Casques blancs: Freeland accuse Moscou de «cover up»

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Un membre des Casques blancs pleure ses collègues lors de funérailles à Sarmin en Syrie, le 12 août 2017. (AFP/OMAR HAJ KADOUR)

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, soutient que la Russie s’est montrée critique de l’évacuation et de la réinstallation des Casques blancs parce que ces derniers ont été témoins des crimes contre l’humanité perpétrés par le régime syrien et ses alliés, dont la Russie.

En conférence téléphonique depuis Hong Kong, après avoir conclu à Singapour des réunions de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) axées sur la sécurité et la coopération en Asie du Sud-Est , la chef de la diplomatie canadienne a accusé le Kremlin de faire de la «propagande» contre ce «groupe de gens si héroïque».

Le Canada a offert le 22 juillet d’accueillir jusqu’à 50 Casques blancs évacués de Syrie ainsi que les membres de leurs familles après leur opération de sauvetage orchestrée en collaboration avec d’autres pays occidentaux, tels que l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Avec le régime du président syrien Bachar el-Assad qui a récemment repris le contrôle de la majeure partie du pays, les Casques blancs, premiers répondants et travailleurs humanitaires bénévoles dans le cadre de la guerre civile qui déchire la Syrie depuis plus de 7 ans, étaient en danger en raison des «menaces répétées contre eux par la Russie et le régime». Moscou et Damas accusent en effet les secouristes d’être liés à des groupes jihadistes et de véhiculer des «mensonges» quant aux opérations militaires du pouvoir syrien.

Les autorités de Damas avaient même dénoncé le 23 juillet une «opération criminelle» après l’évacuation par Israël de centaines de secouristes des Casques blancs et leurs familles qui se trouvaient dans le sud de la Syrie.

La ministre canadienne des Affaires étrangères ne voit dans ces allégations qu’une tentative des gouvernements russe et syrien de discréditer ceux qui ont selon elle documenté de multiples images incriminantes pour le régime Assad et ses alliés. «C’est un travail très important que les Casques blancs ont fait, mais, évidemment, c’est une des raisons pour lesquelles il y a une propagande si négative contre eux du côté du régime d’Assad et du côté de la Russie», a-t-elle déclaré aujourd’hui.

Des réunions de l’ANASE axées sur la sécurité et la coopération en Asie du Sud-Est

Par ailleurs, la ministre Freeland, a déclaré que les rencontres à la Conférence post-ministérielle ANASE-Canada et au Forum régional de l’ANASE qui avaient lieu cette année à Singapour ont permis au Canada de faire progresser ses priorités dans la région de l’Asie-Pacifique et plus largement.

Lors des réunions de l’ANASE, la ministre a fait le point sur les relations étroites entre le Canada et l’ANASE, indique le communiqué d’Affaires mondiales Canada sue les rencontres `Singapour. Elle a aussi discuté avec les représentants des États membres de l’ANASE de questions régionales urgentes, y compris la militarisation de la mer de Chine méridionale, le sort des Rohingyas et la menace que représente la Corée du Nord. De même, la ministre a souligné la volonté du Canada de parvenir à un accord de libre-échange avec les 10 pays membres de l’ANASE.

Lors du Forum régional de l’ANASE, la ministre Freeland a réaffirmé, dit le communiqué l’engagement du Canada à l’égard de la paix et de la sécurité en Asie. En outre, elle a échangé avec ses homologues des 26 États membres sur des questions essentielles en matière de sécurité et sur notre intérêt commun envers la promotion et la défense de l’ordre international fondé sur des règles.

La ministre Freeland a également annoncé le financement d’initiatives de sécurité qui aideront les États membres de l’ANASE à améliorer leur capacité d’aborder l’égalité des genres dans le contexte de la criminalité transnationale organisée et de la migration clandestine. Ce financement aidera aussi à promouvoir la cybersécurité et à améliorer la coopération des États membres en cas de désastres.

Au cours de sa visite, la ministre a tenu des rencontres bilatérales avec des homologues de l’Australie, du Bangladesh, de la Chine, de la Corée du Sud, des États-Unis, de l’Indonésie, du Japon, de la Malaisie, de la Nouvelle-Zélande, de Singapour, de la Thaïlande et de l’Union européenne.

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