce qui se passe. Nous exigeons le respect pour le président Juan Manuel Santos, pour le gouvernement et pour le peuple colombien», indique le ministère.

Avant ce communiqué, une source à la présidence colombienne a rejeté l’accusation de M. Maduro contre M. Santos.

«C’est sans fondement. Le président se consacre au baptême de sa petite-fille Celeste et non à renverser des gouvernements étrangers», a déclaré sous le couvert de l’anonymat cette source haut placée à la présidence colombienne.

M. Maduro a accusé M. Santos, dont le mandat s’achève mardi, d’être derrière un attentat dont il est sorti indemne mais qui, selon le gouvernement, a fait sept blessés dans les rangs de la Garde nationale vénézuélienne dont on célébrait le 81e anniversaire.

«Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat», a déclaré M. Maduro dans une allocution diffusée à la radio et à la télévision.

M. Santos mène la contestation internationale contre le pouvoir de M. Maduro, qu’il qualifie de dictateur.

Dans une interview avec l’AFP lundi dernier à Bogota, le président colombien a déclaré qu’il pensait « proche » la chute du « régime » chaviste en raison de l’hyperinflation que connaît le Venezuela, estimée par le Fonds monétaire international (FMI) à 1 000 000 % pour cette année.

Il a estimé que ce qui pourrait arriver de mieux pour le Venezuela et pour la Colombie, qui ont une frontière commune de 2200 kilomètres, serait que M. Maduro tombe, si possible « de manière pacifique ».

M. Santos a déclaré que cela n’était pas encore arrivé parce que le gouvernement vénézuélien exerce « une répression toujours plus efficace » qui est parvenue à dissuader les opposants de relancer des manifestations massives.

M. Santos a durci sa position envers M. Maduro après l’installation au Venezuela en 2017 d’une Assemblée constituante entièrement contrôlée par les partisans du président socialiste. Il a notamment laissé vacant le poste d’ambassadeur colombien à Caracas.

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