Gaza: la levée du blocus est «à portée de main», selon le chef du Hamas

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Depuis la prise du pouvoir par le Hamas en 2006, la Bande de Gaza est soumis à un blocus terrestre, aérien et maritime. (Archives/World Bank Photo Collection)

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé mardi que la levée du blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, territoire palestinien dirigé par le mouvement islamiste, était « à portée de main ».

Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh.
Depuis plusieurs semaines, l’Egypte et l’ONU tentent de forger un cessez-le-feu durable entre le Hamas et Israël après des mois de tensions et de violences. La levée du blocus israélien qui étouffe l’enclave depuis plus d’une décennie serait l’un des sujets de discussion.

Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, l’un de ses grands ennemis, auquel il a livré trois guerres en une décennie.

La bande de Gaza est le théâtre depuis le 30 mars de manifestations le long de la frontière israélienne pour demander la levée du blocus et pour le droit au retour des Palestiniens qui ont été chassés ou ont fui de leurs terres à la création d’Israël en 1948. Le territoire et ses environs ont aussi connu plusieurs épisodes d’échange de roquettes palestiniennes et de frappes israéliennes faisant redouter un nouveau conflit.

« Grâce à ces manifestations et à la résistance, la levée de ce blocus injuste est à portée de main », a dit M. Haniyeh devant des milliers de fidèles réunis à Gaza pour la prière de l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du Sacrifice.

Sans mentionner explicitement un cessez-le-feu avec Israël, il a ajouté qu’un accord serait le fruit « d’un consensus national », apparemment en réponse aux protestations émises par l’Autorité palestinienne, restée à l’écart jusqu’alors des discussions menées sous l’égide du Caire et de l’ONU.

Le Hamas et le Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, sont à couteaux tirés depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de Gaza après des combats fratricides en 2007.

Ismaïl Haniyeh a précisé qu’un accord serait appliqué avec l’aide de pays arabes afin de garantir « la mise en oeuvre de ce qui a été décidé ». « Nous sommes sur la bonne voie pour mettre fin à ce blocus injuste sur Gaza, et cela non pas grâce à l’occupant mais grâce à votre (…) résistance », a-t-il dit.

Les deux camps semblent chercher l’accalmie pendant les tractations indirectes. Les manifestations palestiniennes prévues le long de la frontière mardi ont été annulées.

Il y a « une spectaculaire baisse » des incidents à la frontière avec Gaza, a commenté le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, durant un exercice militaire dans le nord du pays.

Il a confirmé la tenue d’un dialogue avec « les Egyptiens, l’ONU et des officiels sur la scène internationale ».

Mais « si vous voulez parvenir à un accord plus général, il faudra trouver un arrangement sur les otages et les dépouilles des soldats », a prévenu M. Lieberman.

Israël exige que le Hamas rende les corps de deux soldats israéliens tués en 2014 à Gaza ainsi que les deux Israéliens présumés en vie et détenus par le mouvement islamiste.

Depuis le 30 mars, au moins 171 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens. Un soldat israélien a été tué.

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